‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 40 sur 216 · REPRODUCTION. SPERMATOZOÏDES · texte numérisé non relu

REPRODUCTION. SPERMATOZOÏDES

maux, des corpuscules microscopiques qui jouent un rôle important dans la fonction de la reproduction. Le nom de spermatosoides, généralement employé pour les désigner, rappelle leur analogie avec des animalcules, mais éloigne toute idée fausse relativement à leur véritable nature. Ils n’ont pas la même forme que chez les poissons osseux. Au lieu de se présenter sous l'apparence d’une très-petite sphère terminée par un prolongement d’une longueur proportionnelle assez considérable et fort grêle, ils sont comparables à un fil un peu plus gros en avant que dans le reste de son étendue. La partie antérieure ou corps (1) qui est renflée, tout en restant cylindrique, se termine par une portion beaucoup plus longue et plus mince, sorte d'appendice caudal.

Le corps, un peu pointu à ses extrémités, est presque droit chez certaines espèces, le Scyllium canicula, par exemple. Le plus souvent, au contraire, il se contourne en spirale. C’est ainsi que MM. Wagner et R. Leuckart (Todd's Cyclopædia Anat. Phys., t. IV, part. I, art. Semen) l'ont représenté (p. 483, fig. 349, À) 1° sur le Scymnus lichia (Sc. nicæensis, Risso), où il fait deux tours de spire très-allongée , et 2 sur la Torpille œillée (Torpedo narke), où les tours sont au nombre de 4 (Id., fig. 349, B) ; chez plusieurs Raies, ils sont plus nombreux. La forme. en tire-bouchon est également indiquée sur les fig. 14 et 15 de la pl. annexée aux Observat. de Lallemand sur le développ.des xoospermes de la Raïe : (Ann. sc. nat., 1841, 2: série, t. XV, p. 257-262). A la mème époque à peu près, Hallmann (Ueber den Bau des Hodens uud die Entwickelung Saamenthiere Rochen, in : Muller's Arch. anat., 1840, pl. XV, fig. 5) a dessiné des zoospermes de Raies. M. Bruch les à aussi représentés (loc. cit.) pl. IT, fig. 8, où l’on voit, sous forme d’un petit renflement antérieur, un reste du noyau cellulaire qui a produit le spermatozoïde, mais disparaît quand le développement est tout-à-fait achevé.

Quant au prolongement caudal, il est souvent replié à son extrémité libre, en forme de boucle. Aussi, a-t-on pu quelquefois le supposer terminé par une petite vésicule, mais l'absence fréquente de cette disposition ne laisse aucun doute sur la fausse interprétation à laquelle elle a donné lieu.

(1) Il est à peine nécessaire de rappeler que les mots corps et queue ne peuvent plus être pris actuellement dans le même sens qu’à l’époque où lon ‘croyait devoir donner aux spermatozoïdes le nom de zoospermes, c’est-à-dire d’animaleules spermatiques.

9239 ORGANISATION DES PLAGIOSTOMES.

Les dimensions des spermatozoïdes, quoique supérieures à celles qu'on trouve chez les poissons osseux, mais surtout chez les Cyclostomes, sont cependant très-peu considérables : elles varient entre 1/12 et 1/95 de ligne (1).

Le mode de développement de ces petits corps a été étudié chez différentes Raies par M. Hallmann, en 1840 (loc. cit.), puis chez la Torp. oculata (narke, Riss.), par MM. Wagner et Leuckart (loc. cit.), et leurs observations concordent, dans les points essentiels, avec celles de M. Hallmann. Les spermatozoïdes de cette Torpille sont produits par des cellules qu'on peut nommer cellules de développement, ayant en diamètre 1/295 de ligne (0.010). Elles sont contenues en nombre plus ou moins considérable dans des cellules plus grandes, auxquelles convient lé nom de cellules-mères, car ce sont elles qui produisent les cellules de développement. Les cellules-mères sont enfermées dans des vésicules ou ampoules que j'ai déjà signalées (p. 228) et dont M. Hallmann a fait connaître la véritable nature, en démontrant que ce sont les extrémités des tubes séminifères qui prennent cette forme ampullaire pendant le travail de sécrétion des testicules (2).

Les cellules de développement sont le siége dela production des spermatozoïdes et se détruisent dès que ceux-ci apparaissent. Ils semblent alors renflés à leur extrémité antérieure, parce que les débris des noyaux de cellules de développement y adhèrent et ne disparaissent que peu à peu en formant des granulations. Les spermatozoïdes restent isolés quand ils sont peu nombreux. Dans le cas contraire, plus habituel, ils se réunissent en faisceaux dont M. Stannius avait signalé la présence dans les vésicules dès 1838, comme il le rappelle dans une note sur les organes générateurs mâles des Raïes et des Squales (Muller’s Arch. Anat., 1840, p. 41, Ueber die männdichen Geschlechstheile Roch. und Haïen). M. Hallmann (Loc. cit. pl. XV, fig. 4) a montré deux faisceaux, et l’on en voit un provenant de la Torpedo narke (fig. 352), dans l'article de MM. Wagner et Leuckart (loc. cit., p. 484). Ce mode de groupement est également indiqué sur les figures 11 et 13 de la planche 10 (Ann. sc. nat., 2° série, t. XV : Lallemand, loc. cit.).

(1) T1 s’agit ici de la ligne de Paris, qui vaut 2um.256, et 1 millimètre vaut 0,443 de ligne; 1/12 de ligne égale par conséquent 1/12 de 2»m,256 ou Omm,188 et 1/25 Omm.090.

(2) Une courte analyse du Mémoire de M. Hallmann a été donnée par MM. Vogt et Pappenheim (Ann. sc, nat. 4e série, t. XI, p. 341).

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