‹ Histoire naturelle des poissonsChapitre 104 sur 158 · Marcgr. , Bras., p. 16f · texte numérisé non relu

Marcgr. , Bras., p. 16f

poisson particulièrement doré, et qui se distinguerait de son premier Piraya par une adipeuse couverte de petites écailles.

B. Du genre Pygocentre (Pygocentïms).

Le genre Pygocentre a été établi par M. Muller, qui l'a caractérisé par l'absence des dents palatines, en ajoutant à ce caractère essentiel la présence de dents à l'intermaxillaire et à la mâchoire inférieure sur un seul rang ; elles sont triangulaires , tranchantes , très -faiblement dentelées; mais je n'oserais pas dire , comme M. Muller , qu'elles n'ont pas de dentelures. L'os maxillaire ressemble à celui des Serrasalmes, il est presque entièrement caché derrière l'intermaxillaire sous le sousorbitaire. Le corps est comprimé; l'abdomen est tranchant et dentelé, et les aiguillons, placés au-devant et au delà de l'anus, sont comme dans les Serrasalmes. Le nombre des rayons branchiostèges est de quatre. D'ailleurs la splanchnologie de ces animaux ressemble à celle des poissons de ce groupe ; l'intestin ne fait qu'une seule circonvolution ; le nombre des appendices pyloriques varie de dix à quinze ; la vessie natatoire est divisée en deux parties, l'antérieure, petite et globuleuse ; la seconde est très -grande et elle communique

CHAP. XXV- SERRASALMES. 285

par un canal très-court avec l'œsophage. On verra, clans la description de l'une de nos espèces que, malgré cette communication, l'estomac en cul-de-sac de ces Pygocentres peut être renversé, comme celui d'un très -grand nombre d'autres poissons de familles très-diverses. J'ai déjà eu occasion de signaler le renversement de ce viscère dans des espèces qui n'ont pas de vessie natatoire. L'exemple que nous fournit le Pygocentre dont il s'agit clans cet article, est une nouvelle preuve que l'estomac des poissons se renverse par une action contractile de ses fibres, et non pas par la dilatation de l'air contenu dans la vessie en réagissant après la rupture de cet organe sur les parois de l'estomac

Les Pygocentres sont aussi anciennement connus que les Serrasalmes. Marcgrave a publié la description de la première espèce, qui est devenue le Serrasalme piraya de M. Cuvier et de Spix et Agassiz. M. Spix en a fait connaître un second sous le nom de Serrasalmus nigricansy et, enfin, M. Muller a donné l'indication d'une troisième espèce dont la dentition a été parfaitement représentée dans le petit ouvrage de M. Schomburgk1 et dans la Monographie de MM. Muller et Troschel.

28G LIVRE XXII. SALMONOÏDES.

Du Pi rai ou Huma.

(Pfgocentrus niger, Muller.)

Je vais décrire avec détail un individu parfaitement conservé dans l'alcool et que nous devons aux soins de M. Schomburgk.

C'est de toutes les espèces de ce genre celle qui a le dos et le museau le plus convexe; la mâchoire inférieure dépasse la supérieure, et son contour se perd entièrement dans celui du profil supérieur. Nous voyons cette ligne un peu convexe et saillante au-devant des yeux; puis, elle monte par un arc très-soutenu , de manière que la plus grande convexité du dos soit en avant de la dorsale. A partir de ce point, la courbe redescend un peu jusque sous le dernier rayon de la nageoire; elle fait au delà quelques ondulations , jusqu'à la fin de la queue. Le premier rayon de l'anale correspond à peu près au milieu de la dorsale, et l'anus au troisième ou au quatrième rayon de cette nageoire. Le profil inférieur se dessine par une courbe peu concave, en descendant obliquement depuis le menton jusqu'à l'ouverture de l'anus, où est le point le plus saillant de la courbure du ventre. La ligne du profil remonte sous l'anale très-obliquement jusque vers la queue, dont la hauteur est comprise cinq fois et

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