I. Genre LÉPIDOSIRÈNE. LEPIDOSIREN, Filzinger
Caractères. — Queue pointue, mais non filiforme à son extrémité. P. et V. très-écartées, médiocrement longues, formées pav un rayon simple,' non articulé, sans rayons accessoires dans le repli cutané de leur bord externe; pas de branchies extérieures; yeux très-petits; 5 paires d'arcs branchiaux dont les 3* et 4"* seulement portent des branchies (2) ; 4 fentes branchiales internes très-courtes et qui diminuent graduellement d'étendue à partir de la 1'^; une branchie accessoire antérieure.
Lepidosiren paradoxa, Fitzinger, Isis, 1837, p. 379.
4837. Lepid. parai,, Naticrer, Ann, Wien, Mus., t. II, p. 165-170, pi. X, nommé Caramuru par les habitants de Borba* ^ i840. Id,, Th. Bischoff, pi. I, et trad. fr. Ann. se, nat, ZooL, 2» série, t. XIV, p. H6, pi. 6.— 1845. Id., Hyrll, Abhandl, bôhtn, Gesellsck, Wis- $ensch,y t. V, p. 609. — 1845. Jd., Heckel, Mûll. Ârchiv, 1845, p. 534. — ^1846. ? Minhocâo des Goyannais {Lepidosiren) Aug. Sl.-Hilaire, C. rendus Ac, se, Paris, t. XXUI, p. 1145.
1855. Lepid, parad,, Castelnau, Anim. rares ou nouv. Amer, S., Poiss., p. 104, pi. 50.
1855. Lepid. dissimilis, Id. 7(2., p. 104.
1860. Lepidos, parad, et Lepidos. dissimUis, M*Bonnell, Nat. hist. review, 1860, pi. lY, fig. 1 et 2.
Caractères (3). — Tète contenue 10 à 11 fois dans la lon-
(1) De Uitkf tSoc, écaille et 0sip9|v, sirène, dënomioalion destinée à rappeler les analogies avec les Batraciens de ce nom et le caractère essentiellement distinctif fourni par le revêtement squameux des téguments. On en attribue^ d'ordinaire, l'introduction dans la science à Natterer; mais dans la communication faite par M. Fitzinger aux naturalistes réunis à léna, en sept. 1836, et insérée dans l'Aix, 1837, p. 379, il dit : j'ai nommé cet animal remarquable Lepidoxiren paradoxa. Postérieurement à cette publication qu'il mentionne dans son Mémoire (;4nn. W'ten. i\fus,, 1837, t II, p. 165-170), Natterer, de son côté, s'exprime ainsi : j'ai distingué ce genre sous le nom de Lepidosiren paradoxa,
(2) Yoy. pour le 2« arc, l'observation de H. Hyrtl, p. 448.
(3) D'après un si^et de 0^.85 rapporté d'un lac de l'Ucayale, bassin de
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gueur totale, 4 fois oa un peu au-delà entre le bout du museau et Torigine de la D., et 8 fois 3/4 ou 6 fois dans la distance des P. aux y., qui est comprise 1 fois 2/3 environ dans les dimensions totales; D. commençant un peu en arrière de la fin du deuxième tiers de Tintervalle des P. aux Y. ; 220 à 230 rangées transversales d'écaillés disposées sur 26 à 28 rangs longitudinaux de chaque cdté.
P. d*égale long., 0,070 (un peu au-delà de 1/12 de la long, totale, comme sur la pi. de Natierer, où ranimai entier mesure 0".650, avec des?, de 0".054). Elles sont, par conséquent, beaucoup plus courtes que chez le Protoptère. Il en est de môme pour les V.; Tune a O^^.OCi, et Taulre, par suite de mutilation, 0'".058. Chez Tindividu fig. par Natierer, le rapport entre les P. et les V. est identique à celui que jindique ici.
Coloration. — Sur un fond gris-brun foncé ou olivâtre, des taches rondes, irrégulières, plus claires, presque aussi grandes que les écailles, très-peu apparentes sur la tôte et le milieu du dos. LÀ ligne latérale et les canaux muqueux se détachent par leur teinte plus foncée et même noirâtre.
Taille. — Le plus grand des deux exemplaires vus par Natterer avait 3 pieds 9 lignes (i mètre environ), et Tautre 1 p. 10 po. (0"^.60 environ). L'individu rapporté par M. de Castclnau a0°^.85, et la peau conservée au Mus. est un peu moins longue.
Habitat. — Durant le séjour de 17 années que Natterer a fait au Brésil, il n*a trouvé que les2 Lépid. mentionnés, Tun dans un canal du voisinage de Borba, sur le Rio-Madeira,et le second dans un marais sur la rive gauche de PAmazone, au-dessus de Villanova, dans un endroit que Ton nomme Gararaucu.
L'origine précise de la dépouille en mauvais état que j'ai déjà mentionnée, m'est inconnue. Le spécimen rapporté par M. de Caslelnau faisait partie du produit d'une pèche abondante pratiquée dans un lac de la mission de TUcayale, communiquant avec le fleuve, comme beaucoup d'autres lacs de cette contrée, à la saison des pluies, et dont les eaux avaient été empoisonnées au moyen du Barbasco {!).
Peut-être, ce poisson habite-t-il aussi le lac Feia et celui du Padre
rAmazone, par M. de Castelnau, et type de son f.êpidos. dissimilit. A la un de la description, je donne les motîfà de rassimiîation de ce siget à l^es. pèce plus anciennement connue. Les coUecUons renferment^ en oatre, noe peau en mauvais état.
(1) Une description animée de cette pèche se trouve dans Vlntrodmciiom de M. de Castelnau (p. IT et suiv.). Il y rapporte (p. VIII) les récits qui lui ont été faits sur le Minhocâo « ce géant probablement enfanté par l'imagination des Indiens » et qui sont conHrmatifs de ceux que Aug. de Salni-Hilaire a résumés dans les C. rmuUu Ac. se., 1846, t. XXUl, p. 1145-
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Arandas et le Rio de Piloes dans la province de Goyaz, si ranimai gigantesqae connu dans le pays par des récils évidemment fabuleux, sous le nom de Minkocào, cl qui se tenant au fond des eaux, y entralne, dit-on, les chevaux et les bêles à cornes, est le Lepidosiren (voy. la synonymie).
Le Lepidosirett est tellement rare, dit Natterer {loe. ât,, p. 170), que tous les habilants de Borba vinrent à lui pour voir cet animal, qui, inconnu de presque tous, n'avait jamais été péché par ceux de Cararaucu.
M. Sclater [Proc. %ool. Soe.^ 1866, p. 34) a appelé Fattention sur la grande rareté en Europe de cet animal, dont on ne connaît que 3 exemplaires (4, si Ton peut compter la peau en mauvais état conservée au Muséum).
M. Baies, voyageur anglais, qui, pendant trois ans, a fait de constantes recherches, au Brésil, pour y trouver ce poisson, ne Vy a point rencontré, cl a informé M. Sclater que beaucoup de pêcheurs du pays auxquels il a montré un dessin représentant Tanima!, ont déclaré qu*on le prend occasionnellement dans la vase du fond des grands lacs, lorsque, à l'époque des sécheresses^ on cherche à y harponner le Pirarecu (Sudis gigas). Ils le nomment TambakUMboya. M. Baies dît que le Lepidos. semble être confiné dans les grands lacs voisins des rivières Tapajos et Madeira. .
La distinction établie par M. de Caslelnau entre le Lepid, parad. et le Lepid, dissimilis^ne me parait pas justifiée parla comparaison trèsattentive que j'ai faite du sujet rapporté par lui et de la fig. donnée par Natterer cl reproduite par M. Bischoff. Les dimensions proportionnelles des diverses parties du corps et des membres sont identiques. Les dents intermaxillaires ne sontpoint parallèles entre elles, mais un peu divergentes, et les dents des mâchoires offrent le même aspect. La forme de la tête et les canaux muqueux ne sont pas exactement représentés sur la pi. jointe au texte du voyageur français, car sur Vanimai, je ne trouve aucune différence avec le Lepid. parad. Quant au système de coloration, qui est altéré par le séjour dans Falcool, il est d*une teinte uniforme; mais le centre de chaque écaille est plus clair que son pourtour, on peut donc considérer celle différence de nuances comme constituant les taches indiquées plus haut, d'après Natterer.