‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 188 sur 216 · NUTRITION. DENTS. ARE · texte numérisé non relu

NUTRITION. DENTS. ARE

Dans l’un et l'autre genre, il y a 3 paires de pliqués den- {aires : 2 à la mâchoire supérieure et 1 à la mâchoire opposée.

La différence la plus frappante entre les dents des ‘espèces comprises dans les deux groupes consiste en ce. que les susmaxillaires antérieures des Chimères sont dirigées verticalement de haut en bas, et offrent un bord FC horizontal tranchant, tandis que celles des Callorhynques, terminées en pointe, sont obliques de haut en bas et d'avant en arrière. :

Les autres plaques, dans les deux genres, sont horizontales et s'étendent loin en arrière : les supérieures garnissent le plafond de la bouche, et les inférieures son plancher (ATLAS, D 15 102409" 34)

Les antérieures, chez les Chimères, ne sont pas lisses: elles paraissent consister en une série de lames obliquement s superposées, et portent des saillies verticales formées, suivant la remarque de M. Agassiz, par des colonnes de substance trèsdure, entre lesquelles sont creusés des sillons peu profonds, résultant de ce que la substance intermédiaire aux colonnettes a moins de consistance. Les stries se continuent jusqu’au bord libre qui, par suite de l’usure, est comme dentelé. À la paire des plaques dentaires inférieures, on voit, en arrière et en dehors, quelques stries semblables et dués à la même cause: le bord libre des dents aux deux mâchoiresestmince et tranchant, de sorte que, par leur contact mutuel, les matières alimentaires peuvent être coupées, mais elles servent aussi à broyer, car chaque plaque sous-maxillaire porte une saïllie olivaire oblique, à grand diamètre, de dehors en dedans, qui correspond à la saillie des plaques supérieures.

Les proéminences des plaques dentaires sont plus pronQuE cées chez les Gallorhynques (Arras, pl.13, fig. 4).

Leur structure a été étudiée par M. Rich. Den (Odotongraphy, p. 65-68, pl. 98 et 29) et par M. Agassiz (Rech. poiss. foss., t. III, p. 337-339 et 353). Je ne m'arrèterai pas à la description des canaux médullaires et calcigères, dont j'ai déjà fait connaître (p. 141) la disposition le chez les Plagiostomes, parce que les différences offertes par ces éléments microscopiques, sont plus particulièrement intéressantes sa constater sur les dents des espèces fossiles.

La face externe du tube digestif offre uné teinte violacée ou d’un bleu noirâtre, qui se retrouve également à l’intérieur de la bouche, comme chez la Roussette dite Pristiurus melanostomus (p: 124°et 195). Il est d’une simplicité extrême, rappelant,

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comme Meckel l’a fait observer, avec raison, celle de l'intestin des Lamproies. Il est presque rectiligne, si ce n’est à son extrémité terminale où il subit une ei sa. brièveté «est telle qu'il dépasse de.1/6° à peine la longueur de la cavité dans laquelle il est renfermé, et où il n’estmaintenu par aucun repli mésentérique. M. Costa (loc. cit., pl. IT, fig. 1) donne une bonne représentation de son aspect général, qui frappe d’autant plus, qu'on n'y voit pas de véritable renflement stomacal.

Ses parois, faiblement musculeuses, sont minces. L'aspect dela surface interne varie sur les différents points de la longueur du canal. En avant, c'est-à-dire dans l'œsophage, elle porte des plis longitudinaux très-prononcés, dont la brusque disparition laisse à la portion qui fait suite à l’œsophage, et où elle est couverte de fines villosités, le caractère de cavité stomacale. Gelle-ci, très-courte et bientôt rétrécie, se continue, sans véritable pylore, avec l’intestin proprement dit; on y voit un fort repli longitudinal, qui est la racine de la valvule spirale et qui, augmentant promptement de hauteur, s'étale, puis aussitôt contracte, au moyen d'une expansion membraneuse, une adhérence avec les 2/3 environ du pourtour de l'intestin.

Ainsi se trouve formé le premier repli de la valvule, suivi de deux autres, produits par l’enroulement de la muqueuse autour du repli longitudinal, qui se continue jusqu’à l'extrémité de l'intestin, valvulaire et sert d’axe à la valvule. Dans toute la portion du canal que celle-ci parcourt, les plis de la muqueuse sont transversaux ; ils deviennent ensuite obliques, et enfin prennent une direction longitudinale sur la dernière partie de l'intestin, c'est-à-dire dans de rectum, qui est plus étroit que la portion valyulaire dont il diffère, en outre, par l'absence des villosités. Les plis longitudinaux sont courts et servent de support, selon la remarque de M. Leydig (Zur Anat. und Histolog.

Chim. monstr.: Muller’s Arch. 1851, p. 260), à des amas de glandules dont la nature morphologique est, sans nul doute, la même, dit-il, que celle de l'appareil glanduleux de l’appendice digitiforme ouvert, chez les Planiostomes (voy. p.157), dans le rectum, près de son origine ; ainsi, malgré l'absence de l’appendice,, i il y a des in qui versent leur praguite dans la portion antérieure du rectum.

Ce dernier se termine entre les ventrales par un orifice ab cal arrondi que borde un petit bourrelet. En dehors et trèsprès de son pourtour, à la région postérieure, est percée, de chaque côté, comme chez les Plagiostomes (p. 159), une petite

ouverture, mais avec cette différence, qu’elle mène dans un enfoncement en cul-de-sac, et ne sert point à établir une communication entre l'extérieur et la cavité abdominale. Cette disposition que je.constate sur une 9, est également indiquée par M. Costa, qui a représenté (Faun. regn. Nap., fig. 2 de la pl: IF, jointe au texte relatif à la Chim.) la région cloacale, où se voit l'entrée des deux petites cavités oneles En outre, et sans parler des orifices des oviductes et de celui de la glande uiérine, dont je n'ai point à m'occuper en ce moment, le même naturaliste à montré (id.) un autre pertuis beaucoup plus étroit, diflicile à trouver, et qui est situé à l'extrémité postérieure du cloaque : c’est l'ouverture extérieure de la vessie.

Le foie jaunâtre, comme celui des Plagiostomes, est également volumineux et se prolonge jusque vers l'extrémité de la cavité abdominale qu'il remplit en grande partie. Il a deux lobes complétement confondus en avant; le droit, plus allongé et plus gros que l’autre, offre une ou deux divisions secondaires peu profondes.

Vers la base de l'organe, se voit une petite vésicule du : fiel dont le conduit assez Drolofigé verse dans l’intestin, un peu avant l’origine de la valvule en spirale, la bile mélangée au fluide pancréatique par suite de la réunion des deux conduits avant leur pénétration à travers les parois intestinales.

Le pancréas qui se présente, comme celui des Squales et des Raes, sous la forme et avec la structure des glandes conglomérées, ainsi que M. Costa l'a bien démontré (Faun.; Chim., p. 17-21, pl. HD), est logé dans un petit sillon de la face viscérale du lobe droit du foie, où 1l est, en quelque sorte, soudé à la rate; il est d’un blanc jaunâtre.

Outre le conduit excréteur déjà mentionné, confondu avec le canal cystique, près du point où celui-ci traverse les membranes intestinales, il y en a un second, ouvert isolément dans l'intestin un peu plus en arrière.

La rate tranche, par sa teinte d’un brun-rouge marbré de noirâtre, sur le pancréas et sur le foie. M. Leydig signale l’aspect que présente, peu de temps après la mort, cet organe dont les petits corpuscules blanchâtres, dits corpuscules de Malpighi, sont visibles dans le parenchyme, par transparence au-dessous de la membrane enveloppante.

Relativement aux organes de la circulation, qui offrent une grande ressemblance avec ceux des Plagiositomes, quelques particularités seulement doivent être mentionnées ici.

Jerappelleraid’abordlepetit volume du cœur, d'où résulte une différence assez notable entre les Holocéphales d’une part, etles Squales et les Raïes de l'autre, mais en particulier les Torpilles qui, de tous les Sélaciens (Meckel, Anat. comp., tr. fr., t. IX, p. 200 et 201), sont les plus remarquables par les grandes dimensions de cet organe. Duvernoy (Sur deux bulbes artér. faisant fonct. de.cœurs access, ete., in: Ann. sc. nat. 2° série, t. VIII, p. 38, pl. 5, fig. 2) a appelé l’aitention sur la petitesse du cœur de la nu. M. Costa, qui l'a figuré (Fauna, etc., pl. V, fig. 2) dans son péricarde incisé, où se remarque l’ouverture de communication avec le périboine (voy. plus haut, p- 158 et 186), dit, mais avec un peu d’exagération, que le cœur n’égale pas la moitié de la grosseur du cristallin du même animal (Chimer., loc. cit., n. 30).

11 faut noter encore 1° le peu de développement du bulbe artériel que j'ai déjà fait remarquer (p.190): voy. Costa, loc. cit., pl: NV, fig. 2, et Duvernoy, doc. cit., pl. 3, fig. 2; 92° le petit nombre de ses valvules, puisqu'il y en a seulement six disposées sur deux rangées.

Enfin, j'ai ne (p. 194 et 195) sur les renflements des artères axillaires des Holocéphales, étudiées par Duvernoy, MM. J. Davy, Valentin et Leydig, des imdications qui me dispensent d’entrer dans de nouveaux détails relatifs à ces corps, qu'il semble convenable de considérer, non comme des cœurs accessoires, mais comme des ganglions vasculaires dépendant du système nerveux du grand sympathique. En montrant les origines de l'aorte chez la Chim., M. Costa a figuré l’un de ces prétendus bulbes artériels sur l’artère qui se rend à la nageoire pectorale et représente l’axillaire (pl. V, fig. À, 2).

Les branchies, libres seulement à leur extrémité extérieure, forment cependant des cavités distinctes au nombre de quatre. ouverteschacune dans le pharynx par un orifice particulier; mais elles arrivent à se confondre en une cavité unique, parce que la région qui livre uneissue à l’eau étant largementfendue, n'offre aucun. appui aux lames branchiales. Les Holocéphales tiennent donc bien plus du type des poissons à branchies fixes, que de celui des espèces à branchies libres, le défaut d’adhérence du bord terminal des parois, n’apportant aucune modification essentielle à la disposition si remarquable des organes respiratoires des Elasmobranches. (Voy. p.197.)

L'ouverture extérieure est protégée par un opercule en grande partie membraneux, dans l'épaisseur duquel se trouvent des

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