Ann. des sciences nat. phil
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de Vénus sur le soleil en 1769, par l'abbë Chappe d'Auteioche. Cet astronome, membre de l'Académie, mourut encore jeune, pendant son expédition. La publication de son voyage en Californie parut en 1772 par les soins de Cassini fils. C'est a la suite des relations établies par ces savans académiciens avec le Mexique, que Cassini reçut de don Alzate des petits poissons d'un lac de Mexico avec des détails sur leur organisation remarquable et sur leurs mœurs. Fougeronx de Bondaroy, neveu de Duliamel , et qui devait à ce titre payer son tribut à l'ichthyologie , donna à son collègue Cassini une note pour l'intelligence de lalettre de don Alzate, en yjoignant une figure de ces poissons, gravée dans la relation du voyage. Il aurait fallu ajouter bien peu de choses, comme on va le voir, pour établir sur ces documens la description zoologique d'une espèce restée encore inconnue aux iclîtliyologistes. Nous n'avons pas retrouvé ces petits poissons qui furent déposés à l'Académie, et qui pourraient être encore conservés dans le Cabinet du Roi , puisque nous avons pu nous-mêmes décrire et disséquer ceux du Canada qui avaient été envoyés à BufFon en 1750.
Voici ce que dit Fougeroux :
«Ils (ces poissons conservés dans l'eau-de-
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«vie) ont la peau couverte de très-petites « écailles j leur longueur varie depuis un pouce «jusqu'à dix-huit lignes; ils n'ont guère que « cinq à sept lignes dans leur plus grande lar- «geur: ils ont de chaque côté une nageoire a „ (la pectorale ) , deux autres b sous le ventre «(la ventrale), une unique d (anale) derrière « l'anus c, qui se trouve entre la nageoire h et «la nageoire unique dy la queue e (caudale) «n'est pas fourchue; enfin ce poisson a un ai- «leron/sur le dos, un peu au-dessus de la «nageoire r/. "
Si les nombres des rayons, la forme des mâchoires, la nature des dents, la couleur du corps eussent été ajoutés à cette courte notice, on aurait eu une description complète. Mais la figure est si vague, que je n'ai pas osé faire prendre rang à cette curieuse espèce ; je n'aurais certainement introduit qu'un nom de plus dans l'ichthyologie. Je laisse donc à un autre le soin de recueillir et de décrire ce poisson , qui multiplie dans un lac d'eau douce voisin de la ville de Mexico; je le crois du genre Pœcilie , quoique je lui trouve , d'après la figure, la dorsale et l'anale un peu longues. Transcrivons maintenant les détails sur leurs mœurs communiqués à Cassini: ,( Je vous envoie des poissons vivipares à
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«écailles, dont je vous avais précédemment « donné notice. Voici ce que j'ai observé en « eux cette année. Si on presse avec les doigts «le ventre de la mère, on en fait sortir les pe- « tits avant le temps j en les examinant au «microscope, on y observe la circulation du « sang telle qu'elle doit être dans un poisson «déjà grand. Si l'on jette ces petits poissons «dans l'eau, ils nagent aussi bien que s'ils « avaient vécu depuis long-temps dans cet élé- « ment. Les mâles ont les nageoires et la queue «plus grandes et plus noires, de sorte qu'à la « première vue on peut facilement distinguer « les deux sexes. La manière de nager de ces « poissons est singulière ; le mâle et la femelle «nagent ensemble sur deux lignes parallèles; ,(la femelle toujours en- dessus, le mâle en- « dessous. Ils conservent entre eux une distance «constamment uniforme, et un parallélisme « parfait. La femelle ne fait pas un mouvement, «soit de côté, soit vers le fond, qui ne soit à « l'instant imité par le mâle. ''
Je suppose que ces poissons sont des pcecilies, parce que M. Cuvier m'a laissé parmi des dessins copiés d'un grand recueil manuscrit mexicain, deux figures représentant une pœcilie et peut-être l'espèce de don Alzate, et qui, sans aucun doute, sont aussi vivipares.
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Les caractères spécifiques ne sont pas assez nets pour établir aussi, d'après elles, une espèce zoologique : on ne peut en tirer que des conjectures très-proclies de la vérité.
Le même recueil contenait aussi le dessin d'un poisson voisin de ces genres, long de six a sept pouces, à caudale arrondie, à mâchoire inférieure saillante, à pectorales et à ventrales de moyenne grandeur et qu'on a nommé cjpriniis viviparus. C'est encore un poisson inconnu.
J'ai déjà dit que mon travail sur ces genres avait pour premier point de départ le désir de déterminer l'espèce représentée dans un dessin fait à Santa -Fé de Bogota par M. de Humbolclt. Je sépare aujourd'hui le Guapucha des pœcilies, et je donne à son article les raisons qui me le font considérer comme d'un genre différent. Dans cette monographie des pœcilies je ne faisais connaître, d'après nature, que deux espècesj aujourd'hui je porte à sept le nombre de celles décritesd'aprèsnature.Toutes, ainsi que les autres prises dans les auteurs, sont américaines, et elles me paraissent appartenir, pour la plupart, à l'Amérique équinoxiale.
Les caractères de ce genre consistent dans la forme particulière des mâchoires déprimées, horizontales et protractiles , formées en haut par les intermaxillaires seuls j ils portent.
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ainsi que la mâchoire inférieure, une bande composée d'une rangée extérieure de dents mobiles et crochues, et d'une seconde bandelette de dents en velours; le palais est lisse, mince, mou et charnu; les pharyngiens ont des dents en crochets sur plusieurs rangs; la membrane branchiostège est soutenue par cinq rayons; les intestins sont longs et simples ; la vessie aérienne unique. Toutes les pœcilies paraissent vivipares.
ha PoECiLiE DE Surinam.
{Pœcilia Surmamensis , nob.)
Je commence la description des espèces de ce genre par celle que j'ai nommée autrefois Pœcilia Surina jnensis\ A l'époque de la première mention de ce poisson, je me demandais si l'espèce était réellement distincte du pœcilia vii^ipara de Bloch. Je n'avais alors que les individus rapportés par Levaillant, et en assez médiocre état de conservation, pour craindre de n'en pas bien saisir les caractères. Aujourd'hui que le Cabinet du Roi possède un grand nombre de ces poissons de toutes grandeurs , et aussi bien conservés que s'ils sortaient de Veau, il ne peut plus y avoir de
1. Val. apud Humb., Observ. de zool. et d'anat. comparée, t. II, p. i58, pi. II, fig. 1, 1817.
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doute sur la nature de cette espèce; elle est d'ailleurs mieux établie depuis que M. Duvernoy a fait connaître plusieurs traits importans de son organisation et de son développement. Ce petit poisson a la tête aplatie et déprimée, ce qui rend le museau un peu cunéiforme; le profil supérieur monte par une courbe peu soutenue vers la dorsale, qui est petite, reculée sur la seconde moitié du corps et au-dessus de l'anale. Le profil du ventre est très -arqué, redressé subitement derrière l'anus; les deux lignes qui circonscrivent la queue sont presque parallèles, et assez éloignées. Cet écartement rend celte partie du corps assez élevée. La plus grande hauteur du tronc, mesurée à l'insertion des ventrales, est le tiers de la longueur du corps, la caudale non comprise. La longueur de cette nageoire égale celle de la tête, et le cinquième de la longueur totale. La hauteur de la queue est comprise six fois et quelque chose dans le corps entier. L'aplatissement de la tête se continue au-delà de la nuque, de sorte que le corps est assez épais. Il ne devient comprimé qu'à la région de la dorsale. La plus grande épaisseur fait les deux tiers de la hauteur. L'œil est assez «rand , car son diamètre égale presque le tiers de la longueur de la tête ou la moitié de l'espace qui les sépare sur le front. Il n'y a qu'un seul sousorbitaire , petit osselet carré qui couvre l'espace entre l'œil et l'angle de la bouche. Quand le poisson nage, cet os est tout- à- fait en- dessous. Le méplat supérieur du nmseau est élargi à l'extrémité, et de chaque côté par l'os nasal, qui est aussi assez large