‹ Histoire naturelle des poissons (volume 5)Chapitre 14 sur 149 · Illust. of Ind. Zool · texte numérisé non relu

Illust. of Ind. Zool

2. Description de quelques Cyprins du lac de Neuchâtel , dans les Mém. fie la soc. de Neuch. i834.

Neuchâtel. Il divisa le genre d'Arlcdi en AcANTHOPSis et en Cobitis. Ces divisions ont été adoptées par la plupart des naturalistes de l'époque. Il semblerait cependant que le savant ichthyologiste de Neuchâtel n'aurait considéré, pour en fonder les diagnoses, que les espèces d'Europe. Voici les remarques que l'on peut faire sur l'opposition de leurs caractères. Pour mieux faire apprécier ces remarques, je vais d'abord reproduire ici le texte même de mon célèbre ami M. Agassiz.

« AcAiNTHOPSis. Corps comprimé — premier «sous-orbitaire acéré, fourchu et mobile — « dents pharyngiennes très-pointues et sur une „ rangée — des barbillons très-courts autour «de la bouche — caudale arrondie.

« CoBrris. Corps cylindracé — sous-orbitaires «lisses — dents pharyngiennes taillées en bi- «seau — des barbillons nombreux autour de «la bouche — caudale arrondie.''

Si le cobitis tœnia , type du premier groupe, a le corps comprimé, il faut bien faire attention que plusieurs espèces étrangères h sous-orbitaire épineux ont le corps tout aussi rond que beaucoup de nos loches franches. L'expression de premier sous-orbitaire acéré opposée à celle de sous-orbitaires lisses est une légère inexactitude anatomique;

6 LIVRE XVIII. CYPRINOÏDES.

car dans le plus grand nombre des loches il n'y a qu'un seul sous-orbitaire.

La longueur des barbillons des loches épineuses varie tellement, que la brièveté de ces tentacules devient caractéristique pour quelques espèces, mais non pas pour le genre. Il n'y a généralement que six à huit barbillons. On pourrait croire, en disant que la bouche est entourée de barbillons nombreux, qu'il y a un nombre plus considérable de ces organes. Enfin, la forme arrondie de la caudale convient à quelques espèces, il est vrai, mais il y en a aussi qui ont la caudale coupée carrément et d'autres l'ont fourchue. C'est même, comme nous le verrons tout à Theure, pour avoir attaché trop d'importance à la forme de cette nageoire, que M. J. M'clelland a fait un genre particulier des espèces à caudale bilobée. Mais ce qui a une bien autre importance que les observations faites sur des points de détails, c'est que le Cohitis fossilis détruit par son organisation la séparation des deux genres. M. Agassiz le laisse dans ses cohitis , ce qui implique qu'il n'a pas vu que le sous-orbitaire de ce poisson est acéré, mobile. L'on peut observer, en y regardant de près, et avec beaucoup d'attention, une petite fente au-dessous de l'œil, dans laquelle on sent la pointe os-

seuse de cette pièce de la face. Le Cohitisfossilis appartient donc autant à un genre qua l'autre. Ce sont les raisons qui m'ont empêché de suivre la méthode de mon savant ami , et qui m'ont tait laisser le genre tel qu'Artedi l'avait établi. C'est en effet à ce père de l'ichthyologie qu'il faut en reporter la création. Je ne devine pas pourquoi, dans le mémoire cité plus haut, l'auteur a voulu le faire remonter jusqu'à Rondelet. Il me semble que l'ichthyologiste de Montpellier, si habile ordinairement, ne doit pas être cité à ce sujet, car il y a laissé le tout dans une assez grande confusion. En tête de son article' de cohite Jliwiatili, fait sur la loche franche , il a placé la figure de je ne sais quel petit cyprin , que Von pourrait considérer comme celle d'une jeune ablette; la longueur de l'anale, et l'ondulation de la hgne latérale me le font croire. Puis, au chapitre suivant^, il donne une figure des plus fautives du cobitis tœnia, et une autre d'une petite loche franche, autant qu'on peut en juger par la longueur des barbillons, et dont il fait dans le texte une troisième espèce de cohitis. Belon n'a pas mieux

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