‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 31 sur 108 · UC · texte numérisé non relu

UC

de deux ( I ! /un liquide,

esanteui . 5 ces

ite primitive,

- la tla\ail

la planî erfi-

( telles l 'Ht »:t-: redress [ne

le génie de deux « -l- - g lent

Les | ros - olei

souvent sur la terre ces s al-

pines qui dominent rimmensité de la suri raûiiiî accidentée des me

L'autre, fluide elasti : <n at-

rienne autoui <lc 1< >< éan liquide

e h | eux bémispfa

D os 1 un 'i rie

trouve Lelfémenl le a

Lte.Ec at laii dans 1 eau, la

nature a pu fàin

jusq - les plus

des mers. Elle a (ail ains

( h w\ \. i X0< i PS, (>.>

prairies sous-marines qui servent de nourriture et de retraite à ces innombrables légions d'animaux et d 'animalcules, dévorés ensuite par les êtres carnassiers dont la mer est peuplée.

En suivant la répartition des animaux plongés dans l'un et l'autre milieu, on les partage en aériens et en aquatiques. Nous comptons parmi les premiers les mammifères et les reptiles vertébrés fixés à la surface de la terre. I .es oiseaux et les inseetes se meuvent et se soutiennent dans l'Océan gazeux, comme les poissons le l'ont dans l'Océan liquide. Les mollusques, les erustaeés et l'admirable \ariété des zoophytes, paraissent essentiellement aquatiques.

Mais il n'y a aucune limite fixe et tranchée ('ans ees partages : nous novous certains mammifères destinés à vivre dans les mers, sans pouvoir les quitter. Par la puissance de son génie créateur, la nature a conservé à ces mammifères les grands traits de leur structure fondamentale ; elle n'a rien changé aux appareils de la circulation, de La respiration el même de la reproduction ; mais elle a porté, comme dans les poissons, toute la force musculaire sur la queue. La suppression des membres postérieurs a permis d'étendre la large base du cône formé par les muselés sacro

(j(> LIVRE XIX. ÉSOCES.

coccygiens; elle a augmente la solidité de leurs attaches par l'accroissement des apophyses des vertèbres caudales; elle a, enfin, complété l'appareil locomoteur par le développement de la peau en une nageoire horizontale.

Un petit nombre de mammifères a été organisé pour traverser l'air en volant. On trouve en eux quelques conditions ornithologiques dans les petites crêtes osseuses élevées sur le sternum pour donner plus d'épaisseur aux muscles pectoraux.

Si les reptiles ne sont représentés aujourd'hui dans le sein des eaux que par quelques chéloniens, par quelques ophidiens à queue verticale et comprimée, ou par les petites espèces de batraciens, cette classe d'animaux aériens peuplait autrefois les vastes bassins des mers de ses gigantesques sauriens. Ceux-ci devaient être moins bons nageurs que les grands cétacés de notre âge. Ils les égalaient par la taille, mais non par la rapidité de leur mouvement; ils avaient conservé leurs quatre membres de vertébrés, changés en nageoires aplaties enveloppées dans une peau épaisse, comme celle de nos dauphins; la nature avait laissé leur queue petite et moins développée. Tout en les faisant nageurs, la nature avait conservé les conditions lentes des reptiles.

Les animaux aériens avaient déjà, comme de notre temps, fourni quelques-uns des leurs au groupe des animaux aquatiques.

Examinons ceux-ci, et voyons ce qu'ils ont donné aux premiers. Nous n'y trouvons que des animaux de petite taille, vivant cachés dans l'humidité d'un épais ombrage. C'est par ce genre de vie qu'un assez grand nombre d'espèces de mollusques sont devenus aériens. Dans ces animaux sans vertèbres le changement de l'organe branchial en une cavité , constituant le poumon aérien du mollusque , n'est pas à beaucoup près aussi grand que le serait la métamorphose d'une branchie de poisson en cellules vasculaires et aériennes des mammifères ou des oiseaux, ou réciproquement.

Les crustacés nous offrent aussi l'exemple de quelques-uns des leurs, vivant en animaux terrestres ; mais le nombre en est peu considérable , et leur organisation n'a subi aucune modification essentielle de cette différence de séjour. La même remarque s'applique aussi aux insectes, qui envoient quelques espèces dans le groupe des animaux aquatiques.

Maintenant, si nous examinons au même point de vue les oiseaux, d'une part, et les poissons de l'autre , nous ne tardons pas à re-

G8 LIVRE XIX. ÉSOCES.

connaître que les deux groupes sont plus intimement fixés au milieu qu'ils doivent habiter. Nous ne voyons plus ici ces exemples d'emprunt à l'un d'eux pour prêter à l'autre. Il y a bien parmi les palmipèdes quelques espèces, comme les Apténodytes, que l'on peut regarder comme essentiellement océaniques; elles paraissent aussi mal organisées pour se traîner sur la plage ou sur les roches qui la bordent, qu'elles sont aptes, au contraire, à nager ou à plonger, en s'aidant de leurs membres antérieurs, changés en une sorte de véritables nageoires, au lieu d'être des ailes motrices à travers les airs. En comparant les oiseaux aux cétacés, mammifères si bien faits pour une vie constamment aquatique, on pourrait presque oser dire que les premiers ne sont qu'un essai imparfait d'animaux marins.

La même remarque s'applique , mais en sens inverse, aux poissons qui sortent de l'eau pour se transporter dans les airs. Les Scorpènes, les Apistes, et surtout les Dactycoptères, dans le grand groupe des percoïdes, semblent s'efforcer de voler à la surface de l'eau à l'aide de leurs larges pectorales. Mais leur vol court, semblable à un saut aidé de la puissance d'une aile , à la manière des sauterelles ou des criquets, montre l'imperfection de leur organi-

sation sous ce rapport. Cependant, en étudiant ces poissons, et en les comparant à ceux auxquels les navigateurs donnent plus spécialement le nom de poissons volants , on remarque que ceux-ci volent mieux et plus longtemps que les autres, parce qu'ils sont dans de meilleures conditions pour y parvenir. La largeur de la ceinture numérale, la force des muscles moteurs de la pectorale, l'étendue et la résistance de la nageoire à rayons peu divisés, et tout au plus bifides, sont autant de conditions essentielles pour aider le poisson à se soutenir dans un milieu aussi peu résistant que l'air atmosphérique.

Ces poissons s'élèvent dans les airs par une conséquence de leur structure et pour satisfaire à cette admirable harmonie de la nature, qui a varié et vivifié chaque scène en faisant jouer à chaque être un rôle déterminé par son organisation. Grand et sublime tableau, dont le philosophe n'apprécie l'ensemble qu'après s'être bien pénétré des admirables lois des conditions d'existence de chaque être.

La force des muscles a été déterminée par les curieuses et savantes recherches de M. de Humboldt ' pendant sa traversée des Canaries

1. Humb., Relat. hist.. t. I, p. ?.o4, éd. in-4-0 Schcell , 181/».

70 LIVRE XIX. ÉSOCES.

en Amérique, aux mois de juin et de juillet 1799. Je rapporte ici les résultats de ses expériences, pris presque textuellement dans son immortel ouvrage. Dans un jeune exocet de 5% pouces de long, chacune des nageoires pectorales qui servent d'ailes, offrait déjà à l'air une surface de Vj10 de pouces carrés. Il a reconnu que les neuf cordons de nerfs qui vont aux douze rayons de ces nageoires, sont trois fois plus gros que les nerfs qui se rendent aux nageoires ventrales. Lorsque M. de Humboldt a excité galvaniquement les premiers de ces nerfs, les rayons pectoraux se sont écartés avec une force quintuple de celle avec laquelle les autres nageoires se meuvent lorsqu'on les galvanise par les mêmes métaux. Aussi le poisson volant est-il capable de s'élancer dans l'air à douze, quinze et même dix-huit pieds au-dessus de la mer. Il peut parcourir horizontalement une distance de vingt pieds au moins avant de toucher de nouveau la surface de la vague avec ses ailes. On a comparé ce mouvement à celui d'une pierre qui bondit par ricochets au-dessus de l'eau. Cependant, malgré la rapidité de ce mouvement, on peut très-bien se convaincre que le poisson frappe l'air pendant le saut; qu'il étend et qu'il ferme alternativement ses pectorales.

L'énorme grandeur de la vessie aérienne des exocets avait aussi fixé l'attention de M. de Humboldt. 11 l'a mesurée dans un individu de 6% pouces, et il l'a trouvée de 3% pouces de long et de 7/, pouces de large. Elle renfermait 3/+ pouces cubes d'air. Comme cette vessie occupe plus de la moitié du volume de l'animal, il est probable quelle contribue à lui donner de la légèreté.

J'ai cru devoir faire précéder l'histoire naturelle des Exocets de ces rapprochements pour répondre aux explications répétées et copiées dans presque tous les livres d'histoire naturelle sur les causes qui obligent les poissons volants de sortir du sein des eaux. On représente ces animaux poursuivis constamment par les Bonites ou les Dorades, et cherchant dans leur fuite précipitée une retraite aérienne bien peu sûre, puisqu'ils y trouvent des ennemis ni moins nombreux ni moins actifs dans les Pétrels, les Frégates, les Albatrosses et autres palmipèdes, grands voiliers et de haute mer, et qui sont avides des Exocets. Je ne veux pas assurément nier que la poursuite des poissons voraces ne poussent hors de la mer une troupe d'exocets. Je crois à l'exactitude de l'observation des navigateurs; mais il ne faut pas étendre au delà d'une certaine limite

72 LIVRE XIX. ÉSOCES.

l'action d'une cause dont on apprécie mal l'effet quand on lui donne trop d'extension.

D'ailleurs je suis heureux de voir que ma manière de juger le genre de vie des exocets, et leur passage de l'air dans l'eau est aussi conforme à celle de M. de Humboldt.

Il dit dans sa Relation historique l : «Je doute que les poissons volants s'élancent hors de l'eau uniquement pour se soustraire à la poursuite de leurs ennemis. Semblables à des hirondelles, ils se meuvent par milliers en ligne droite et dans une direction constamment opposée à celle de la lame. Dans nos climats, on voit souvent des poissons isolés et n'ayant par conséquent aucun motif de crainte , bondir au-dessus de la surface des eaux, comme s'ils trouvaient plaisir à respirer l'air. Pourquoi ces jeux ne seraient-ils pas plus fréquents et plus prolongés chez les exocets, qui, par la forme de leurs nageoires pectorales et par leur petite pesanteur spécifique, ont une extrême facilité à se soutenir dans l'air. Cela tient à une cause plus générale , et est une des conditions d'existence des êtres. Dans tous les ordres, on voit des poissons ramper sur le sable , se glisser à

Page 1