‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 10 sur 59 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

substitution progressive à la réalité. Le fétichiste en face de son grigri, qui est le plus souvent une pierre, un morceau de bois, un coquillage, un animal, peut bien lui supposer un esprit ou plutôt un spectre, dont la forme est précisément celle sous laquelle il le voit dans ses rêves, mais le subjectivisme croissant de rhumanité progressive finit par ne plus se contenter de cet animisme indécis. Peu à peu il détache les phénomènes naturels de leur forme visible, et leur en impose une autre, qui se trouve être celle deThomme lui-même. Les esprits du monde terrestre, météorologique et sidéral deviennent autant d'êtres revêtus de la forme humaine, animés des mêmes passions, des mêmes volontés, soumis aux mêmes besoins que l'homme, et ne différant de lui que par le privilège d'une puissance plus considérable. / C'est le règne de l'anthropomorphisme. Il ne se \ produit dans l'histoire que là où le fétichisme proj prement dit cesse de dominer, puisqu'il est précisément l'indice de la substitution prochaine du polythéisme au fétichisme.

Il ne faut pas oublier du reste que le fétichisme comprend aussi bien la terre, le ciel, les astres que tous les autres objets ; mais le fétichisme réside essentiellement dans la forme de la conception. La terre, le nuage, le soleil, la lune, le ciel, etc., représentent des conceptions fétichiques, tant que la puissance qui leur est attribuée est conçue comme appartenant à la terre, au nuage, au soleil, à la

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