SÉCRÉTIONS
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rieures et latérales du tronc, va éprouver une première dépuration dans les reins avant d'aller se dépouiller complètément, dans les organes respiratoires, des principes nuisibles à l’eniretien de la vie et dont il s’est chargé pendant qu'il parcourait les différents tissus. Le système de la veine-porte rénale (voy. p. 179) constitue donc un perfectionnement dont on peut trouver la cause, pour les oiseaux, dans l'utilité d’une décarbonisation aussi complète que possible du sang, en raison de leur très-grande énergie vitale, et, pour les trois autres classes de vertébrés, dans l'imperfection relative de la respiration.
Les glandes qui versent leur produit dans le tube digestif, le foie et le pancréas, ont été précédemment étudiées (p. 160- 167), ainsi que les glandes du canal intestinal (p. 152 et 157). En parlant de la fonction de la reproduction, je fais connaître plus loin les organes qui fournissent lespermeet les ovules (1).
Sécrétion urinaire. — Les reins sont toujours au nombre de deux, comme dans les autres animaux vertébrés. Cependant, chez certains Plagiostomes, de même que chez quelques poissons osseux, 1ls se réunissent l’un à l’autre en arrière, où ils forment une masse unique divisée antérieurement en deux portions parfaitement distinctes. Cette disposition est fréquente chez les Squales et plus rare chez les Raïes où le rapprochement des deux organes par leur bord interne pourrait faire croire à une fusion qui est seulement apparente.
La situation des reins est telle qu'ils occupent la région la plus élevée du corps. Ils sont logés de chaque côté, le long de la colonne vertébrale; une lame péritonéale, fortifiée par des fibres tendineuses, qui passe au-dessous de leur face inférieure, les sépare des autres viscères. Pour arriver jusqu’à eux, il faut écarter les organes et les vaisseaux qui les cachent presque complètement à la vue quand on ouvre la cavité abdominale, comme Monro (Struct. and phys. fish, pl. Il) l’a représenté sur une Raie femelle où l'extrémité postérieure du rein droit (14) est seule apparente.
Leur forme générale est, jusqu’à un certain point, enrapport avec celle de l'animal : ils sont un peu plus courts et plus ramassés dans les Raies que dans les Squales, quoique, en
(1) Quant à la rate, aux capsules surrénales et au prétendu corps thyÿroïde, si une sécrétion se fait à leur intérieur, il ne faut pas perdre de vue qu'ils diffèrent beaucoup des véritables glandes, en ce qu'ils manquent de canal excréteur.
raison de la position qu'ils occupent, ils soient toujours plus ou moins allongés. C’est ainsi, par exemple, que Monro les figure chez la Raie (26, pl. I, où la plupart des organes de l'abdomen sont enlevés). Ils sont plus épais et plus larges en arrière qu'en avant, et c'est par suite de cette largeur plus considérable qu'ils passent au-devant de la colonne vertébrale et se rapprochent l'un de l'autre ou même se confondent, comme je viens de le dire. Leur portion antérieure, au contraire, reste étroite et longe la face latérale du rachis. Ils se composent de lobules plus ou moins distincts; M. Jourdain (Rech. sur la veine-porte rénale, 1860) montre (pl. 8) la séparation assez nette en lobules, à la région antérieure, et, de plus, l'aspect cérébriforme que présente en dessous, chez les Raïes, la portion postérieure qui offre comme des circonvolutions et des anfractuosités. Chez les Squales, au contraire, la division en lobules est beaucoup moins mamifeste.
Le volume des reins est généralement assez considérable. Des pesées destinées à fournir des éléments de comparaison ont été faites sans grande utilité (1).
Je citerai cependant celles de M. Jos. Jones; elles lui ont donné les chiffres suivants (Investigat. chem. and phystolog. Americ. vertebrata, p. 125) :
DEUTON SADINA O eRRQR Ce MSS Zygæna MOTOS MP AS Er EE que le poids des reins — RS PUR CONS RSS est compris ) Tygonsabina,léetus)....s 4, 0060) SAR
La structure des reins est celle d'organes essentiellement vasculaires où se trouvent en nombre considérable les canaux sécréteurs qui, au moment de leur émergence, deviennent des conduits simplement excréteurs.
Les vaisseaux au milieu desquels sont plongés ces canaux, qui en sont entourés de toute part, viennent de sources fort différentes. Les uns, et ce sont les artères rénales, émanent des axillaires pour la région antérieure, de l’aorte directement pour la région moyenne, et, pour la postérieure, des branches les
(1) J'ai déjà eu occasion (p. 186) de faire remarquer les difficultés des pesées ayant pour but d'indiquer le poids comparatif du corps entier et de certains organes dont on cherche, par ce moyen, en le combinant avec d’autres, il est vrai, à apprécier l'importance physiologique. Tant decauses d'erreur peuvent faire varier les résultats obtenus, qu'il n’est guère permis d'y attacher une grande importance.
SÉCRÉTIONS. 995 plus, reculées du tronc. Les autres constituent le système de la veine-porte rénale. (Voy. p. 179-181.)
Quant aux conduits sécréteurs de l'urine, ce sont Rat brables canaux d'une extrême finesse. Le microscope montre, à la face interne de ces conduits urinaires, un épithélium à cils vibratiles, qui manque dans l’intérieur de la capsule des glomérules. M. Leydig a vu (Mikrosk. Beitr. Anat..… Roch. und Haie, p. 10) les mouvements se continuer le troisième jour après la mort, et a observé quelques anomalies bizarres dans les mouvements ciliaires. Ainsi, contrairement à ce que cette longue persistance pouvait faire supposer, il a constaté leur absence sur certains points dans des reins dont il venait de détacher des fragments sur des Plagiostomes vivants. D’autres étaient privés de ces petites proéminences mobiles.
Les canaux sécréteurs, pelotonnés sur eux-mêmes, forment, en s’élargissant à leur extrémité libre, des capsules pour les petites touffes de vaisseaux artériels ou corpuscules de Malpighi, nommés maintenant glomérules, que M. Bowman, en complétant les résultats obtenus d'abord par Rathke et par J. Müller (De glandular. secernent. struct. penitiori, hb. X, p. 85 et 86, pl. XII, fig. 1 et 2), a étudiés chez les animaux vertébrés (On the struct. and use Malpigh. bodies of the Kidney in : Philosoph. Transact. roy. Soc. Lond. 1842, part. I, p. 57-80, pl. IV).
De chacun des lobules dont se compose, chez les Raïes, la portion antérieure des reins, sortent deux ou trois canaux urinaires, de volume semblable, qui se réunissent et forment autant de petits troncs qu'il y a de lobules. Tous s'ouvrent dans le canal principal ou wretère, situé au bord interne de l'organe. A la région postérieure, un uretère moins long reçoit également, par des canalicules, le liquide sécrété. Ges deux conduits principaux se jettent dans un élargissement en forme de vessie : il y en a une de chaque côté, l’une et l’autre versent leur contenu dans un court wrèthre unique. Ce dernier, chez les mâles, recoit les vaisseaux déférents et débouche dans le cloaque à sa paroi supérieure, derrière l’orifice du rectum. Les Squales présentent une semblable disposition, comme M. Steenstra Toussaint l'a indiqué (De syst. uropoëtico Sq. glauci in : Tidschrift natuurlijke geschiedenis en physiologie, 1839, t. VIT, p. 204, pl. VIT et Bullet. sc. phys. et natur. en Néerlande, 4839-40, p. 316). Il y a cependant à noter que, chez certains Squales, et M. St. Toussaint l'a montré sur la figure 2 de sa planche VIT pour le Sq. glauque, le réservoir de l'urine n'est
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guère qu'un urèthre élargi, incomplètement divisé en deux portions où viennent déboucher les canaux déférents et dont l'extrémité terminale fait saillie dans le cloaque sous forme de papille. Dans un assez grand nombre d'espèces, il y a, en outre, deux vessies bien distinctes qui laissent écouler le liquide contenu dans leur intérieur, seulement après qu'il y a fait un certain séjour.
L'urine des poissons a été comparée à celle des autres animaux par M. J. Davy (Transact. roy. Soc., Edinburgh, 1856-57, t. XXI, part. IV, p. 543-548. On the urinary secret. fish.). Parmi les espèces soumises à ses recherches, se trouve la Rate batis. Les deux petits renflements en forme de vessies d’un mâle contenaient un liquide presque sans couleur où le microscope lui fit voir de nombreux globules et quelques spermatozoïdes. Evaporé à une basse température, ce liquide laissa un résidu incolore contenant des cristaux très-déliés de chlorure de sodium et où l'alcool et l'acide nitrique indiquèrent la présence de l’albumine et de l’urée, mais sans aucune trace d'acide urique. De cette analyse et de celle qu'il a faite de l'urine de divers Salmonoïdes et Gades, et de différents autres poissons osseux, M. Davy a tiré les conclusions suivantes : 1° l'urine est sécrétée en très-petite quantité, ? elle est habituellement liquide; 3° elle élimine de l’économie, en quantités variables, des produits azotés et particulièrement de l’urée.
Chez les animaux à fonctions très-actives, comme les oiseaux, par exemple, des quantités considérables d'acide carbonique et d’azote sous diverses formes sont expulsées par les poumons et par les reins; mais on ne doit pas être surpris, selon la Juste remarque de M. J. Davy, que chez les poissons, la sécrétion urinaire ne soit pas abondante. Leur appareil branchial élimine de l’acide carbonique en petite quantité ; les reins séparent du sang peu d'azote, et, par conséquent, la presque totalité de cet élément essentiel de la nutrition sert au développement des organes dont il produit le rapide accroissement. On comprend ainsi comment la perte de substance éprouvée par les poissons durant une longue privation d'aliments, est presque insignifiante, car la disparition des matériaux azotés est à peu près nulle.