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E. Du genre Odontostome.
Ce genre est une création de M. le docteur Anastase Cocco. Il a été adopté par le prince de Canino j mais ni l'un ni l'autre de ces auteurs ne l'ont suffisamment caractérisé. Ce sont des poissons qui doivent venir à la suite des Scopèles, parce que l'arcade supérieure de la bouche est entièrement formée par l'intermaxillaire, et que celui-là porte seul les dents externes : il n'y en a aucune sur le maxillaire ; d'ailleurs la mâchoire inférieure, les palatins, le chevron du vomer sont armés de dents toutes mobiles, qui se redressent comme par un mouvement élastique, quand on les abaisse. La peau qui enveloppe tous ces os, nourrit des germes , évidemment destinés à remplacer les dents que le poisson doit perdre si fréquemment. Elles sont remarquables par leur forme comprimée, par les dentelures de leur carène et par leur extrémité dilatée en un petit fer de lance, dont le talon est une pointe très-aiguë. La langue n'a aucune dent; mais il y a de petites âpretés le long du corps de l'hyoïde. Nous ne connaissons encore qu'une seule espèce dans ce genre, qui est en outre très-remarquable par la grandeur de son
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œil , et surtout par la paupière adipeuse qui le recouvre. Il est possible que ces particularités ne soient que des caractères spécifiques.
Z/Odontostome Balbo.
(Odontostomus hyalinus y Cocco.)
Un des plus singuliers poissons de cette famille, est celui que M. Risso a décrit sous le nom de Scopèle Balbo.
Le corps est très-comprimé- la tête est grosse- le museau est développé surtout à cause de la grandeur et de la grosseur des branches de la mâchoire inférieure. L'épaisseur du corps est à peu près le quart de la hauteur, qui est comprise six fois dans la longueur totale. Celle de la longueur de la tête surpasse un peu le cinquième de cette même longueur. Les yeux sont grands, tellement rapprochés l'un de l'autre que l'intervalle qui les sépare n'est guère que le quart du diamètre de l'orbite. Ils sont protégés par une sorte de paupière adipeuse , attachée au bas de l'œil, et formant ainsi sous l'organe une sorte de bourse , qui tend à rendre la vision supérieure en reportant l'œil sur le haut de la tête, quoique cet organe soit logé dans un orbite latéral et sur une tête excessivement comprimée. Je n'ai pas encore rencontré de disposition pareille dans aucun autre poisson. Il en résulte que le diamètre vertical de l'orbite est d'un tiers plus grand que l'horizontal. Les sous-orbitaires sont excessivement minces et en
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quelque sorte perdus dans les téguments adipeux qui couvrent la joue. La distance de l'œil au bout du museau est égale à son diamètre vertical. Les deux ouvertures de la narine sont petites, rapprochées et au milieu de cet espace. La gueule est trèslargement fendue. La mâchoire supérieure est bordée par des intermaxillaires grêles et étroits, armés de petites dents égales, crochues et recourbées en arrière. Le maxillaire est également un os grêle , couché le long de cet intermaxillaire et élargi en une petite palette près de l'extrémité, il n'a point de dents. Les palatins sont armés de dents longues, comprimées, tranchantes, pointues et triangulaires à l'extrémité. Celte pointe se recourbe pour se porter un peu en avant ; ce qui donne une double courbure à la dent. Celle qui est à l'extrémité de chaque palatin est beaucoup plus longue que les autres. J'en vois une isolée et courte , mais trèspointue sur le chevron du vomer , tout près de l'extrémité. J'ai déjà dit que les branches de la mâchoire inférieure sont remarquables par leur largeur et leur épaisseur ; elles le sont plus à la symphyse qu'à l'articulation. Cette mâchoire est armée de dents longues et crochues , un peu courbées en arrière, pointues à l'extrémité, avec un petit talon en arrière et près de la pointe. Le bord antérieur est finement dentelé. Ces dents, si remarquables par leur forme, sont, comme les palatines, implantées dans la gencive. Elles sont mobiles. Quand on les abaisse, elles se redressent vivement. Il semble qu'un ligament élastique soit destiné à les relever. Ce qui
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ajoute encore à letonnante disposition de cette dentition, c'est que la nature ait armé de dents aussi caduques la gueule d'un poisson sans doute trèsvorace. On voit au pied de chaque dent palatine, comme sur le bord interne de la mâchoire, des bourses contenant des dents de remplacement. Quant aux rapports de longueur entre ces crochets, il y en a deux très-petits au-devant du troisième; le premier est même beaucoup plus court que le second. Le quatrième est le plus long ; le cinquième égale le troisième; le sixième et le septième diminuent graduellement. A la base de chacune des grandes dents il en existe une petite, implantée solidement sur l'os de la mâchoire. Les pharyngiennes sont courtes , pointues et coniques, insérées sur le côté interne de l'os, de manière à s'enchevêtrer. La langue , qui est extrêmement comprimée, n'a point de dents, mais on sent quelques âpretés le long de la carène de l'hyoïde ; il y a quelques petites épines à son extrémité. Les ouïes sont très-largement fendues; les peignes sont courts, et il n'y a pas de râtelures sous le devant de l'arceau. On remarque une très-petite branchie operculaire. Quant à la membrane des ouïes, elle est courte et soutenue par des rayons espacés , entièrement cachés sous les branches maxillaires. Le préopercule remonte verticalement de l'angle de la mâchoire inférieure au mastoïdien par un limbe ou une carène osseuse, étroite, la seule portion visible de cet os. L'opercule est très-mince, quadrilatère, plus petit que le sous -opercule, qui est à peu près de même forme, mais un peu échancré vers le bas. L'inter-
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opercule est excessivement petit. La ceinture huméraie se montre sous la peau en une large pièce triangulaire, portant tout près de la carène du ventre une pectorale, dont les rayons postérieurs sont à peu près aussi longs que les antérieurs. Cette nageoire s'abaisse quand elle s'écarte; mais elle ne peut pas se rapprocher des parois abdominales. La ventrale est assez grande , à peu près au milieu de l'espace entre l'anale et la nageoire de l'épaule. La première dorsale est triangulaire; elle répond à la ventrale. La seconde dorsale, assez éloignée, est située au-dessus de la fin de l'anale; celle-ci est longue et taillée en lame de faux. La caudale, fourchue, a des lobes étroits, précédés d'un assez grand nombre de petits rayons qui s'avancent en dessus et en dessous sur le tronçon de la queue.
Le poisson me paraît entièrement dépourvu d'écailles. La peau est chargée de nombreux points pigmentaires noirs et souvent étoiles. La couleur est argentée, lavée de rose pâle, comme couleur de chair.
Le Muséum possède un exemplaire un peu desséché, qui lui a été envoyé par M. Risso, pour nous faire connaître sa Scopele Balbo : il est long de cinq pouces. Nous en avons reçu depuis un second individu très -bien conservé que M. le docteur Coste s'est procuré à Nice. C'est une des précieuses espèces
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que nous devons aux recherches de cet habile physiologiste : l'individu est long de sept pouces. Nous sommes donc bien sûrs de connaître le curieux poisson figuré par Risso dans les Mémoires de l'Académie de Turin l et reproduit dans l'Ichthyologie de Nice ; mais c'est aussi, sans aucun doute, quoique la ligure n'en soit pas très-bonne, YOdontostome transparent figuré par le docteur Cocco2 dans son Mémoire sur les Salmonoïdes. Enfin, le poisson a reparu sous le même nom dans l'Ichthyologie italienne. Je suis obligé de dire que la figure ne nous fait pas aussi bien connaître ce scopéloïde que d'autres du même ouvrage. L'espèce a été dédiée par Eisso au ministre de l'instruction publique du Piémont, M. Balbo. L'auteur parle de la rapidité de sa natation, de la vivacité de ses mouvements. Il dit qu'il habite les profondeurs de la mer de Nice, ne Rapprochant que rarement du rivage. La femelle fraie en été sur les plages couvertes de galets.
l.Risso , Académie des sciences de Turin, t. XXV, p. 272 lab. 10, %. 3.