‹ Histoire naturelle des poissons (volume 4)Chapitre 61 sur 108 · Bloch, edit. Schn. , pi. 3o, fig. i , p. n · texte numérisé non relu

Bloch, edit. Schn. , pi. 3o, fig. i , p. n

Ainsi, je ne partage pas l'opinion émise par M. Cuvier dans sa note dn Règne animal, et qui consiste à regarder la citation de Bloch comme synonyme du mormyre oxyrhynque de M. Geoffroy.

Le Mormyre rannume.

(Mormyrus oxyrhynchus , Geoffr.)

Cette troisième espèce, dont M. Geoffroy a donné une figure parfaitement reconnaissable dans le grand ouvrage d'Egypte, est le mormyrus oxyrhynchus, différent des deux précédentes par les nombres des rayons; et, ce qui est plus important encore , par les formes du museau.

Dans cette espèce le museau se dirige vers le bas, comme dans notre premier mormyre; mais il est aussi long que celui de la seconde espèce. La ligne du profil descend depuis la dorsale jusqu'à l'extrémité du museau par une courbe régulière. C'est à peine s'il y a une légère sinuosité vers l'extrémité du bec. La hauteur est contenue quatre fois et demie dans la longueur du corps, la caudale non comprise. La longueur de la tête égale, à très -peu de chose près, la hauteur du tronc.

Les dents ressemblent à celles des deux autres espèces; toutefois, il faut remarquer que la bandelette

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vomérienne, plus étroite que celle du précédent, ressemble davantage à celle du Caschive.

La dorsale commence plus en arrière sur le tronc, car elle s'élève ici à la fin du premier tiers du corps. Les ventrales, qui sont placées dans le mormyre de Geoffroy et dans le M. Caschive, à la même distance du museau, répondent ici au cinquième rayon de la dorsale. La pectorale me paraît aussi un peu plus longue; car elle approche davantage de l'insertion de la nageoire du ventre. La caudale est divisée en deux • lobes profondément séparés. L'anale est plus longue que celle de l'espèce précédente, et elle a le même nombre de rayons que celle du Caschive.

D. 60 à 64; A. 19, etc.

Les écailles sont petites sur la partie antérieure du tronc; mais elles grandissent au delà de l'anale, de sorte que celles de la queue sont à peu près quatre fois aussi grandes que celles de la poitrine; elles sont un peu plus grandes que celles des espèces précédentes. Nous en comptons cent quatre-vingt-cinq rangées entre l'ouïe et la caudale.

M. Redouté a rapporté d'Egypte une fort belle peinture de ce poisson faite d'après le vivant; il l'a représenté d'un brun verdâtre uniforme. Je trouve dans l'opuscule de M. de Joannis, inséré dans le Magasin de zoologie de M. Guérin, une figure coloriée qui diffère très-peu de celle de M. Geoffroy ; le verdâtre du corps est rembruni sur le dos par du bleu

foncé et irisé de violet au-dessous de la ligne latérale ; le dessous de la tète est tacheté de points rouges; il y a du jaune sur la ceinture de l'épaule, et la caudale est orangée. Cette figure est d'ailleurs peu soignée; la grandeur des écailles sur le tronc en avant de l'anale et des ventrales, montre avec quelle négligence elle a été faite; et dans son texte M. Joannis n'ajoute rien à ce que M. Geoffroy nous avait appris sur ce poisson.

Ce voyageur a donné à la collection du Jardin du Roi un exemplaire fort bien conservé, long de treize pouces et demi. Depuis, M. Darnaud en a rapporté de beaucoup plus grands de son expédition au Nil blanc; car les individus ont dix-huit à dix-neuf pouces de longueur.

Je regarde cette espèce comme celle décrite par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire sous le nom de Monnyre oxyrhynque, parce qu'elle n'a que soixante-trois rayons à la dorsale. Si j'examine la figure du grand ouvrage d'Egypte, je trouve le dessin de la tête, et surtout du museau, d'une telle exactitude, que je n'aurais eu à faire aucune observation , si M. Redouté n'avait porté le nombre des rayons de la dorsale à soixante-quatorze; nombre qui n'existe pas dans aucun des dix mormyres à museau

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pointu réunis dans la collection du Jardin du Roi.

Il est évident que nous décrivons ici le véritable Mormjrus kannume de Forskal; nous avons trouvé les mêmes nombres que lui à la dorsale et à l'anale. Il faut faire attention à cette détermination; car M. de Lacépède, en mettant à profit, dans son chapitre sur les Mormyres, les notes que M. Geoffroy lui envoyait du Caire , a établi un mormyrus kannume d'après M. Forskal, et une seconde espèce de mormyre oxyrhjnque d'après M. Geoffroy. Cette détermination détruit donc les doutes qui restaient à M. Cuvier sur la courte notice de Forskal, quand il disait, dans la note de son Règne animal, que la description de la Faune d'Arabie ne lui paraissait pas pouvoir s'accorder avec aucun des mormyres qu'il citait précédemment.

Il me paraît que M. Riffault a aussi dessiné cette espèce que j'ai trouvée dans ses manuscrits sous le nom âiAmeie Zeraj.

Les trois descriptions qui précèdent et celles qui vont suivre, prouvent qu'il y a plusieurs mormyres remarquables par le prolongement de leur museau. M. Geoffroy, qui a cherché dans un mémoire resté manuscrit, mais dont il a donné lecture a l'Institut en 1802, à

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déterminer les poissons du Nil nommés par Élien, Strabon ou Hérodote, a cru que l'on pouvait retrouver dans l'une de ces espèces Xoxyrhynclius du Nil, révéré des Égyptiens. Je ferai observer que , sans qu'il y ait d'objection très-forte à faire à cette manière de voir, je suis obligé de répéter ici les mêmes doutes que j'ai exprimés relativement à XAlabes : on voit , en effet , par plusieurs passages d'Élien, que le nom d'Oxyrhynque était appliqué par eux à tous les poissons à museau pointu. Ainsi, dans le livre xi, page 24? ce naturaliste parle d'un Oxyrbynque de la mer Rouge, qui me paraît être, autant qu'on en peut juger par une description aussi vague que celles de cet ancien naturaliste , une espèce de Gomphose. Ce même auteur, livre xvn, page 32, parle des Oxyrhynques de la Caspienne, que Gessner a déjà reconnus pour des esturgeons. Tous les poissons qui avaient le le museau pointu, étaient donc pour eux des Oxyrhynques. Maintenant, doit-on appliquer ce nom au Cascbive et aux autres mormyres à museau prolongé? On ne sera guidé dans cette détermination que par la seule signification du mot; car aucun trait caractéristique ne vient asseoir le jugement des naturalistes, et je dirai plus, la facilité avec laquelle leur Oxyrbynque

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mordait à l'hameçon, me semble contraire à ce que M. Geoffroy a observé lui-même sur la pèche de ces poissons, et encore plus contraire à la conformation et à l'extrême petitesse de la bouche de ces animaux.

Si toutefois nous admettons, avec réserve, que ces espèces de mormyres aient été désignées par les anciens Grecs en Egypte sous le nom d'oxyrhynque, nous ne pouvons douter par les sculptures conservées dans nos collections archéologiques, que les mormyres à museau pointu n'aient été connus des anciens Égyptiens : ils en ont laissé des figures parfaitement reconnaissables. Il existe dans le Musée égyptien de Paris, sous le n.° 434 de la collection de Sait, un petit bronze, représentant avec une telle exactitude un de nos mormyres oxyrhynques, que l'on ne peut douter qu'il ait été fait d'après nature ; il est d'ailleurs surmonté de l'emblème mythique du disque cornu. Outre ces figurines d'une ressemblance parfaite, on voit que le mormyre oxyrhynque était chez eux l'emblème d'une forme toute vulgaire; car ils la donnaient grossièrement aux petites momies qu'ils composaient souvent de plusieurs poissons différents, même des mormyres.

Je retrouve avec grand plaisir la confirmation

de mes opinions dans le bel ouvrage de sir John Gardner Wilkinson ■ qui a donné la figure de deux représentations en bronze de nos mormyres oxyrhynques. La figure i.re n'est pas aussi exacte que la figure 2 ; celle-ci se rapporte parfaitement au bronze du Musée du Louvre dont j'ai parlé tout à l'heure.

M. Wilkinson croit que cet oxyrhynque est le Mizdeh de l'Egypte moderne.

Le MORMYRE BACHIQUE.

(Mormyrus bachiqua, nob.)

M. Riffault avait aussi le dessin d'un autre mormyre, voisin du kannume (Morm. oxyrhynchus), mais qui me paraît en différer

par une coloration qu'aucun de ceux que j'ai observés jusqu'à présent ne nous a offert.

Ce poisson, à en juger par le dessin, a le museau parfaitement semblable à celui de notre oxyrhynque. Sa dorsale, étendue le long du dos, est courte, comme celle de cette dernière espèce, et n'est soutenue que par une soixantaine de rayons. Les ventrales et l'anale paraîtraient plus grandes. La couleur est verdàtre sur le dos, jaunâtre au-dessous de la ligne

1. J. Gardn. Wilk., Mann, of anc. Egypt., vol. II, p. 25o, seconde série.

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latérale; tout le corps est teinté de larges marbrures fauves; le rouge domine vers la queue; la dorsale porte, à travers son milieu, une bande longitudinale fauve; la caudale, fauve, est mêlée de rougeâtre. Toutes les nageoires inférieures, c'est-à-dire, les pectorales, les ventrales et l'anale, sont également fauves et traversées par trois ou quatre lignes de taches rouges; la bouche est entourée de fauve. Ces couleurs sont tellement différentes de celles indiquées par tous les auteurs qui ont écrit sur les mormyres, que j'ai cru devoir signaler cette espèce.

Le dessin représente un poisson de quinze pouces, et portait pour dénomination arabe le nom d'Améie bachiqua.

Le Mormyre Roumé.

(Mormyrus Rume, nob.)

M. Jubelin, gouverneur du Sénégal, que nous avons cité déjà plusieurs fois dans cet ouvrage, a envoyé au Cabinet du Roi une grande et belle espèce de mormyre, voisine du Caschive par le nombre de ses rayons, mais que la forme du museau et la petitesse des dents font distinguer des précédentes.

Le corps est comprimé , elliptique , et plus haut qu'aucun des précédents. Sa plus grande hauteur mesure, à très -peu de chose près, le quart de la

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longueur totale. La ligne du profil est courte et saillante entre la dorsale et la nuque. Depuis cette région de la tête jusqu'à l'extrémité du museau le profil est presque droit et incliné vers le bas; il n'y a pas de bosse sur la nuque. La ligne du profil inférieur est très-convexe sous la mâchoire, au-devant de l'œil; puis elle descend par une grande courbe concave et régulière sous la poitrine et jusqu'à l'anale. La hauteur de la queue est un peu plus du sixième de celle du tronc. L'œil est petit, et sur le haut de la joue, sans entamer cependant la ligne du profil, il est au milieu de la longueur de la tête. Les deux ouvertures de la narine sont petites, rapprochées, et plus près de l'œil que du bout du museau. La bouche, trèspetite, est fendue transversalement. La mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure , et terminée par une lèvre épaisse, papilleuse et un peu arrondie en bouton. Leurs dents sont d'une excessive petitesse; celles implantées sur les bandes vomériennes ou linguales sont aussi petites, et la bande est plus étroite que celle des précédentes espèces. La dorsale commence au tiers du corps; son étendue surpasse la moitié de la longueur totale; les ventrales répondent au douzième rayon de la nageoire du dos. L'insertion de la pectorale est au milieu de la distance, entre le bout du museau et l'attache de la nageoire du ventre. La nageoire de la poitrine est large, arrondie, et n'atteint guère qu'à la moitié de l'intervalle, qui sépare son origine de celle de la ventrale. L'anale est courte; la caudale est fourchue et bilobée, comme celle des autres mormyres.

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D. 83; A. 18, etc.

Les écailles sont petites sur le dos, et sous le ventre un peu plus grandes; sur les côtés elles vont en grandissant, à mesure qu'elles s'approchent de la queue; mais je ne les trouve pas proportionnellement aussi grandes sur cette partie du corps que dans les mormyres du Nil. J'en compte cent douze rangées entre l'ouïe et la caudale.

La couleur paraît avoir été un plombé verdâtre uniforme sur tout le corps. Je ne vois aucun vestige de taches sur les nageoires.

L'examen des viscères de ce poisson montre que les mormyres s'engraissent dans le Sénégal comme dans le Nil; car les épiploons de cet individu sont remarquables par la quantité de graisse qu'ils renferment. Je trouve, d'ailleurs, que ces viscères ressemblent beaucoup à ceux des espèces précédentes ; ainsi, c'est toujours un estomac globuleux ayant l'ouverture du pylore du côté gauche ; deux trèslongues appendices cœcales à l'orifice pylorique; un intestin faisant très-peu de replis. J'ai vu les ovaires doubles; mais le gauche infiniment plus développé que le droit; une vessie natatoire oblongue, à parois fibreuses et argentées.

L 'individu qui sert à ma description est long de près de vingt pouces. M. le contre-amiral Jubelin nous a transmis le nom sous lequel les pêcheurs du Sénégal le lui ont apporté : c'est celui de Roumé que nous avons conservé comme dénomination spécifique de l'espèce.

En la comparant à celle du Nil, on trouve que la longueur du museau la rapprocherait du mormyrus oxyrhynchus ; ce serait aussi, à très-peu de chose près, la forme générale du corps; mais elle a le museau moins abaissé et le nombre des rayons de la dorsale beaucoup plus considérable. Elle ressemble sous ce rapport, comme je l'ai dit plus haut, au marra. caschive.

Le MORMYRE DE JuBELIN.

{Mormyrus Jubelini, nob.)

Nous dédierons au contre-amiral de ce nom, qui a eu la complaisance de nous faire recueillir tant de curieux poissons du Sénégal, cette seconde espèce de mormyre, envoyée de cette colonie par ses soins.

Elle a le museau plus incliné vers le bas et plus court que celui de ce dernier, et plus long que celui du caschive. La nuque est arrondie, saillante, et proportionnellement aussi grosse que celle de notre seconde espèce (M. Geoffroyi); mais son bec est beaucoup plus court et plus incliné. Le corps est, en général, plus étroit; la ligne du profil descend plus obliquement de la tête à la nuque que dans le caschive. La queue est plus grêle ; elle l'est aussi davantage que celle du M. Rume. Les lobes de

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la caudale sont plus étroits ; les ventrales répondent au douzième rayon de la dorsale; la pectorale, pointue, touche presque à l'insertion des nageoires abdominales; elle est donc plus longue que celle de l'espèce précédente. Les nombres des rayons de la dorsale et de l'anale diffèrent très-peu des rayons de celleci; par conséquent, l'espèce actuelle avoisine aussi, sous ce rapport, le M. caschive et le M. Geoffroy i.

D. 85; A. 19, etc.

Les écailles du tronc sont petites. Nous en comptons cent quarante -cinq entre l'ouïe et la caudale, par conséquent, plus que dans le M. Bume, mais moins que dans le M. caschive; celles de la queue sont certainement plus grandes que celles de celuici, j'en compare deux individus de même grandeur.

La ligne latérale est tout à fait droite. La couleur est un plombé plus ou moins noirâtre sur tout le corps.

La grandeur de l'individu est de sept pouces et demi.

Le Mormyre d'Hasselquist.

{Monnyrus Hasselquistii , Geoffr.)

Après ces espèces d'oxyrhynques , j'arrive à un mormyre dont la dorsale est encore longue et étendue sur tout le dos.

Il a le museau gros et obtus. La mâchoire supérieure dépasse un peu l'inférieure. La ligne du

profil est convexe et soutenue depuis l'extrémité du museau jusqu'à la dorsale. L'œil, placé sur le haut de la joue, est au tiers antérieur de la longueur de la tête, laquelle surpasse un peu la hauteur du tronc, et est comprise quatre fois dans la longueur du corps, en ne comptant pas la caudale.

Les dents sont petites, à couronne écbancrée, et mobiles dans l'espèce de gencive épaisse qui les porte. Cette muqueuse de la bouche, renflée derrière les dents, est couverte de papilles molles et tuberculeuses que l'on confondrait très -aisément avec une bande étroite de dents, différentesdes véritables. Les palatines et les linguales paraissent un peu plus saillantes que celles des autres espèces. Les narines sont très-petites; les deux ouvertures sont situées obliquement. Toute la peau de la tête est criblée de petits pores. La dorsale commence vers le tiers antérieur du corps; elle est plus haute que celle des oxyrhynques. L'anale est courte; la pectorale atteint à peu près à la moitié de l'espace qui la sépare de l'insertion des ventrales; cellesci répondent au quatorzième rayon de la dorsale.

D. 70; A. 18; etc.

Les écailles sont plus grandes le long des flancs, au-dessous de la ligne latérale que sur le dos ou sous le ventre. Nous en comptons cent quinze rangées entre l'ouïe et la caudale. La couleur est un plombé uniforme sur le corps, prenant quelques teintes verdàtres sur la nageoire et sur la tête. La dorsale est rayée obliquement de petits traits plombés. Les joues sont chatoyantes et irisées de jaune et de bleu avec des reflets dorés.

Dans ce mormyre je trouve encore des viscères semblables à ceux du précédent, en ce qui concerne la forme du foie, celle de l'estomac; mais les deux cœcums sont proportionnellement beaucoup plus longs. La vessie natatoire est grande, résistante et à parois fibreuses.

Quant au squelette, c'est encore la même composition du crâne. L'allongement du museau , de forme cylindrique, est dû à l'ethmoïde saillant audevant des angles antérieurs des frontaux. Les os du nez, plies en cornet, sont, comme les sousorbitaires, un peu plus larges. Ils rendent le museau plus gros. Les surtemporaux forment ici un feuillet squamiforme plus allongé. Le nombre des vertèbres n'est pas très-différent de ceux des espèces précédentes; car j'ai compté cinquante vertèbres, dont vingt et une sont abdominales.

Nous avons plusieurs individus qui ont de douze à quatorze pouces de longueur.

Cette espèce a été parfaitement gravée dans le grand ouvrage d'Egypte, d'après une belle peinture que Redouté en avait faite en Egypte. M. Geoffroy eut avec raison le sentiment que ce mormyre était nouveau, et il eut la généreuse pensée de le dédier à Hasselquist. S'il s'en était tenu là, cette espèce nouvelle, trèsfacile à caractériser, eût été parfaitement établie; mais il a cru pouvoir retrouver en elle le mormjrus caschive de cet auteur, qui a,

comme nous l'avons détermine, quatre-vingts rayons au moins à la dorsale : celui-ci n'en ayant que soixante -huit ou soixante -dix; M. Isidore Geoffroy les compte comme nous. Il avait d'abord pensé en Egypte que ce pouvait être le hersé de Sonnini; mais il a reconnu depuis que le poisson décrit par son prédécesseur était différent. On en acquiert la preuve par la lecture de l'article rédigé par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Cependant M. de Lacépède, employant sans critique les notes que son confrère lui envoyait du Caire, a introduit parmi ses espèces un morm. hersé, qui n'est autre que celui décrit dans cet article, et un M. Hasselquistii, indiqué comme n'ayant que vingt rayons à la dorsale et dix-neuf à l'anale et qui est un être tout à fait imaginaire, car il a pour synonyme le M. caschive d'Hasselquist : pour compléter la confusion, les nombres sont copiés de Linné, et sont le résultat de cette faute d'impression échappée à ce grand homme dès la dixième édition du Systema naturœ, et qui s'est retrouvée copiée dans la douzième, et ensuite dans celle de Gmelin.

M. Isidore Geoffroy a donné, sous les dénominations que lui transmettait son père, la description de cette espèce; mais il est juste

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de dire qu'il cite Hasselquist avec des doutes qu'il puise dans les notes du Règne animal. M. Cuvier dit, en effet, que le mormyrus cascliive d'Hasselquist lui paraît différer du précédent par plusieurs points essentiels.

Je trouve un dessin de cette espèce dans les collections de M. Riffault : c'est au n.° 27, sous le nom de Caschive; il avait coloré le tronc par de grandes et larges membranes verdâtres et rosées; la tète, un peu plus verte, portait sur le bas des joues quelques taches roses. Il ne serait pas impossible que ces légères différences dans la coloration ne fussent une conséquence d'une diversité spécifique ; mais il faut attendre que Ton ait étudié le poisson sur nature pour asseoir un jugement plus certain.

Le MORMYRE NACRA.

{Mormyrus nacra, nob.)

Le même M. Riffault a rapporté le dessin d'une espèce remarquable , en ce qu'elle est intermédiaire entre le mormyrus Hasselquistii et le M- denderah Geoffroy.

Cette espèce a le museau prolongé et cylindrique, mais sans être, à beaucoup près, aussi étroit que celui de nos oxyrhynques. La dorsale est étendue

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