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IV. NAGEOIRES

A. Nageoires paires antérieures : pectorales ou pleuropes. — La ceintui*e scapulaire est suspendue au crâne comme chez les poissons osseux. Elle se compose de pièces que Ton pourrait essayer de rapporter aux os qui, d'ordinaire, forment chaque moitié de la ceinture et dont les dénominations varient suivant la comparaison que Ton fait de chacune de ces pièces à celles de répaule des autres animaux vertébrés.

Une semblable assimilation est difficile et, en réalité, sans grande importance chez les Sturioniens à cause de la simplification de cette portion du squelette. II est préférable de

MOraiTi. SQUBLBTTB. 1IA610IRBS. S9

considérer, avec M. Molin (Sullo schel. Acip. ruth.^ loc. cit., p. 374, pi. I, fig. V), la ceinture comme constituée, de chaque côté, par deux cartilages réunis en dessous au niveau de la ligne médiane où Ton voit une pièce ossifiée impaire. Elle est placée entre les cartilages dits claviculaires, et, par là même, eUe a reçu le nom de stemnm, mais à tort, ainsi que M. Stan* nias le fiiit observer {Handb. Zoot,, Fitche, S* éd., p. 91, note 4).

Chaque moiUé de la ceiature est composée de deux pièces intimement réunies, qui semblent en former une seule.

L'interne on la plus grande est en parallélogramme et s'étend en une large expansion concave en avant, interposée, comme une cloison, à la cavité branchiale et à celle du tronc.

La pièce externe unie à la précédente est triangulaire, son sommet est en avant. En arrière et un peu en dedans, elle présente de petites caTÎiés articulaires pour les pièces qui servent de supports aux rayons. M. Molin (loc. cit., pi. I, fig. V) a représenté cette portion de la nageoire.

Extérieurement aux cartilages des pleuropes, se trouvent, de chaque c6té,les trois plaques osseuses cutanées de Tépaule dites plaques scapulaires et qui sont comprises dans la description que je donne plus loin des pièces du squelette cutané.

Le premier rayon, ou le plus extérieur, s'articule directement sur le cartilage externe. Il est le plus volumineux et d'une consistance osseuse; cependant il est strié dans toute sa longueur et résulte de la réunion de plusieurs rayons fins, trèsserrés les uns contre les autres, comme on le voit bien à son extrémité libre.

Les autres rayons des pleuropes, de même que ceux de toutes les nageoires des Esturgeons, sont articulés et consistent en de nombreux segments placés bout à bout, et le plus souvent ramifiés à leur extrémité, tous hérissés de petites épines sur les deux faces et rudes au toucher.

Chaque rayon, comme cela est ordinaire pour les nageoires à rayons articulés, est formé de deux moitiés latérales dont on voit bien la réunion sur la ligne médiane de son bord antérieur, particulièrement chez les grands individus.

B. Nageoires paires postérieures ou catopes. — Toujours placées à la région ventrale, comme chez tous les Ganoldes, ces nageoires sont d'une grande simplicité.

Elles sont suspendues à deux pièces cartilagineuses peu considérables, de forme triangulaire, qui méritent à peine le nom de cein-

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tare pelvienne, en raison de lenr peu de TOlnroey et parce qn^eUes n*ont pas de eonnexion immédiate avec la colonne Tertébrale. Ces cartilages reçolTcnt rextrômité postérienre des supporta des rayons qni, généralement, ne sont pas nombreux.

G. La dorsale ou épiptère et Vanale ou kypaptère sont fixées à Taxe central par de petites tiges coniques interposées anx prolongements épineux des vertèbres auxquels les tiges sont unies par un ligament longitudinal. Sur la base de ces petits cdnes, sont articulés les supports des rayons. Les supporta ont la forme de colonnettes un peu aplaties et élargies à leurs extrémités. Ceux des rayons de la caudale ou uroptère sont directement fixés à la colonne vertébrale sans le secours des pièces intermédiaires qu'on trouve à la dorsale et à Tanale.

La rangée des fulcres des nageoires est toujours unique et médiane. Peut-être, selon la remarque de M. Kner [Vdfér den Flossenbau der FUche in : Sitzungsb. Akad. Wien, t. XLI, p. 818), ne sont-ils que des os cutanés modifiés.

Structure intime du squelette. — Il est formé, de même que celui des Holocéphales, par du cartilage hyalin (t.'I, p. 47).

Le tissu, comme M. Leydig Ta indiqué (AnaL-kist. Vnter^ich. etc., p. 1, § 2), offre des différences suivant Tftge des animaux sur lesquels on Tétudie. On ne trouve pas, en effet, chez les jeunes sujets, dans les canaux dont le cartilage du museau est creusé, une substance blanche, graisseuse, qui se rencontre, au contraire, en abondance, à une époque plus avancée de la vie où les canaux, d'ailleurs, ont pris beaucoup plus de dévelop-^ pement. Les parois de ces cavités ont des vaisseaux capillaires.

Les canaux n'ont pas été vus par Yalenciennes [Kech. sur la struct. du tissu élément, des cartil.^ in : Archives Mus. d'hist. nat., t. V, p. 810, pi. XXII, fig. Y), car il a étudié le cartilage du crftne, et, dès la base du museau, ils commencent à s'effacer et offrent l'apparence de lignes fines. Sur beaucoup de points et particulièrement si le dartilage a peu d'épaisseur, ils manquent; mais nulle part, ils ne sont aussi abondants* et nettement visibles que dans la région rostrale. Yalenciennes n^a représenté que les cellules dont la forme, au reste, est loin d'être constante .

Quant à l'ossification de la couche la plus superficielle de certains cartilages, j'en ai parlé plus haut (p. 24-36) et n'ai point à y revenir ici.

En terminant l'étude du squelette, je dois mentionner, conune fait lié à la structure générale des Estui^i;eons, la légèreté de

MOTOlrt. SJSitMM MUSCDUIU. SI

leur charpente intérieore, non-seulement en raison du poids moindre du tissu cartilagineux comparé au tissu osseux, mais aussi, par suite de Fexistence de cavités plus ou moins grandes dans les diverses parties de, cette charpente. Les pièces qui servent de supports aux rayons des nageoires impaires, les apophyses épineuses et même les câtes sont creuses. Une semblable disposition, comme M. Kner le fait observer [Ueber den Flossenbau dtr Fische, in: Sitzungsb. Ak. Wien,t. XLI, p. 818, note), est aussi importante pour les poissons que Test la vacuité des os chez les oiseaux, et elle est surtout nécessaire pour les espèces à squelette cutané lourd.

Les Esturgeons ne sont pas les seuls poissons où il y ait opposition entre le poids du squelette et celui de Tenveloppe extérieure. Elle se retrouve chez les Lophobranches, les Amphisiles, les Ostracions, etc. Lorsque le tissu osseux, au con* traire, est très-développé, ajoute M. Kner, la pesanteur spécifique est diminuée soit par la porosité et la forme bi-concave des vertèbres, soit par les cavités que présentent les os du crâne, ou bien encore par la présence d^une vessie natatoire.

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