‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 41 sur 216 · REPRODUCTION. SPERMATOZOÏDES · texte numérisé non relu

REPRODUCTION. SPERMATOZOÏDES

Les spermatozoïdes de chaque faisceau sont tous dirigés dans le même sens, et, comme ils sont plus gros à leur extrémité antérieure qu'à la postérieure, ils semblent plus serrés en avant qu'en arrière. Une ampoule renferme un nombre variable de fascicules, qui y présentent quelquefois une disposition radiée, c’est-à-dire que chacun a son extrémité la plus volumineuse tournée du côté de la circonférence de l'ampoule, et son autre extrémité dirigée vers le centre, comme on peut le voir sur la planche IT, fig. 7 de M. Bruch (loc. cit.), mais mieux encore sur la figure 12, pl. 10 (Lallemand, loc. cit.). Des ampoules, les fascicules passent dans les canaux séminifères; ce n’est pas avant leur arrivée dans le canal déférent qu'ils se dissocient et que les spermatozoïdes deviennent libres et isolés. Cest alors surtout qu'on les voit animés de mouvements d’ondulation excessivement rapides qui ont longtemps fait supposer que ces-petits corps sont des animalcules; tandis que, en réalité, ils ne sont que des produits organiques dont on suit le développement et le perfectionnement, sans qu'on trouve en eux aucun des caractères des animaux.

Ici, comme toujours, les spermatozoïdes sont indispensables pour que le sperme puisse exercer son action fécondante. S'ils manquent ou s'ils ont cessé de se mouvoir, le contact du fluide séminal sur les ovules reste sans effet. Au bout de combien de temps les spermatozoïdes n’exécutent-ils plus de mouvements? On l'ignore. M. Lallemand, il est vrai, dit dans ses Observations 3005p., etc. (loc. cit., p.261), qu’il en a trouvé encore doués de mobilité sur des individus répandant déjà, par suite de la putréfaction, une odeur insupportable. Plus récemment, M: de Martino, de Naples, a retiré de l'épididyme de Raies et de Torpilles mortes depuis deux jours, des gouttes de sperme où les spermatozoïdes étaient presque tous vivants (Obs. sur le développ. spermatoz. Raies et Torp. : Ann. sc. nat., 3° série, î. V, p. 174). Il semble résulter de ces faits que la durée de leur vitalité serait beaucoup plus considérable que chez les poissons d’eau douce sur lesquels M. de Quatrefages a fait une série d'expériences dont il a rendu compte dans les Ann. des se. nat., 3° série, t. XIX, p. 341-369.

Outre les organes générateurs internes dont il vient d’être question, lés Plagiostomes mâles possèdent de remarquables organes copulateurs où appendices externes qu'on trouve également chez les Chimères. Situés à la région interne des ventrales; ils leur sont unis par des muscles dont les faces supérieure

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et inférieure ont pour revêtement, ainsi que les appendices enxmêmes, le tégument des nageoires ; aussi, dans leur portion antérieure, semblent-ils faire partie des ventrales; mais leur portion postérieure est libre au-delà de ces dernières dans une étendue variable, suivant les espèces. Ils commencent immédiatement derrière le dernier cartilage de la nageoire. À cause de cette contiguité établie par une articulation très-mobile, les appendices peuvent être considérés, jusqu'à un certain point, comme des membres accessoires, et Guvier et Duvernoy (Leçons d'Anatomie comparée, 1'° édit., t. V, p. 117 et 2e édit., t. VIIT, p. 305) les ont désignés sous cette dénomination.

Leurs dimensions, toujours considérables, semblent l'être plus encore chez les Raïes que chez les Squales etles Ghimères : sur une Raïe batis, les appendices atteignent presque la moïtié de la longueur de la queue.

Leur forme est celle d’un cône allongé, à sommet pointu, dirigé en arrière. A leur face supérieure, mais un peu en dedans, on voit une fente qui laisse échapper un liquide visqueux. Elle se continue avec un sillon profond, contourné de dedans en dehors, décrivant une portion de spire et bordé par des lèvres cutanées, dont l’externe est généralement plus épaisse que l'autre. On ouvre facilement ce sillon dans la plus grande partie de son étendue, mais au niveau de la réunion de son tiers moyen avec son tiers postérieur, il se rétrécit beaucoup. St, dans cette région, on veut voir son intérieur, il faut écarter violemment les cartilages qui se rapprochent l'un de l’autre et font un peu saïllie en dehors de l'ouverture; celui qui, sur ce point, forme la lèvre externe du sillon, se présente souvent avec la forme d’une lame à bord supérieur libre, convexe, tout-àfait tranchant. Le sillon reprend ensuite sa largeur.

Il reçoit et laisse écouler, comme la fente antérieure, une portion du liquide sécrété par une glande située près de la base de l’appendice, au-dessous de la peau, dans une poche musculeuse, à la face inférieure des nageoires ventrales. Déjà sommairement décrite par Cuvier (Leg. Anat. comp., 1"° édit., it. VIIL, p. 119), elle a été de nouveau étudiée, en 1839, par M. J. Davy (Philosoph. Trans., p. 145). Plus récemment, MM. Vogt et Pappenheim (loc. cit., t. XII, p. 111-113) ont soumis à un examen détaillé cet organe sécréteur, type remarquable de glande en tubes, et qu'ils nomment glande copulatrice, à cause du rôle que le liquide qui en découle doit jouer sans

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