RESPIRATION. BRANCHIES TRANSITOIRES
sentent des différences suivant les diverses périodes du développement.
La longueur des branchies transitoires diminue en même temps que le fœtus prend de plus grandes dimensions ; mais, en général, elles sont moins développées sur les Squales que sur les Raies. Ainsi, chez une Torpille marbrée décrite et figurée par S. Leuckart (p. 25, pl. IV, fig. 1), mesurant 0.079, elles avaient 0.022, et chez une autre étudiée par M. Cornalha, dont la longueur totale était de 0".055, elles n'avaient pas moins de 0.034, Enfin, elles arrivaient jusqu'à 0.018 et 0.021 chez un très-petit individu, de 0.022 dessiné par M. R. Leuckart (Ueber die allmahlige Bildung der Kürpergestalt bei den Rochen in : Siebold und Külliker Zeitschrift für wissensch. Zool., t. IT. 1850, p. 260, pl. XVI, fig. 1 et 2).
Elles étaient encore fort prolongées chez un Acanthias (S. Leuck., Isis, 1831, p. 1086-88, pl. VIT, fig. 1 et2); chez un Lœæmargus rostratus, de 0%.057, où elles avaient 0".020 (Cornalia, p.14). Elles ne dépassaient pas, au contraire, 0".011 chez un Zigæna tiburo de 0.088 {S. Leuckart, p. 22), ni 0".016 chez un Carcharias (Prionodon lamia) de 0".939 (1d., p. 20); mais leur brièveté était surtout frappante chez une Scie (Pristis antiquorum) longue de 0.200, où elles faisaient une saillie de 0.001 seulement (Gornalia, p. 13).
Ces organes, qui consistent en filaments très-déliés, ont la forme de petits rubans dont l'extrémité libre est arrondie, et qui, par leur autre extrémité, adhèrent aux lamelles branchiales dont ils sont la continuation.
Leur structure démontre bien qu'ils sont de véritables auxiliaires de la fonction de la respiration, car on y trouve une vascularisation manifeste; elle a été bien étudiée par S. Leuckart, par Rathke, par M. J. Davy (Philosoph. Trans., 1834, part. IL, p. 539, note, et Trans. roy. Soc. Edinb. 1861, t. XXII, part. IL, p. 499, 497, 498, pl. XXII, fig. 2, pl. XXIIT, fig. 7), puis par M. Cornalia, qui a joint à ses descriptions des dessins où se voit, le long de chaque bord du filament branchial, le vaisseau qui le parcourt et se réunit à celui du côté opposé au niveau de l'extrémité terminale (pl. [, fig. 3).
Sous le microscope, on distingue nettement les deux vaisseaux ou plutôt les deux branches, l’une descendante et l’autre ascendante de ce vaisseau que sépare, sur la ligne médiane, un intervalle clair; de plus, à l’état frais, on constate dans leur intérieur la présence du sang. Gette régularité parfaite
290 ORGANISATION DES PLAGIOSTOMES.
n’a pas été retrouvée sur les branchies transitoires du Læmargus rostratus, et M. Cornalia (pl. I, fig. 11) a représenté les deux portions du vaisseau enroulées en spire irrégulière.
Dans les filaments plus courts des spiracules, 1l y à vascularisation comme dans ceux des fentes branchiales.
La fonction des branchies libres et flottantes est done de servir à la respiration du fœtus, soit dans l'intérieur des organes maternels, chez les espèces vivipares acotylédones, soit dans l'œuf corné, après la ponte, chez les espèces ovipares.
Il faut, pour qu'il en soit ainsi, qu'une certaine quantité d'oxygène puisse être fournie au sang. Or, il y a quelque analogie entre ce qui se passe chez les poissons cartilagineux et ce qui à lieu chez les oiseaux, où l'enveloppe calcaire de l'œuf laisse arriver l'air jusqu'aux vaisseaux de l’allantoïde. Eneffet, l’eau de mer pénétrant dans l’oviduete des espèces vivipares, vient se mettre en contact avec les enveloppes du liquide dans lequel l'embryon est plongé, et dans l’œuf des espèces ovipares, elle entre par les ouvertures de la coque cornée.
Je dois rappeler ici que M. J. Davy, d’après ses nombreuses observations sur des fœtus de Torpilles, considère les branchies transitoires, ainsi que toute la surface du corps, comme destinées, par suite de l'absorption dont toutes ces parties seraient le siège, à servir à la nutrition, tout en remplissant les mêmes fonctions que les branchies véritables (Obs. on the Torpedo, etc.: Philosoph. Trans., 1834, part. IF, p. 536). Il précise davantage encore le rôle des filaments branchiaux, car il suppose que l'absorption effectuée à leur surface a pour résultat spécial la formation et l'accroissement des appareils électriques, et peut-être aussi des branchies et des glandes muqueuses qui les avoisinent, tandis que l'absorption opérée sur toute la périphérie du jeune animal contribue à l'augmentation de volume des autres parties du corps. Il signale, comme circonstances favorables à sa conjecture, l'apparition des branchies transitoires avant celle des organes électriques, et leur disparition quand ils sont déjà assez développés. Cette double coïncidence décèle, suivant lui, une relation de cause à effet. Enfin, le développement proportionnel des branchies accessoires, plus considérable chez les Torpilles que chezles Squales, est encore une preuve, selon M.J, Davy, de leur rôle supplémentaire,