INTRODUCTION XIX
chaque jour et complète ce caractère d'absurdité qui est son essence même K
De cette religion du sacrifice sont nés une foule de mythes et de divinités qui par certains côtés se confondent avec les dieux antérieurs et par d'autres s'en séparent. Le résultat a été de jeter dans l'histoire des religions et dans leurs développements une multitude de complications et d'obscurités, souvent impossibles à débrouiller. Les difficultés sont d'autant plus graves, que non seulement les prêtres ont créé des divinités qui font double emploi avec les précédentes, mais que, le plus souvent qu'ils ont pu, ils se sont efforcés d'accaparer ces divinités antérieures en les marquant de leur estampille parculière. C'est surtout les mythes qui se sont ainsi trouvés mélangés et transformés.
Nous avons de ces mélanges et de ces confusions des exemples bien frappants dans les légendes des saints du christianisme, dont un grand nombre ont
^ Prenons pour exemples les mystères du catholicisme. Sans parler de l'absurdité qu'il y a à exiger d^un être raisonnable une croyance absolue à des affirmations iodémontrables et inintelligibles, nous ferons remarquer que le premier de ces mystères, la Trinité^ l'unité en trois personnes est chose parfaitement claire dans le culte védique par exemple, où il a pris naissance. Le feu du sacrifice, Agni, qui brûle sur le foyer sacré est fils du feu atmosphérique qui gronde dans la nuée orageuse et du feu céleste qui éclaire le monde sous la figure du soleil. Chaque malin ce fils de Thomme s'incarne dans le sein d'une vierge, — l'aurore dans l'ancien culte naturaliste ; — l'Arani dans le culte sacerdotal, — par l'opération du Saint-Esprit, de Vayou, le vent, le souffle qui allume l'éliu^elle déposée sur la mousse desséchée. Quant au mystère de la Rédemption, rien de plus simple dans un culte où.Âgni, le feu du sacrifice, s'immole chaque matin pour sauver Thumanité de la nuit éternelle et de la mort qui se confond avec elle.