‹ Histoire naturelle des polypes composés d'eau douce, ou des bryozoaires fluviatiles;Chapitre 5 sur 27 · I. GENRE PALUD1CELLA. GERVAIS · texte numérisé non relu

I. GENRE PALUD1CELLA. GERVAIS

Le polype qui forme le genre qui nous occupe avait échappé jusque dans ces dernières années aux recherches des naturalistes. Il a été trouvé dans les environs de Berlin, de Paris, de Bruxelles et de Louvain, ce qui nous fait supposer qu'il est répandu dans une grande partie de l'Europe, et qu'on ne tardera pas de le signaler dans plusieurs nouvelles localités.

M. Ehrenberg paraît être le premier qui ait connu l'animal dont nous nous occupons ; il le désigne sous le nom (ÏAlcijonclla articulata. Le savant zoologiste allemand l'a découvert dans les environs de Berlin, et en a fait

mention dans ses Symbolae pltysicae '. Il est étonnant que M. Ehrenberg ait fait une alcyonelle de ce polype, puisqu'il diffère sous tous les rapports de ce genre : il n'a de commun avec les alcyonelles que de vivre dans l'eau douce.

Quelques années après, en 1856, M. Paul Gervais découvrit le polype de M. Ehrenberg dans l'étang du Plessis-Piquet, près de Paris, parmi des alcyonelles. Ce savant reconnut, d'après les caractères extérieurs, que l'alcyonelle articulée devait former le type d'un nouveau genre, auquel il donna le nom de Paludicelle -.

M. Wiegmann fait aussi mention de ce polype 3, et M. Nordmann i cite YAlctjonella diaphana à propos de la circulation qu'il y a observée et qu'il compare à celle du chara. Nous verrons à la fin de ce travail que l'espèce de Nordmann est probablement la même que YAlcyonclla arûculata d'Ehrenberg.

Par ses caractères, et surtout par l'articulation de ses rameaux qui fait que chaque polype présente une loge distincte, le polypier qui nous occupe forme un genre totalement distinct des autres polypiers d'eau douce. Nous admettons pour lui le genre Paludicelle formé par M. Gervais; mais nous ne pouvons accueillir pour désignation spécifique le nom d'articulé, puisque ce nom se rapporte au caractère générique de l'animal et qu'il doit être commun à tout le genre. Nous avons donc cru devoir le désigner sous une autre dénomination, et nous l'avons dédié, sous le nom de Paludicella Elirenbergii , à M. Ehrenberg qui l'a décrit le premier.

Nous exposerons d'abord les caractères du genre Paludicelle et les rapports qu'il présente avec les genres voisins. Nous donnerons ensuite l'anatomie physiologique, et nous terminerons la description de ce genre par le développement du bourgeon.

1 Ehrenberg, Symbolae physicae, everlebratae , dee. I Pol., fol. a.

4 Comptes-rendus , 1856, 2e série, et Annales fr. et élr. d'anat. Paris, 1839; Ann. se. nul.. 2e série, vol. VII.

s Wiegmann, Handbuch der Zoologie. Berlin, 1832, pag. 598. * Nordmann, Mikr. Beitrâge. Berlin, 1852, vol. H, pag. 75.

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