‹ Histoire naturelle des poissons, ou, Ichthyologie générale (volume 2)Chapitre 44 sur 216 · DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT

encore logé dans l’oviducte, puisqu'il mesurait 0".189, avait encore son placenta bien développé et le cordon ombilical très-long, comme on le voit sur la figure 1 de la planche III annexée au mémoire de J. Müller.

Les acotylédones se distinguent des cotylophores en ce que le sac vitellin ne devient pas le siége d’une abondante vascularisation ; par conséquent, il ne se forme ni placenta fœtal, n1 placenta utérin.

De plus, il y a, entre les espèces acotylédones, des différences notables, relativement à la diminution de volume du vitellus, ou même à sa disparition complète au moment de la naissance. Destiné à servir à la nutrition du fœtus, il entre dans le tube digestif au moyen du canal vitello-intestinal dont j'ai parlé plus haut. Dans le point où ce canal se continue avec la région supérieure à la portion valvulaire, un sac vitellin ou vésicule ombilicale interne se produit par une sorte de bourgeonnement de l'intestin (p. 153). Son développementest en raison directe de la diminution du sac vitellin externe, dont ie contenu rentre avec plus ou moins de rapidité dans le sac interne, et, par suite, dans l'intestin, suivant les groupes. Ainsi, dans les Acanthias et les Scymnus, le sac extérieur a tout-à-fait disparu au moment de la naissance; chez d'autres, au contraire, il persiste, quoique très-diminué à la vérité, au-delà du terme de la vie intra-utérine.

Je borne aux détails qui précèdent ce qu'il me semble nécessaire de dire sur l'œuf et sur l'embryon, car ce n’est point ici le lieu de dérouler les phases successives par lesquelles passent les organes depuis leur première apparition jusqu'à leur entier développement. On peut d’ailleurs puiser, pour la connaissance de ce sujet, à d'excellentes sources où se trouvent des renseignements précis et nombreux.

Ainsi, M. J. Davy a étudié avec un grand soin le développement des Torpilles, et les planches XXII-KXIV (Phios. Trans. 1834, part. Il, Observat. on the Torp., etc. p. 531-540) jettent beaucoup de clarté sur l'ordre suivant lequel les phénomènes se succèdent (1). Je rappellerai également les observations de S. Leuckart déjà citées et contenues dans son mémoire Untersuch. aüsser. Kiemen Roch., etc, puis celles de

(4) Il faut encore citer, comme fournissant d'utiles renseignements sur ce sujet, le Mémoire de ce naturaliste, intitulé : Fragment. Notes on the generat. organs, etc. (Trans. roy. Soc. Edinb., 1861, t. XXII, p. 491-505, passim) ,

262 ORGANISATION DES PLAGIOSTOMES.

Rathke, résumées par lui-même dans la PAysiol. de Burdach (trad. fr., t. IE, p. 153-158). Il convient de mentionner, en outre, les observations plus récentes, et, en grande parte, confirmatives des précédentes, mais plus riches encore en détails histologiques, de M. Leydig (Beitr. mikrosk. Anat. und Entwicklungsgesch. Roch. und Haien, p. 99-121). Elles ont porté sur des embryons d'Acanthias longs de 0.027 à 0".189, sur un embryon de Scymnus lichia et sur des fœtus d'Emissoles (Must. vulgaris et M. lævis).

Je ne dois pas omettre de noter, comme condition favorable à l’accomplissement des phénomènes de l’évolution embryonaire, que les femelles ovovivipares ne paraissent pas, en général, se tenir dans les profondeurs durant la gestation, mais restent, au contraire, Là où la chaleur du soleil peut avoir quelque influence sur elles et, par suite, sur les fœtus contenus dans les oviductes, comme elle en exerce, d’une facon plus directe, sur les œufs des Roussettes fixés par leurs filaments dans des lieux convenables ou sur les œufs de Raïes abandonnés à de petites profondeurs, soit près de rochers, de bancs de polypiers ou de madrépores, soit au milieu de plantes marines. C'est à l’époque où elles portent leurs petits que les Raïes cornues où Céphaloptères sont rencontrées étalant leur énorme disque à la surface de l’eau.

Des considérations intéressantes sur ce sujet, où 1l faut faire un peu la part des hypothèses, ont été présentées par M. R. Hill, en 1851 (Contributions nat. hist. Shark in : Ann. and Mag. nat. hist., % série, t. VIT, p. 360-362 et 369-370).

Bosc avait déjà indiqué comme nécessaire l'intervention de la température du milieu ambiant, dans l'article Squale du Nouveau Diction. hist. nat., t. XXI, où il dit (p. 183) : « Les femelles mettent bas leurs petits successivement et à des époques plus ou moins éloignées, selon les espèces, et, sans doute, selon la chaleur de l'eau au milieu de laquelle elles vivent. »

Aussitôt après leur naissance, les jeunes animaux doivent, non-seulement chercher leur nourriture, mais se défendre contre les attaques de leurs ennemis, et ils en sont, en effet, trèscapables. Ainsi, M. J. Davy (Fragment. notes on the generat. org. some cartilag. fish. : Trans. roy.Soc. Edinb.,1861,t. XXII, part. IE, p. 499) a vu neuf fœtus longs de 0".60 environ, qui venaient d'être extraits, pendant une traversée, des cavités utérines d’un grand Requin désigné simplement sous le nom de

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