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travers les prairies, et respirer pendant longtemps l'air atmosphérique avec leurs organes branchiaux , destinés à séparer l'oxygène dissous dans l'eau. * Les belles expériences de MM. de Humboldt et Provençal ont contribué à établir ce grand fait physiologique.
Les poissons volants des tropiques suivent le grand Gulf-stream de l'Atlantique, et c'est là ce qui explique comment nous en avons reçu des bancs de Terre-Neuve. On verra cependaut qu'à ces latitudes on trouve des espèces particulières.
Le spectacle de ces troupes de poissons volants sortant du sein des eaux pour parcourir, au-dessus des vagues, un espace toujours assez court, anime la solitude de l'Océan, et attire toujours fortement l'attention du navigateur. Il faut , pour que ces animaux sortent de l'eau, qu'une mer houleuse amène ces poissons à la hauteur de la vague, dont ils s'élancent pour traverser l'air; s'il y a trop de calme , on n'aperçoit plus ces amphibies.
Comme ils sont très-nombreux, qu'ils volent toujours par petites troupes, et qu'ils s'élèvent assez au-dessus de l'eau pour venir tomber sur le tillac des navires; que leur chair, généralement délicate et de bon goût, fournit un nouvel aliment à la consommation du bord ;
que la beauté de leurs couleurs, argentée et bleu d'outre -mer, est une distraction qui trompe la monotonie du voyage; que leur présence multipliée annonce aux navigateurs l'approche du tropique , ces poissons ont été signalés dans presque toutes les relations des voyages de long cours par mer; mais les hommes qui les observent ordinairement, ne sont généralement pas attentifs à la variété infinie que la nature se plaît à répandre dans ses productions; aussi désigne -t- on tous ces êtres par le nom collectif de Poissons-volants. Le petit nombre de naturalistes exercés qui auraient pu reconnaître la grande variété spécifique de ces poissons, ne les ont jamais vus qu'isolés les uns des autres, sans les comparer attentivement; d'ailleurs presque tous, prenant pour guide les travaux de Linné, ne croyaient tout au plus qu'à deux espèces. Pour nous, qui avons eu le soin de réunir clans les grandes collections du Muséum une multitude d'exocets, que les voyageurs nous donnaient le plus souvent sans y attacher une grande importance et comme de fréquentes répétitions de poissons les plus connus , nous avons été frappés du nombre considérable d'espèces réunies à côté l'une de l'autre. Ce résultat nous fait croire que les voyageurs qui
voudront bien consulter notre travail, augmenteront encore considérablement la liste des espèces de ce genre. Ces raisons expliquent aussi comment la plupart de ces espèces vont paraître pour la première fois dans la série ichthyologique. Elles sont répandues dans toutes les mers ; on en voit déjà trois d'entre elles, soit sur nos côtes du golfe de Gascogne, soit sur celles de la Méditerranée : aussi, les ichthyologistes du seizième siècle, Salviani, Rondelet , et ceux qui ont profité de leurs travaux, comme Alclrovande, Gessner, et postérieurement Willughby, ont -ils laissé des figures, fort reconnaissables au moins pour le genre , de deux de ces poissons.
La première à citer à cause de sa grandeur et de sa perfection, est celle de Salviani1, qui a voulu faire connaître à ses lecteurs le Pesce Rondine des Italiens. Nous avons déjà exprimé notre opinion sur la fausseté de la détermination grecque qu'il a appliquée à cette espèce ; mais celle-ci n'en est pas moins fort inconnaissable dans sa figure.
Rondelet a aussi donné une figure du poisson volant à longue ventrale reculée sous