Ej'iisd.y Ibid. , p. 12, n
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voie de bien établir les espèces^ il ne lui avait manque qu'un peu plus de précision dans les caractères, lorsque ses successeurs, soit par défaut de critique, soit par l'absence de matériaux suffisans, mirent la confusion dans l'histoire de ces petits poissons.
Ainsi Bloch, qui ne connut aucune de ces fundules à l'époque de la publication de sa grande Ichtliyologie , prit d'une part dans Linné et de l'autre dans Schœpf, pour ajouter dans son Système posthume, à la liste des espèces de son genre Poecilia, le cobitis heteroclita de Linné. Il devint le pœcilia cœnicolcij et du Yellow-belied cobler, que Schœpf ne distinguait pas avec raison de l'espèce linnéenne , Bloch en a fait une seconde espèce nominale , le pœcilia fasciata.
Lacépècle, qui travaillait a la même époque sans avoir connaissance de l'ouvrage de Bloch édité par Schneider, retira des cobitis de Gmelin les deux espèces qui étaient indiquées avec des mâchoires dentées , et il en lit son genre FuNDULE, et, prenant la dénomination de Garden, il appela notre es\)ece fiindulus niudfish. En Amérique, le D.' Mitchill publiait, dix ans après M. de Lacépède, son Mémoire sur les poissons de New-York, sans rechercher si Linné , Schcepf ou Lacépède avaient déjà
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signalé quelques-unes des espèces recueillies par lui. Il les décrit toutes sous des noms nouveaux, en les plaçant dans le genre des Brochets. Il les nomme Killfish, et il distingue un Killfish à ventre jaune et un autre à ventre blanc; puis un troisième Killfish à bandes. Je ne crois pas que son esooc pisciculus soit autre chose que la femelle du cobitis heteroclita-j quant à son esox zonatus, je le regarde aujourd'hui comme une espèce distincte.
Lorsque M. Cuvier publia , en 1 8 1 7 , la première édition du Règne animal, il ne fit aucune mention du genre de Lacépède. Il plaça dans sa note , à la suite de ses Pcecilies , le cobitis heteroclita , l'hydrargyre swampine de Lacépède, qui est d'un autre genre; il crut, à tort, que le pœcilia fasciata de Schneider devait en être fort voisin; et il y adjoignit aussi le pœcilia majalis, qui n'appartient ni aux pœcilies ni aux fundules , et qui est le même que l'hydrargyre swampine. Le travail de Mitchill sur ces poissons n'est pas encore mentionné dans le Règne animal.
Tel était l'état des choses, lorsque j'entrepris une revue de ces petites espèces, à l'occasion de la détermination des dessins de poissons rapportés de l'Amérique équinoxiale par M. de Humboldl.
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J'ai dû beaucoup corriger ce travail, premier essai de ma jeunesse, parce que je n'avais pas encore sous les yeux la masse d'individus bien conservés que les difïërens naturalistes , cités plus haut, ont envoyé successivement au Cabinet du Roi.
D'abord je dois reconnaître que je me suis trompé en comptant les rayons de la membrane branchiostège de ces poissons. Ils sont au nombre de cinq.
J'ai cru à tort que le pœcilia cœnicola et le pœciliafasciata étaient d'espèces distinctes, il faut au contraire les réunir. J'ai également compris mal à propos, dans les synonymies de cette espèce , Xhydrar^jra fasciata de Lesueur, Xesox zonatus de Mitchill, et l'hydrargyre swampine de Lacépède, que je puis déterminer aujourd'hui avec certitude, depuis que j'ai eu les manuscrits de Bosc. J'ai revu les individus que j'ai fait figurer pi. LU, fig. i, sous le nom Ag fundulus fasciatus , et je me suis assuré que ce sont des femelles à cinq rayons branchiaux, et semblables à celles que nous avons reçues en i83o.
Vers le même temps, M. Lesueur semblait se multiplier pour dessiner ou déciire les animaux des Etats-Unis c|ui lui paraissaient nouveaux. Il observa notre espèce, ?nais comme
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il ne put la faire rentrer clans le genre des Pœcilies, caractérisées dans le Règne animal parles trois rayons de la membrane branchiostège, il choisit alors, par une idée singulière, le ^enie Ifydrargyre de Lacépède, et en reconnaissant que les caractères de ce genre , mal déterminés, il est vrai, ne concordent pas avec ceux de nos poissons, il proposa une réforme de ses diagnoses , et sous le nom donné par Lacépède à un poisson tout diftérent, d'après le dessin et la description de Bosc , M. Lesueur constitua un genre tout autre. D'ailleurs comme il ne chercha pas si Linné avait parlé de notre poisson, on peut s'expliquer par là comment il a laissé dans l'oubli le genre Fundule de Lacépède.
Il est évident que M. Lesueur a décrit l'espèce dont il s'agit ici, sous le nom ô'hjdrargjra ornât a.
C'est sous le même nom que nous la voyons reparaître dans le rapport sur les poissons du Massachusets par M. Storer. Je ne puis pas douter que ce ne soit aussi le même poisson que M. J. Dekay a décrit dans sa magnifique Faune de New -York, et qui est dans le cabinet du lycée de cette ville, sous le nom de funduliis zébra. Malheureusement M. Dekay n'en a pas donné de figures, mais la description s'accorde parfaitement.
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C'est du mâle seulement dont cet infatigable zoologiste a parlé dans son article, et il a publie la lemelle sous le nom defundulus viridescens , fort bien représentée pi. XXXI, fig. 99 de la Faune de New -York. La figure et la description convenant parfaitement bien, je vois avec plaisir que M. Dekay croit, comme moi, qu'il faut rapporter à son poisson \esox pisciculus de Mitcbill ou le Killfish de Scbœpf. S'il a d'ailleurs conservé quelques doutes sur cette synonymie, c'est parce que je supposais autrefois que cet esox pisciculus était le jeune du. fujidulus fasciatusj, et en cela j'ai déjà dit que je m'étais trompé. Mais M. Dekay s'est mépris quand il a fait du cobitis majalis mon fundulus fasciatus. J'ai dit tout le contraire dans mon mémoire, et je suis toujours resté de cette opinion.
Le nom de Killijîsh, sous lequel tous ces poissons sont connus en Amérique, tire sa source du lieu de leurs habitations. Comme ils vivent tous dans les marais salés autant que dans les eaux douces, les anciens Anglo-Américains les ont nommés poissons d'eau saumâtre , d'après un vieux mot peu usité, qui est d'origine hollandaise, AiZ/z signifie précisément ce que les Anglais appellent estuaries, ou eaux saumâtres des bords de la mer. Plusieurs autres
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ont quelques noms vulgaires, que nous mentionnerons à leur article.
La forme générale du corps de la fondule cacao ressemble tout -à~ fait à celle d'une petite tanche {cypr. iinca). Dans un mâle, la hauteur du tronc égale la longueur de la tête et mesure le quart de celle du corps tout entier. Les joues sont assez renflées. Le dessus de la tête, entre les yeux, est aplati- le préopercule, couvert d'écaillés, est arrondi ; les autres pièces operculaires sont aussi écailleuses, et la fente de l'ouïe est un arc parallèle à celui du bord du préopercule. Le sous-orbitaire est petit, son bord antérieur un peu ondulé, et cache le maxillaire j l'intermaxillaire , un peu protractile comme dans les genres voisins , fait tout le contour de l'arc dentaire supérieur. Les lèvres sont assez épaisses, les deux mâchoires sont égales; cependant quand la mâchoire inférieure est abaissée, elle paraît un peu plus longue que la supérieure; les dents sont coniques et en crochets; celles du bord externe sont plus grosses que les autres. L'œil n'est pas plus gros que celui d'une tanche de même longueur. La membrane des ouïes est assez large; elle est soutenue par cinq rayons branchiostèges. Les pharyngiens supérieurs portent des dents coniques, dont les antérieures sont plus longues et plus grosses que les autres. H y a deux pharyngiens de chaque côté et, entre eux, une houppe de papilles assez longue. Les pharyngiens inférieurs forment une plaque triangulaire avec des dents coniques, mais plus courtes.
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La dorsale est reculée sur la seconde moitié du dos; la longueur de sa base égale sa hauteur; elle devient arrondie en arrière quand elle est étalée. L'anale lui est tout-à-fait opposée. La caudale est ronde, et Ion doit en dire autant des deux nageoires paires.
Il y a quarante -quatre rangées d'écaillés sur le côté du corps, et de grandes écailles sur le crâne et les tempes; celles de l'appareil operculaire sont semblables à celles du tronc. Une de ces dernières se montre avec quinze à dix-huit rayons à l'éventail, et avec des stries concentriques circulaires, qui passent même sur les rayons de l'éventail. Une écaille de la tête n'a que des stries concentriques, et elles sont assez fortes pour être visibles à l'œil nu. Un sablé pigmentaire très-fin recouvre toutes les écailles. Les couleurs du mâle sont vertes, assez rembrunies sur le dos, dorées sur les côtés et pâles sur le ventre. Le corps est couvert, et principalement vers l'arrière, de points blanchâtres irréguliers, et la queue est traversée par dix à douze lignes verticales pâles ou argentées. Les trois nageoires impaires portent des points bleuâtres; ils sont gros sur la dorsale et fins sur la caudale; la ventrale a aussi quelques points bleuâtres; les pectorales sont pâles.
Je retrouve ces points des nageoires et les lignes verticales du corps sur tous les nombreux individus réunis dans la collection, et j'en ai sous les yeux depuis la taille d'un pouce et demi jusqu'à celle de quatre pouces. On reconnaît le mâle à une petite papille conique , cachée dans une petite fossette