Lacép., t. V, p. 3ig et 322, pi. 10, fig. î
CHAP. VII. ÉLOPES. 384
encore, une description faite d'après le poisson même.
Z'Elope lézard.
{Elops lacer ta, nob.)
Au milieu des nombreux exemplaires d'Élopes réunis dans le Cabinet du Roi, nous avons trouvé la preuve, qu'avec ceux de l'espèce précédente originaires du Sénégal, il existe sur cette côte une seconde espèce très-distincte de la première. Nous en possédons cinq exemplaires très-semblables entre eux, et faciles à distinguer de l'espèce ordinaire par les caractères suivants.
Cet Élope a le corps comprimé et le dos étroit; la tête et le museau plus aigus; la gouttière du crâne plus resserrée; la dorsale et surtout l'anale sont plus hautes ; les ventrales et les pectorales sont plus longues et plus aiguës; les nombres des rayons de la membrane branchiostège sont aussi différents, et même ils le sont plus que ceux des rayons des nageoires, quoique ceux-ci ne soient pas exactement les mêmes.
B. 25 — 26; D. 20; A. 17, etc.
Les dents sont plus pointues; les écailles sont plus grandes; la ligne latérale est un peu concave; tout le poisson brille d'un vif éclat argenté avec
très -peu de bleu sur le dos; la pointe de la dorsale et de l'anale porte une tache noirâtre; les ventrales sont aussi rembrunies ; les portions claires de ces nageoires étaient jaune citron.
Nos individus ont dix pouces à dix pouces et demi de longueur. Ils proviennent du Sénégal : les uns ont été envoyés par M. le contreamiral Jubelin, alors gouverneur de cette colonie : ils furent pris auprès de Richardsthal ; ce qui prouve que ces individus se tenaient dans l'eau douce ; les autres ont été recueillis par lés soins de M. Leprieur.
Comme je l'ai dit plus haut, je pense que l'on doit rapporter à cette espèce XElops saurus de Bloch , qui serait alors différent de celui de Linné ; toutefois il est difficile de rien dire de positif, non -seulement à cause de l'incertitude de la figure , mais à cause du vague de la description. Ainsi , Bloch prétend que dans son individu il n'y avait point de piquant au-dessus et au-dessous de la queue : nos exemplaires portent tous une écaille qui me paraît un peu plus étroite et un peu plus grêle que celle de l'Élope précédent. Bloch dit qu'il n'a point vu de membrane branchiale double, et cependant il parle assez longuement du bouclier osseux sous -maxillaire. Linné d'ailleurs n'a pas dit que le pli de la
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peau qui retient cet os, fût une seconde membrane branchiostège.
DES MÉGALOPES (Megalops, Commerson).
Si M. de Lacépède est le premier auteur systématique qui ait inscrit le genre Mégalope en ichthyologie , il est juste cependant de faire remonter l'idée de sa création à Commerson. Cet infatigable voyageur naturaliste avait, en effet, laissé dans ses manuscrits la description aussi exacte que détaillée de l'espèce de la mer des Indes. Une grande et belle figure due au crayon de Jossigny, et dont il serait fort difficile de se faire une idée par la copie fort inexacte qui a paru dans l'Histoire naturelle des poissons, complète les documents laissés par Commerson. Outre la phrase caractéristique qui a été reproduite par le savant continuateur de Bufïon, la description et le dessin portent le titre d'Oculeus, seu Megalops; dénomination qui convient, en effet , assez bien à la grandeur de l'œil de ces poissons, quoique l'on pourrait en citer beaucoup d'autres qui ont les yeux encore plus grands. Forster décrivait presque dans le même
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temps la même espèce dans l'archipel des lies de la Société; mais avant les documents de ces voyageurs, les naturalistes qui étudiaient ces productions de la nature sur les côtes de l'Amérique, avaient transmis depuis longtemps leurs observations sur l'espèce de l'Atlantique. On conçoit, en effet, qu'un poisson qui atteint à la taille considérable de quinze ou seize pieds, qui brille du plus bel éclat d'argent poli, ne pouvait pas rester inconnu. Marcgrave ' est le premier auteur qui ait laissé une figure de cette espèce: c'estson Camaripuguacu reproduit dans Pison, dans Willughby, dans Jonston, dans Ruysch. Mais cet important document n'ayant pas été emloyé par Linné, il s'en suivit que la première mention de ces espèces, rédigée suivant l'esprit du Systema naturœ, parut pour la première fois dans la Décade ichthyologique de Broussonnet sous le nom de Clupœa cyprinoides. En donnant la description de cette espèce, accompagnée d'une figure passable, ce zoologiste a fait une confusion qui a été copiée par ses successeurs. 11 est facile de juger par la grandeur de l'œil, par la forme générale et par les nombres qu'il a comptés à la membrane