Rcn. fol. 34, n.° i
CHAP. III. GHANOS. 199
D. 15; A. 10, etc.
La couleur est un argenté opalin , brillant comme de superbes perles.
Ce poisson a tout à fait la forme d'un de nos gardons. Il a été pris par M. Eydoux au port d'Onorourou pendant l'expédition de la Bonite. L'individu est long de quatorze pouces.
Le Chanos lubine.
(Chanos luhina, nob.)
Une nouvelle espèce, beaucoup plus distincte de la première que la seconde, a été rapportée des environs de l'île Bourou par MM. Quoy et Gaimard lors de la première expédition de l'Astrolabe.
Elle est surtout reconnaissable à la largeur de la tête : elle a d'ailleurs le corps trapu et semblable à celui de l'espèce de l'Ile-de-France. Après avoir signalé cette différence remarquable de la largeur du crâne , j'en trouve quelques-unes dans la forme des nageoires, mais elles sont moins sensibles. La dorsale me paraît plus pointue; elle est plus basse de l'arrière et son dernier rayon n'est pas prolongé; l'anale est plus longue, un peu plus haute, sa carène écailleuse plus arrondie; l'écaillé inférieure de l'aisselle de la pectorale est plus large et plus pointue. Les nombres des rayons des nageoires sont différents.
Les écailles sont plus peliles et surtout à la région pectorale j'en compte environ quatre-vingt-dix dans la longueur. La couleur est argentée et à reflets plombés.
Des différences anatomiques concourent avec les distinctions externes :
ainsi, l'estomac est beaucoup plus long, très-étroit; la branche pylorique, plus grêle, mais beaucoup plus longue , est entourée de cœcums plus longs et plus nombreux. Il me paraît au contraire que la lame spirale de l'œsophage fait moins de tours , car je n'en trouve que treize. Les replis de l'intestin sont aussi multipliés ; le diamètre du canal digestif est d'ailleurs plus étroit; le foie pointu de l'arrière est large et presque quadrilatère en avant. La rate est beaucoup plus grosse.
M. Quoy, qui a observé ce poisson à Bourou, en a vu des individus de deux pieds de long : celui qu'il a rapporté, et qui a servi à cette description , n'a pas tout à fait quinze pouces. Cette espèce est commune à Bourou : la chair du poisson est blanche, délicate et de bon goût.
Depuis les recherches de ces naturalistes, M. Dussumier a trouvé notre poisson aux Séchelles et à l'Ile de France ; on l'y nomme dans les deux endroits Lubine^ on le prend à l'embouchure des rivières et dans les mares d'eau saumâtre. Les pêcheurs des Séchelles
CHAP. III. CHÀNOS. 201
prétendent même qu'il ne quitte jamais les eaux douces. M. Dussumier en a vu des individus longs de deux pieds. La couleur, quand ils étaient frais , était verdâtre sur le dos et sur les deux nageoires, dorsale et caudale.
Le Chainos salmoné.
(Chanos salmoneus , nob.; Mugil salmoneus, Forst.)
Il faut certainement distinguer des espèces précédentes le poisson décrit par Forster, attendu que, d'après le dessin,
le corps me paraît plus allongé et la tête plus courte que dans toutes les autres espèces; c'est d'ailleurs aussi ce que rne paraissent confirmer les paroles de Forster. Il dit de son poisson : que le corps est oblong, couvert d'écaillés rhomboïdales de grandeur médiocre, peu adhérentes {facile deciduœ), que la tête est petite, un peu pointue, triangulaire, et sans écailles ; ce qu'il ajoute sur le museau , les mâchoires, leur échancrure, les lèvres et la paupière adipeuse, etc., convient à toutes les espèces de ce genre. Il décrit aussi d'une manière très -nette la membrane branchiostège, qui apparaît sous la gorge avec ses quatre rayons (membrana branchiostega quadriradiata , apparens, gularis). Les nombres sont un peu différents des espèces précédentes.
La couleur est un argenté brillant avec le dos bleu
Forster prit ce poisson sur les bords de 1 ile de Tanna pendant la traversée , entre la Nouvelle-Calédonie et Norfolk; les individus étaient assez nombreux pour qu'on puisse les pêcher au filet, et ils cherchaient à s'évader, comme nos muges, par des sauts répétés et fréquents.
DES GONORHYNQUES (Gonorhjnchus , Gronovius).
On doit à Gronovius l'établissement du genre curieux et singulier dont nous possédons maintenant deux espèces. Le célèbre naturaliste hollandais, n'ayant eu à sa disposition qu'un individu desséché, n'a pu en observer les caractères avec autant de soin qu'il l'aurait lui-même désiré : la figure publiée dans le Zoophylacion offre plusieurs inexactitudes ; et entre autres, le dessinateur n'a pas vu l'appendice attaché sous le bout du museau conique. Gmelin eut la malheureuse idée d'introduire ce poisson dans le Systema naturœ, en le plaçant parmi les cyprins sous le nom de Cjprinus gonorhjnchus. Bloch, dans son édition posthume, ne changea rien aux erreurs de Gmelin; il donna, tab. 78, fig. 1, une assez mauvaise copie de la figure peu exacte du Zoophylacion. Schneider fit observer que
CHAP. III. GONORHYNQUES. 205
cette espèce ne lui paraissait pas bien placée parmi les cyprins, et qu'il la croyait appartenir plutôt au genre des Pcecilies, tel qu'il pouvait le concevoir d'après les matériaux fournis par le mauvais compilateur dont ce célèbre savant éditait l'ouvrage.
M. Cuvier a rétabli, dès la première édition du Règne animal, l'existence du genre Gonorhynque , d'après l'examen d'un petit individu qu'il ne disséqua pas. Se fondant uniquement sur l'absence de dents aux deux mâchoires, il en fît un genre de la famille des Cyprins. Si cet illustre zoologiste avait étudié avec plus d'attention les intestins de ce poisson, il aurait vu les ccecums assez nombreux qui entourent le pylore, et alors il l'eût placé, sans aucun doute, dans une autre famille de ses malacoptérygiens. Un autre caractère aurait dû aussi l'empêcher de mettre les Gonorhynques parmi les cyprinoïdes : en effet, le maxillaire concourt avec les intermaxillaires à former le bord supérieur de la bouche.
Depuis la mort de M. Cuvier, les collections ichthyologiques du Jardin du Roi ont reçu deux nouveaux gonorhynques; l'un, de l'espèce du Cap, l'autre, d'une espèce différente et originaire de la Nouvelle-Zélande.
Lorsque l'anatoniie de ces poissons m'a fail connaître la présence des cœcums, je n'ai pas hésité à retirer les gonorhynques du groupe des Cyprins; et à cause de l'absence de leurs dents, de la grandeur de la membrane branchiostège, des appendices écailleux des nageoires paires et de leur forme générale, je ne doute pas de leurs affinités avec les Chanos et avec les Butirins.
Les Gonorhynques ont la tète conique, terminée par un museau avancé au delà de la bouche et soutenu par un ethmoïde prolongé en avant, ainsi que cela a lieu dans les Mormyres et les Butirins. La dorsale est insérée au-dessus des ventrales, un peu avant l'anale : sous ce rapport les Gonorhynques sembleraient se rapprocher des Cyprins; mais les Butirins, qui ont la dorsale encore plus avancée, peuvent très-bien retenir auprès d'eux les espèces du genre dont nous traitons maintenant. En général, on doit très-aisément conclure de cette discussion , que les genres dont nous nous occupons sont de ceux qui ne peuvent entrer, ni dans la famille des Cyprins, ni dans celle des Brochets, ni dans celle des Clupes, quoique quelques-uns de leurs caractères avoisinent séparément ceux des trois familles que je viens de citer.
CHAI'. 01. G0N0RHYNQUES. 205
Le caractère des Gonorhynques consiste dans la forme allongée de leur corps, couvert d'écaillés depuis l'extrémité du museau jusque sur les nageoires impaires; la tête est prolongée en un museau conique, pointu, au-dessous duquel pend un barbillon charnu; la bouche, petite, ouverte en dessous, est garnie de lèvres épaisses, comme membraneuses, et ciliées : on peut croire qu'elle est destinée à sucer; les mâchoires, et toute la surface du palais, n'ont aucunes dents : il y en a de petites, rondes et en pavés à chaque pharyngien. La membrane branchiostège, formant sous la gorge un isthme très -large, ne laisse le long de l'opercule qu'une petite fente verticale pour l'ouverture des ouïes : elle est soutenue par quatre rayons branchiostèges, je les ai comptés plusieurs fois. La dorsale est reculée sur le dos et au-dessus des ventrales; l'anale est petite , un long appendice écailleux se montre dans l'aisselle de la pectorale et de la ventrale ; les écailles sont très-petites, rudes au toucher, parce qu'elles sont hérissées chacune de neuf petites épines cornées. J'ai compté neuf appendices ccecales au pylore ; ils sont, comme tout le canal digestif, d'une couleur noire foncée très - remarquable : il n'y a pas de vessie aérienne.
Tels sont les caractères génériques d'un genre de poissons établi, avec raison, dès 1^63 par Gronovius; mais que lui et ses successeurs ne rirent pas bien connaître, à cause du mauvais état de conservation des individus soumis à leur examen. Tout récemment, un des plus habiles ichthyologistes de notre époque, M. Richardson, qui a été chargé de publier les matériaux des observations et des collections ichthyologiques faites à bord des vaisseaux de S. M. britannique, XErebus et le Terror, sous les ordres du célèbre capitaine sir James Clark Ross, vient de donner, dans la septième livraison de cet ouvrage , la description et la figure de l'espèce de la Nouvelle - Zélande , mais sans y reconnaître le genre dont il s'agit ici. Cet ichthyologiste, croyant qu'il devait faire entrer ces poissons parmi les Cyprins , les considéra comme d'un genre nouveau, qu'il nomma Rynchœna, à cause de la saillie du museau. Ce nom ne sera point conservé; mais j'ai eu soin de garder la dédicace qu'il a faite de l'espèce de la Nouvelle-Zélande à Son Excellence le capitaine George Grey, gouverneur de l'Australie occidentale, et qui a mérité la reconnaissance des naturalistes, a cause des facilités d'exploration qu'il leur a fournies dans ces pays.
CHAP. III. G0N0RHYNQUES. 207
Il faut toutefois faire remarquer que Forster, ce savant naturaliste de la célèbre expédition de Cook, avait connu le gonorhynque de la Nouvelle-Zélande au détroit de la princesse Charlotte ; il en a laissé un dessin, auquel ne se rapporte cependant aucune description dans ses manuscrits.
Le Gonorhynque de Gronovius.
{Gonorhynchiis Gronovii, nob.)
est un poisson
à corps cylindrique et allongé, un peu comprime vers la queue au delà de l'anale. L'épaisseur est égale à la hauteur du tronc et comprise quatorze fois dans la longueur totale : la tête est étroite et conique; elle est longue, et n'est contenue que cinq fois dans la distance entre le bout du museau et la base de la caudale, ou cinq fois et demie dans la longueur totale. Elle a le museau très -pointu, on peut le considérer comme le sommet d'une pyramide à quatre pans , car les arêtes qui les séparent , quoique mousses et arrondies, sont cependant très-visibles, et les quatre côtés de la tête, à peu près égaux, sont légèrement convexes. L'œil est placé sur le haut de la joue, de manière à ce que le cercle de l'orbite touche à la ligne du profil plutôt qu'il ne l'entame; le diamètre est compris cinq fois dans la longueur de la tête, et il y a deux diamètres entre le bout du museau et le bord de l'orbite. L'extrémité de la lèvre supérieure répond à la moitié de la longueur
de cet intervalle : celte bouche est petite, fendue en dessous : le bord supérieur est formé dans la partie mitoyenne par de très-courts intermaxillaires et sur les côtés par le talon des maxillaires. La mâchoire inférieure a des branches assez longues : l'articulation répond au milieu de l'œil; la lèvre supérieure est assez épaisse et ses bords sont frangés ; l'inférieure est beaucoup plus large, bilobée, et sa surface est couverte de papilles assez fortes : il n'y a d'ailleurs aucunes dents, soit aux mâchoires, soit au palais, soit à la langue. Toute la muqueuse de l'intérieur de la bouche est très -fine, d'une couleur brune assez prononcée : cette muqueuse est d'ailleurs très -remarquable par les larges replis membraneux que l'on voit flotter sur sa surface au-devant des pharyngiens. Je trouve aussi au chevron du vomer un long appendice, en forme de tentacule, flottant dans l'intérieur de la bouche. Les pharyngiens supérieurs se montrent comme deux petites plaques elliptiques qui se dessinent d'une manière tranchée par leur couleur jaunâtre sur le fond rembruni du palais. Ces pharyngiens sont garnis de petites dents rondes et grenues, serrées les unes contre les autres. Tout près de l'extrémité du museau il y a un barbillon conique dont la pointe atteint au bord de la lèvre supérieure. Sur les côtés du museau et entre l'insertion du barbillon et l'ouverture de la bouche, on trouve les deux ouvertures rapprochées de la narine, l'antérieure est une fente longitudinale et l'inférieure est un simple petit trou rond. Sous la peau très-épaisse et écailleuse qui recouvre toute
CHAP. III. GONORHYNQUES. 209
la tête on ne peut apercevoir ni le sous-orbitaire , ni les pièces de l'appareil operculaire : la fente des ouïes est petite et verticale. En dessous, l'isthme de la gorge est assez large et la membrane branchiostège est épaisse et écailleuse. On y trouve, avec l'aide du scalpel, quatre rayons grêles. Je me suis assuré plusieurs fois de ce nombre sur les différents exemplaires de l'espèce du Cap et sur celui de la Nouvelle-Zélande. J'ai répété ces vérifications, parce que Gronovius, puis M. Cuvier, qui n'a peut-être fait que le copier, et tout récemment M. le docteur Richardson, n'en ont compté que trois. Les branchies ont leurs peignes courts et serrés; les deux externes sont plus petits et reculés vers le fond de la gorge. Il faut un peu d'attention pour s'assurer de l'existence des quatre feuillets; les râtelures sont si courtes, que c'est à peine s'il y en existe. La pectorale est étroite et pointue; on trouve dans son aisselle un appendice écailleux assez long, car il égale presque la moitié de la longueur de la nageoire. Les ventrales sont reculées vers les deux tiers du corps; elles sont un peu plus courtes que les pectorales, et elles ont, comme celles-ci, un appendice écailleux qui a la même longueur proportionnelle ; la dorsale répond aux nageoires abdominales. L'anale est au milieu de l'intervalle entre les ventrales et l'extrémité de la queue, la caudale est légèrement échancrée.
Ces nombres s'accordent à peu près avec ceux de Gronovius. Nous sommes très -sûrs de l'exactitude 19. i4
210 LIVRE III. MALÀCOPTÉRYGIENS.
de ceux que nous indiquons. Les écailles sont excessivement petites et très- nombreuses, car nous en comptons cent quatre-vingts rangées entre l'ouie et la caudale; mais, comme nous l'avons déjà dit, il y en a jusque sur le bout du museau, et il y en a aussi sur la base des rayons des nageoires paires ; ces écailles sont âpres et rudes au toucher. Une d'elles, isolée, se montre oblongue ; le sommet de l'éventail est très-rapproché du bord libre et par conséquent très-excentrique, et je compte dix rayons très-longs à l'éventail. Vue à un fort grossissement , on aperçoit sur la base de la portion libre neuf épines assez grosses, une impaire sur la ligne mitoyenne et quatre de chaque côté, qui vont en décroissant à mesure qu'elles s'approchent du bord.
La ligne latérale est fine, mais bien marquée et va, comme à l'ordinaire, de l'angle supérieur de l'ouïe à l'extrémité, par le milieu du tronçon de la queue. La couleur est un brun roussâtre, plus foncé au-dessus de la ligne latérale et devenant argenté audessous. Je vois une tache noire sur la dorsale, l'anale, les deux lobes de la caudale et sur les ventrales; mais il n'y en a point de traces sur les pectorales.
La couleur noire de la muqueuse de la bouche se continue d'une manière très -remarquable dans toute la longueur du canal digestif; ainsi l'estomac, sa branche montante, les neuf appendices ccecales et tout l'intestin sont d'un noir profond. Des neuf cœcums, l'externe et l'interne sont beaucoup plus longs que les mitoyens. L'intestin se rend droit à l'anus sans aucune circonvolution. Le foie esb cylin-
CHAP. III. GONORHYiXQUES. 214
drique, réduit à un seul lobe dans le côté droit; les organes génitaux sont très - courts , car ils dépassent à peine la pointe de l'estomac; leurs conduits excréteurs sont donc très-prolongés. Il n'y a point de vessie natatoire. Le péritoine est très-mince, rosé, avec des reflets argentés. En soulevant la peau de la joue, j'ai trouvé un préopercule assez large, arrondi ; un opercule uni à un sous-opercule membraneux et formant aussi une assez large pièce mince comme une écaille; l'interopercule est allongé, arqué, mince : on doit faire attention, en comptant les quatre rayons branchiostèges, de ne pas le confondre avec eux. Je n'ai pas d'ailleurs de squelette de cette espèce, mais je compte qu'il y a au moins quarantequatre vertèbres abdominales.
Le Cabinet du Roi possède trois exemplaires de cette espèce : l'un d'eux vient positivement de la rade du cap de Bonne-Espérance; car il y a été péché par feu M. Delalande. Cet individu , bien conservé , est long de huit pouces. Un autre, plus petit, car il n'a guère que quatre pouces et demi, est en moins bon état. Il a été acheté en Hollande par M. Cuvier, qui l'a donné à la collection du Muséum d'histoire naturelle. Enfin , le troisième, long de sept pouces, a été déposé au Muséum par M. Nivoy, à son retour de l'île Bourbon. Il y a tout lieu de présumer que ces deux derniers exemplaires viennent aussi du Cap.
242 LIVRE III. MALAC0PTÉUYG1ENS.
Il n'y a pas à douter que ce ne soit ici le Gonorhynque de Gronovius , à cause de la longueur du museau, et aussi à cause de son origine. Nous avons donc dû commencer par décrire la première et la plus ancienne espèce connue de ce genre ; puisque la suivante, dont nous allons parler, n'a été observée par Forster que dans l'expédition de 1769.
Le Gonorhynque de Grey.
(fionorhynchus Greyi; Rjnchœna Greyi, Richards.)
En avançant vers le pôle austral, nous trouvons une seconde espèce de ce genre.
La forme générale du corps est la même, la hauteur n'est cependant contenue que treize fois dans la longueur totale. Ce gonorhynque est donc un peu plus trapu. La tête est plus courte, car elle est cinq fois et deux tiers dans la longueur totale du poisson. L'œil est plus grand, il n'est compris que quatre fois et quelque chose dans la longueur de la tête; le museau est plus court. Les nageoires paires, et surtout les pectorales, sont plus longues. A l'exception des nombres des rayons de l'anale, ceux des autres nageoires sont les mêmes que dans l'espèce précédente.
Je compte à peu près le même nombre de rangées d'écaillés entre l'ouïe et la caudale : il y en a cent quatre-vingt-dix, et les écailles étudiées isolément se montrent tout à fait semblables. Ses cou-
CHAP. ni. GONORHYNQUES. 213
leurs sont aussi les mêmes sur le corps et sur les nageoires; la pectorale seule offre une différence, sa lace interne est tout à fait noire.
L'individu est long d'un pied : il a été rapporté de la Nouvelle-Zélande par les officiers de santé de la marine de service pendant l'expédition de M. le contre-amiral Dumont d'Urville. L'espèce est donc très-voisine de la précédente; on ne doit pas cependant hésiter à la distinguer, à cause des différences de proportions faciles à observer.
Elle vient d'être représentée avec beaucoup d'exactitude, et décrite avec non moins de soins par M. le docteur Richardson , quoique nous différions de lui en quelques points : ainsi , cet habile zoologiste ne compte que trois rayons à la membrane branchiostège ; il dit qu'il y a environ cinq appendices ccecales : il laisse en doute l'existence de la vessie natatoire ; mais , malgré ces petites différences, il est impossible de douter de l'identité de son Rynchœna Greyi, qui n'est certainement autre qu'une seconde espèce du genre de Gronovius.
Les individus ont la même taille que le nôtre: ils viennent de l'Australie occidentale, et ont été pris au Port-Nicholson du détroit de Cook a la Nouvelle-Zélande.