‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 31 sur 59 · OU CULTE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

OU CULTE DE LA TERRE

C'est le culte de la fécondité. Tous les peuples qui ont adoré le terre, l'ont adorée comme mère*. Il n'y a guère de race où Ton ne retrouve plus ou moins cette idée. Mais elle semble avoir été surtout dominante chez les populations qu'on a désignées sous la dénomination assez vague de touraniennes, et qui ont occupé en Asie, antérieure-

^ Je ne puis faire ici de ce culte qu'une exposition sommaire. Voir pour plus de développement les deux volumes do M. Jules Baissac, Us Origines de la religion, — Chez Decaux.

ment aux invasions aryennes, la zone comprise entre le 20® et le 40' degré de latitude nord. Cependant elle n'a pris son entier développement que quand des Touraniens se sont établis dans les grandes plaines arrosées par le Tigre et rEuphrate,dans cette Mésopotamie dont la fécondité merveilleuse devait le plus naturellement justifier le culte de la terre.

Quant à l'origine de ce culte l'élude même des formes par lesquelles il a passé nous prouve qu'elle remonte à une antiquité singulièrement reculée. Nous voyons en effet qu'il a traversé quatre périodes, qu'il est facile de distinguer 'à travers les confusions que produisent dans la suite ses croisements, mélanges et superpositions des conceptions successives.

Dans la première période la terre est une vierge mère, idée étrange, qui persiste à l'état de mystère dans un grand nombre des religions postérieures, mais qui s'explique sans peine, si l'on se reporte au temps où elle a fait son apparition.

On sait en effet qu'aux premiers âges du monde l'animal grossier et égoïste, dont la culture fera un homme, vit isolé dans les forêts, uniquement préoccupé de sa nourriture, chassant les animaux qu'il tue à coups de bâton ou de pierres et couchant dans les grottes ou dans les troncs creux des arbres. Quand vient l'époque du rut, Il s'accouple- au hasard avec les femelles qu'il rencontre, sans s'inquiéter ni même se douter des conséquences de ces accouplements.

Cette ignorance des suites d'un acte naturel peut étonner à première vue, parce qu'on ne la retrouve nulle part, même chez les races les plus arriérées*. Mais elle s'ex-

< Le matriarcat, qui paraît avoir dominé à l'origine dans la constitu-

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