XVI INTRODUCTION
la tribu offrent des sacrifices suivant un rituel déterminé, mais assez simple d'abord. Peu à peu s'ajoutent des complications, à mesure que l'observation de l'homme s'exerce sur les détails des phénomènes qui ont donné naissance au culte. Ces complications éliminent progressivement les pères de famille, et les soins du culte passent aux mains d'une catégorie spéciale d'hommes, qui fait des rites une étude particulière, et par suite attache à leur observation une importance croissante.
Cette catégorie d'hommes, ce sont les prêtres.
Après être restés longtemps au service des pères de
famille et des chefs de tribu, qui se déchargeaient
" sur eux des soins du culte, moyennant une rede-
! vance, les prêtres ont presque partout réclamé, non
pas seulement l'indépendance, mais la souveraineté.
C'était fatal. Intermédiaires entre les hommes et les
' dieux, dépositaires des secrètes formules qui seules
pouvaient désarmer les colères divines, ils avaient
pour complices l'ignorance générale, la crainte et
l'espérance. Dans l'Inde, dans l'Egypte, partout où
, ils ont trouvé une population disposée à se scinder
* en castes, la première caste a été celle des prêtres,
et ils ont usé du pouvoir que leur donnaient leurs
prières pour organiser la société civile à leur profit.
Mais cela ne leur a pas suffi. Après avoir imposé
à la terre la constitution qui s'accordait le mieux
avec les intérêts permanents de leur caste, ils ont
étendu leur constitution, c'est-à-dire leur aouverai-