‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 17 sur 216 · III. SENS DU GOUT · texte numérisé non relu

III. SENS DU GOUT

À peine est-il nécessaire de s’arrêter ici, Car on ne peut pas dire qu'il y ait véritablement, chez les poissons, un organe spécialement destiné à apprécier les qualités sapides des corps. Mon père, dans le Mémoire sur l’odorat des Poissons, que je viens de citer (Mag. encyclopéd., 1807, t. V, p. 99), a énuméré les motifs de cette absence du sens du goût. La bouche, sans cesse traversée par l’eau, ne pourrait que difficilement servir à la dégustation d'aliments qui, le plus souvent à peine divisés, sont rapidement entraînés dans les voies digestives. La langue manque presque complètement chez les Plagiostomes, et la membrane qui revêt la cavité buccale, non-seulement conserve quelquefois l'apparence du tégument externe, mais, alors même qu'elle prend celle d’une membrane muqueuse, elle manque de papilles. Les Chimères en offrent cependant quelques traces derrière leurs pièces dentaires, ainsi que les Sg. glaucus et vulpes et l'Oxyrh. Spallanzantii. M. Nardo considère même, chez ces derniers, comme véritable organe du goût, la portion de la membrane muqueuse du palais située immédiatement en arrière des dents et où il a trouvé assez développé l'appareil papillaire qui reçoit des filets nerveux de la deuxième branche du nerf trijumeau (Sull’ esistenza dell’ org. del qusto in alcune specie di Cani marini Osservaz. anatom., 1846, in Mem. Instit. Veneto di Sc., etc., t. IV, 1851).

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