Vojez Institut, t. VII, iSSq, p. ii
224 LIVRE XVIII. GYPRINOÏDES.
Il est vrai qu'aucun auteur n'en a fait encore mention dans un ouvrage sur l'ichtliyologie, ou dans un mémoire écrit pour en faire connaître l'histoire. Mais j'ai retrouvé dans les dessins de poissons que M. Adrien de Jussieu a eu la bonté de me communiquer, la figure de deux de nos espèces; l'une, celle du Boguilla, et l'autre, celle du Carache. Ils ont été faits par son grand-oncle, Joseph de Jussieu, qui avait également connu le Capitan de Santa- Fé de Bogota, publié en i8o5 par M. de Humboldt sous le nom d\Ere?nopMlus.
Ce siluroïde , quoique dans des régions moins élevées, vit aussi dans les rivières alpines de la Cordillère de l'Amérique du sud. Il est dans la famille des siluroïdes un représentant des Orestias parmi nos cyprinoïdes; car tous deux sont apodes.
Les dessins de M. Joseph de Jussieu ne sont accompagnés d'aucune note; ils sont les seuls documens que j'ai pu me procurer sur des poissons remarquables par leurs caractères zoologiques et par les lieux qu'ils habitent. La taille qu'ils atteignent est au-dessus de la dernière petitesse, sans être cependant considérable.
Nous devons de grands remercîmens à M. Pentland d'avoir enrichi notre ouvrage d'es-
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pèces aussi rares , aussi nombreuses et aussi intéressantes. Pour lui donner un témoignage de ma gratitude, j'ai cru devoir lui en dédier une. J'ai aussi renouvelé à M. de Humboldt, par la dédicace de l'une d'elles, la preuve de mon amitié et du souvenir que j'ai gardé de ses conversations aussi bienveillantes qu'instructives. Je ne pouvais me dispenser de placer à côté de ce grand nom celui de mon illustre maître, qui avait tant regretté une occasion, par laquelle il avait espéré de connaître les poissons du lac de Titicaca. J'ai voulu aussi faire reparaître en icbthyologie le nom célèbre des Jussieu , afin de rappeler le travail de Joseph. J'ai cru enfin devoir consacrer aux savans qui ont fait faire tant de progrès à la science, les espèces qui me restaient à nommer, et les noms d'Agassiz, d'Owen, de Mùller, que je cite avec plaisir depuis si long-temps, sont venus se tracer d'eux-mêmes.
L'Orestias de Guvier.
{Ores lias Cuvieri.)
La première espèce de ce genre sera pour nous celle dont les individus paraissent atteindre à la plus grande taille, et qui ont dans leur dentition, dans le développement de 18. i5
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leurs boucliers granuleux et de leurs écailles , un ensemble de caractères dont les autres espèces n'offriront que des modifications.
C'est elle que je dédierai à M. Cuvier; je la crois tout- à -fait nouvelle. Je ne trouve aucune preuve que Joseph de Jussieu ou M. de Humboldt en aient eu connaissance.
La tête de ce poisson a une ressemblance éloignée, mais cependant facile à saisir avec quelques-unes de nos synancées.
La ligne du profil du dos suit une courbe peu soutenue; celle du venue est plus ou moins arquée, suivant le gonflement de l'abdomen, par suite du développement des œufs. Il en résulte que la hauteur du tronc varie de même, et qu'elle est comprise entre quatre fois et demie ou quatre fois, et même un peu moins dans la longueur totale. Le corps est donc aussi plus ou moins ramassé, et cela dépend encore des différences que l'on observe dans les proportions de la hauteur du tronc ou de la queue; elle est plus haute dans les femelles que dans les mâles.
La longueur de la tête fait, à peu de choses près, le tiers de la longueur totale; le dessus du crâne est plat; la nuque est ronde et se continue d'une manière insensible avec la courbure du dos; le museau est arrondi; la lèvre épaisse qui borde l'intermaxillaire forme un arc charnu, qui est précédé par celui non moins épais de la mâchoire inférieure : elle