‹ Histoire naturelle des polypes composés d'eau douce, ou des bryozoaires fluviatiles;Chapitre 3 sur 27 · HISTORIE NATURELLE · texte numérisé non relu

HISTORIE NATURELLE

A. Bseck ' a connu déjà plusieurs espèces de Polypes, qu'il divise en Polypes nus et Polypes couverts. Les premiers sont les hydres, dont il a observé lui-même trois espèces distinctes; les autres comprennent les Polypes à polypier, et il admet un Polype à panache fixe, qui pourrait bien être l'alcyonelle, et un Polype à panache mobile, qui est celui de Trembley, ou le lophopode de M. Dumortier.

Ces deux espèces avaient été observées par B. de Jussieu : la première provenait des étangs du jardin royal de Paris, où on la rencontrait sur des feuilles de plantes aquatiques, des morceaux de bois et de pierre. La seconde espèce provenait de la Seine : Baeck dit les avoir vues, à Paris, chez le célèbre botaniste.

Mais ce que cet auteur nous appi'end de plus curieux , c'est qu'on avait déjà observé, dans les hydres aussi bien que dans les autres Polypes, les deux modes de reproduction : par gemmes et par œufs : Einen weissen Vielarm (hydre), dit-il, hat B. de Jussieu mit EierJdumpen gefunden, einen unten aufjeder seite, an einem solchen Orte, dass vermutlich war dass die Zeugung vorgehen honnie, et plus loin il ajoute en parlant des Polypes à panache : Betrachtet man dièse cylindrische Hiilsen im Herbstmonat und Weinmonat , so fi?idet man darinne/i hleine runde Kugeln oder Eyer von brauner Farhe. Si l'on conserve, ajoute-t-il encore, ces œufs pendant l'hiver dans un peu de coton, au printemps suivant on en voit sortir de jeunes Polypes. Dans la planche qui accompagne ce travail, les deux figures du Polype à panache de Trembley sont reproduites.

Rôsel ' a commené la publication de ses Inseclen-Belustigungen en 1746, et ce n'est que dix ans plus tard qu'il a fait connaître ses recherches sur les Polypes. Il a fait de nombreuses observations sur les hydres ; il a étudié les alcyonelles ou plumateiîes, et, le premier, il a connu les Polypes que plus tard on a désignés sous le nom de Cristatelles.

1 A. Boeck, Kurze Nachricht von ff^asserpolypen. Kœnigl. Schw Akad. der FFissensch . Abhand. 17-15. Uberselzt von Kiistner. Hambourg, vol. 8, p. 203, pi. VI.

2 Rosel, Insecten-Belustigungen , h vol. in-l° , et un Se vol de suppl. , par Kleeman (1761). Nuremberg, 17-46 — 61. Traduction hollandaise, vol. in--4°. Haerlem et Amsterdam.

Rôsel s'est éloigné, en plusieurs points, de Trembley et par là de la vérité. En étudiant les plumatelles, il était nécessairement conduit à douter des observations faites par Trembley sur les Lophopus. Le naturaliste de Genève avait eu sous les yeux un polypier transparent, tandis que Rosel étudiait un polypier opaque. Ce qui était clair poulie premier était profondément obscur pour le second, et, jusque dans ces dernières années, on a travaillé comme Rosel, en condamnant les observations qui ne s'accordaient pas avec ce que l'on avait vu dans un animal souvent fort différent. Les doutes et les erreurs de Rose; proviennent de ce qu'il a étudié un polypier non transparent, et qu'il a pris les véritables œufs pour des graines, qu'il supposait former la nourriture de ces Polypes.

Dans ses Vederbos Poli/peu, Rosel compte environ soixante tentacules, disposés en fer à cheval. Le polypier est transparent. Il attribue à tort le mouvement circulaire autour des bras à l'eau qui est expulsée de la bouche. Trembley en avait déjà attribué la cause au mouvement occasionné par les bras.

Les parties que Trembley désigne sous le nom d'œsophage, d'estomac et d'intestin, Rosel les a vues et il les représente même dans sa planche 76; mais il ne peut les prendre pour ces organes, parce que les prétendues graines de lentille (œufs), qu'il croit être leur nourriture , ne se trouvent pas dans l'intérieur du tube digestif.

Ledermuller partage l'opinion de Rosel sur ce dernier point; mais l'abbé Goeze, dans sa traduction de Trembley, la combat et se range de l'avis du naturaliste de Genève. Rosel suppose que les aliments entrent dans l'intérieur du tube polypiaire et qu'ils se dirigent dans tous les sens. A ceci il ajoute que les Polypes à panache ne se nourrissent pas d'insectes , que ceux-ci sont plutôt des ennemis qu'ils craignent, puisqu'il a vu les Polypes se retirer dans leur tube chaque fois qu'un de ces animaux venait à le toucher. Rôsel a vu les excréments et il a même représenté un individu au moment de les rendre (pi. 75) ; mais il est tellement préoccupé de ses graines de lentille qu'il ne peut pas se ranger de l'avis de Trembley.

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