‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 38 sur 59 · LA RELIGION DES ARYAS D'APRÈS LE RIG-VÉDA · texte numérisé non relu

LA RELIGION DES ARYAS D'APRÈS LE RIG-VÉDA

tante de la conception primitive et qui ne peuvent s'expliquer que par elle;

Le rôle de la femelle mythique e$t, dans le Rig-Véda, beaucoup plus considérable qu'il ne le serait dans une religion de pur polythéisme céleste, si la conception de la mère n'avait pas été dominante à l'origine. Cette idée de la vierge-mère primitive persiste, même alors que l'on est arrivé à faire de la terre et du ciel un couple et elle entraîne dans le langage une anomalie étrange qu'on a cherché à expliquer de mille manières, mais dont l'explication est uniquement dans les habitudes imprimées au langage par la croyance antérieure. Tantôt le ciel luimême devient une femelle, une mère ; tantôt il est considéré comme hermaprodite.

On saitque pour désigner un couple le Rig-Veda se borne à exprimer les deux objets ou les deux êtres réunis par le nom de l'un des deux mis au duel.

Le ciel Byaus sous la forme du duel dyàvâ^ est désigné comme « les deux mères », les deux génératrices aussi bien que les deux pr^res du monde. On peut expliquer par la même raison ce fait singulier que les épithètes du ciel et de la terre sont fréquemment au féminin. Le ciel et la terre sont comparés à deux femmes (X, 93, 1). Ils reçoivent le nom de sœurs (I, 18o, 5 ; III, 54, 7); celui de jumelles (X, 13, 2), celui de vaches (IV, 25, 19). Ce qui n'empêche pas que le ciel est le plus souvent considéré comme le premier des mâles. C'est précisément cette contradiction étrange qui est pour moi la preuve de l'existence antérieure de la vierge mère chez les Aryas.

Lesanomaliesde cette nature ne peuventse produire spontanément. Toutes les fois qu'on en rencontre de semblables, on peut être sûr qu'il y a là une cause à chercher.

Nous trouvons quelque chose d'analogue, bien que moins démonstratif, dans Taltribution du genre féminin au ciel nuageux et à Téclair. Le ciel nuageux, Parjanya, est un mâle dans la conception propre du Véda, de même que Téclaîr. Ils ne peuvent être conçus comme femelles, que comme « enfantant » la pluie, et à une époque où toute production était considérée comme Tattribut exclusif de la femelle. Parjanya,le mâle, le père, est formellement assimilé à une femelle dans l'hymne Vil, 101, et cette assimi* lation est d'autant plus bizarre qu'elle se rencontre précisément dans un hymne où il est non moins formellement distingué de la femelle et de la mère, la terre. Le même fait se reproduit à propos du père d'Agni. L'hermaphroditisme est du reste fréquent dans le Véda. M. Bergaigne, dans son admirable travail sur la Religion védique, t. II, p. 99, en cite plusieurs exemples. C'est la notion du père vierge s'opposant à celle des vierges mères. Le père d'Agni est vierge comme ses mères sontvierges.il est mâle et femelle comme Test en général le père dans le Rig- Véda *.

Ilest regrettable que M, Bergaigne, qui a porté dans l'étude du Rig-Véda un soin si attentif et si perspicace, n'ait pas songé à ce point de vue de la mère primitive, antérieure à la conception du mâle. Je suis convaincu qu'il aurait trouvé de celte conception antique et oubliée des Richis, des traces nombreuses et indiscutables.

Quant à nous, nous n'avons aucun doute sur son existence. L'analogie psychologique nous suffirait pour l'affirmer, indépendamment des traits plus ou moins démonstratifs que nous en retrouvons dans la forme même des

^ Bergaigne, Rdig, védique^ t. III, p. 85.

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conceptions ultérieures. L'étude de l'anthropologie psy-, chique nous révèle bien des différences dans la rapidité avec laquelle les races diverses ont parcouru et traversé les phases successives de leur évolution mentale, mais s'il y a un fait qui ressorte de cette étude avec une évidence indiscutable, c'est, celui de l'identité primitive des points de départ. Il fut un temps où les ancêtres de la race aryenne ont été au-dessous du niveau où se trouvent aujourd'hui les Australiens, les Weddahs, les Pécherais, nul ne peut le contester. Comment d'ailleurs comprendre que le fétichisme des premiers âges ait passé directement des pierres et des arbres au ciel et aux astres, sans s'être un moment arrêté à la terre, dont la puissance vitale se manifestait incessamment aux yeux des hommes par des résultats dont les causes astronomiques et atmosphériques n'ont dû leur devenir intelligibles qu'à la suite d'une longue série d'observations difficiles et compliquées ? N'est-il pas vrai que le fait même de Ja fécondité de la terre * a dû les frapper tout d'ai)ord et éveiller leur adoration avant qu'ils fussent devenus assez savants pour en chercher la cause dans les mouvements des astres et dans les phénomènes atmosphériques?

Nous n'insisterons pas plus longtemps sur ce point, que nous considérons comme certain et dont nous trouvons une nouvelle démonstration dans le nom même que porte dans la religion védique la première génération des dieux, les Adityas, fils d'Aditi. Cette mère des dieux du Rig-Véda est exactement la même que nous retrouvons avec des at-

i L'idée de la fécondité est si bien celle qui domine dans la conception d'Adili, que. plus tard, quand on sera remonté du fait à la cause, Âdili sera non plus la terre, muis la (iaudhurvi, la femme des eaux^ la nuée, la mère des HoudraSi les vents d'orage.

tributions identiques dans les religions des autres branches de la dynastie aryenne, la magna deûm mater , que les Grecs et les Romains adoraient sous les noms de Dèmèter, de Gœa, de Cybèle, de Gérés, de Rhéa, epa la terre ^

§11. — Deuxième période

CONCEPTION UNITAIRE. — LES ADITYAS. — LES DIEUX PERES ET SOUVERAINS. — VAROUNA ET MITRA. — SAVITRl ET TVASHTRÏ. — ROUORA ET PARJANYA.

Les Adityas, fils d'Aditi, sont le plus souvent au nombre de trois dans le Rig-Véda : Varouna, Mitra, Aryaman. Mais cette triade est loin de représenter une conception primitive. Lorsqu'il fut constaté que l'intervention du mâle dans la génération était nécessaire, sa fonction devint rapidement prépondérante.

A la période primordiale de la vierge mère succéda la conception du couple générateur, la terre et le ciel ; et dans cette conception le rôle de la terre fut secondaire. On peut affirmer, en étudiant la mythologie grecque, que cette substitution du mâle à la femelle ne se fît pas sans luttes longues et répétées. La guerre des Titans, fils de Gœa, contre les dieux du ciel, est certainement un écho des résistances que rencontra la prétention des Célestes à la prééminence, et il est infiniment probable que cette

* Les Germains, nous dit Tacite, adoraient la terre mère sous le nom de Hertka; les leUres l'appelaient iWa/l^?, Mahininn, qui veut dire également mère. On retrouve la même concepliou chez d'autres races qui n'ont aucun rapport avec les Aryas, comme nous l'avons vu précédemment. L'aioration do 'a terre mère existaii chez les Finnois, les Magyars, les Osliaks du Yenisei, les Chinois. Dans rAmériqui du nord leâ Shawnies invoquent la terre sous le nom de la Grande aïeule^ les Gomanches, sous le nom de la Mère commune.

lutte précéda Tépoque où la branche qui devait constituer ^a race grecque se sépara du tronc primitif.

En tout cas nous devons reconnaître que le souvenir n'en est pas resté bien nettement accusé dans le Rig-Véda. De plus il ne faut pas oublier que c'est surtout dans les | religions que les transitions sont lentes, obscures et mé- I langées. C'est le propre caractère de l'esprit religieux de ne jamais avouer de changement. Il trouve toujours moyen de masquer les transformations les plus indiscutables et '"^ d'inventer des raisons pour conserver après toutes les révolutions des débris des croyances antérieures. C'est précisément ce qui rend si obscure et si difficile à éclaircir l'histoire des religions.

A la conception de la vierge mère, Aditi, ou de quelqu'autre nom qu'on ait primitivement désigné la terre, succéda la périod'3 où la prédominance appartint au ciel, à Varouna, Y Enveloppant ^ , Varouna, le dieu suprême, le père souverain, absorba la conception antérieure au point d'absorber en lui-même la terre. Il fut à la fois mâle et femelle et réunit à lui seul toutes les puissances.

Cet unitarisme indécis et flottant, mais réel n'a pas lieu de nous surprendre. Il ne faisait que continuer la conception antérieure en transportant au personnage du père la notion à laquelle les hommes étaient dès longtemps accoutumés par la croyance à l'unité de la vierge mère. C'est ce qu'on appelle la conception unitaire du monde, opposée au dualisme qui atteignit dans la religion védique son complet développement par la création du personnage d'Indra.

Celte conception unitaire entraînait un certain nombre

ï De vri couvrir, envelopper.

de cfonséquences considérables, dont la principale fut que le monarque de l'univers étant unique, c'était lui seul que les hommes pouvaient remercier de leurs bonheurs et accuser de leurs misères. Le dieu souverain se présen- ! tait donc sous deux faces distinctes, on peut même dire opposées, comme ami et comme ennemi. Elle représente \ dans Thumanité une période de terreur, où Thomme se \ sent entre les mains d'une puissance fantasque qui, tantôt le comble de ses bienfaits, tantôt le poursuit de ses colères. Ce gouvernement est celui du bon plaisir; c'est le despotisme dans ce qu'il a de plus brutal et de plus inattendu. Il est clair qu'une croyance de cette nature ne pouvait avoir de durée qu'à une époque où les idées de droit et de justice n'avaient pas encore pénétré les durs cerveaux de nos ancêtres. Mais ce n'est pas une raison pour qu'elle n'ait pas persisté pendant de longs siècles. Nous voyons bien encore aujourd'hui, presque à côté de nous, des hommes de la même race que nous, des nations civilisées livrer leur destinées à des despotes, célestes et terrestres, que leur sottise élève au dessus de toutes les lois.

Cependant la contradiction de ces deux parties du rôle d'une même divinité finit par susciter la réflexion. Les adorateurs de Varouna trouvèrent quelque difficulté à garder les mêmes sentiments pour le dieu sévère et cruel de la nuit et de l'hiver et pour le père bienveillant dont la bonté se manifestait par le retour régulier de la lumière et de la chaleur. Gela ne veut pas dire qu'ils adjoignirent tout d'abord à Varouna un dieu nouveau. L'habitude de l'unité était trop enracinée dans leurs esprits pour qu'ils pussent imaginer tout d'abord deux divinités complètement séparées. Us se contentèrent de considérer leur divinité sous ses deux aspects contraires ; au ciel nocturne

et hibernal ils laissèrent le nom de Varouna. L'autre face reçut celui de Mitra, Tami. Aussi dans les hymnes Mitra et Varouna sont-ils presque inséparables.

Ce dédoublement du personnage du dieu souverain ou du père nous fait assister à la naissance de l'idée d'où sortira plus tard le dualisme : il introduit dans la conception unitaire un sentiment nouveau, celui de l'amour, qui la fera éclater un jour ou Fautre. C'est cette transformation lente que nous allons suivre maintenant.

Il semble que l'introduction du personnage idéal de Mitra dans la religion aurait dû avoir pour conséquence de rattacher à cet aspect nouveau du dieu toutes ses fonctions utiles et bienfaisantes pour l'humanité, et par là même d'aggraver progressivement l'odieux du personnage de Varouna. Dans ces conditions le dualisme se serait produit sans autre complication, en faisant de Mitra et de Varouna deux divinités réellement distinctes et contraires. Mais nous ne devons pas perdre de vue que cette distinction n'existe pas et que Mitra et Varouna représentent deux conceptions, mais non pas deux personnnages différents.

D'ailleurs la grave et majestueuse figure du grand dieu Varouna se prêtait difficilement à un rôle purement démoniaque et malfaisant. Les hommes étaient trop habitués à vénérer cette divinité suprême pour la reléguer définitivement dans les régions obscures habitées par les seuls ennemis de l'humanité. Un nouveau dédoublement sauve Varouna des conséquences du dualisme naissant. La racine même du mot qui avait servi à former le nom de Varouna fournit plus tard une nouvelle dénomination pour un autre personnage, purement démoniaque celui-là, et qui assuma sur lui-même l'odieux du rôle de Varouna. Ce per-

sonnage fut Vritra, de Vri, envelopper. Dès lors ce fut lui qui enveloppa le monde d'obscurité, ce fut lui qui refusa aux hommes la lumière, la chaleur, la pluie. La fonction de Varouna se trouva allégée d'autant. On pourraitméme croire qu'elle dut êtrecomplètement supprimée, puisque dans cette suite de dédoublements Mitra prend les fonctions bienfaisantes et Vritra les fonctions opposées. Mais il ne faut pas oublier que les modifications de cette nature ne parviennent dans les religions que très lentement à leur aboutissement final. De plus la psychologie de l'humanité nous offre une série de modifications qui explique très nettement la suite des transformations que nous remarquons dans le personnage de Varouna.

Tant que l'homme n'est pas arrivé à la notion du droit, il trouve tout simples les abus de la force. Geux-mémes qui en sont victimes subissent sans révolte les mauvais traitements, et il leur faut déjà un certain développement pour s'en irriter. L'idée de la résistance et de la vengeance ne leur vient que s'ils n'ont pas de raisons déconsidérer leur persécuteur comme vraiment plus puissant qu'eux-mêmes. C'est l'adoration de la force que l'on voit persister si étrangement jusqu'en notre temps à l'égard des rois et des empereurs. A plus forte raison à l'égard d'un dieu.

Varouna, le dieu souverain, a beau cacher aux hommes le soleil, leur supprimer la pluie, les condamner sans raison à la famine, au froid, quand il suffirait d'un acte de sa volonté pourassurer à l'humanité un bonheur sans fin, les marques de malveillance qu'il leur prodigue ne les empêchent pas de saluer et d'adorer en lui le Père suprême. Et qui pourrait s'en étonner quand on voit aujourd'hui les foules idiotes célébrer à l'envi la bonté du

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dieu tout-puissant qui soulève les tempêtes, qui vingt fois par siècle de'truit par la sécheresse, par Thumidité, par la gelée le résultat des travaux des nations les plus pieuses aussi bien que des populations révoltées? El cependant parmi tous ces gens qui se courbent passivement sous la verge divine, il y en a soixante sur cent qui sont convaincus que rien n'arrive que par la volonté de Dieu, et que par conséquent c'est lui, lui seul, qui frappe indistinctement les bons et les méchants, sans autre raison que son caprice et sa fantaisie.

Les rigueurs de Varouna ne portent donc aucune atteinte au respect religieux qu'on professe pour sa majesté terrible.

Quand après une longue suite de siècles la séparation s'accomplit entre Varouna et Mitra, quand ces deux noms de'signent non plus deux aspects de la môme conception, mais deux personnes bien distinctes, l'idée de droit et de justice commence à se faire jour dans l'esprit des hommes. Le sévère Varouna ne se transforme pas pour cela en un pur démon, en un dieu méchant. Ce rôle est conféré à Vritra. Varouna, lui, devient le dieu du châtiment mérité, le gardien de la justice. S'il fait souffrir les hommes, ce n'est pas pour satisfaire un sentiment de haine contre la race humaine, non, c'est pour punir ses crimes. Lesquels? Peu importe. Les décrets de la divinité des Aryas ne sont pas moins impénétrables que ceux du dieu des chrétiens. Il suffit, pour qu'il garde son rang au sommet du panthéon védique, qu'il soit la personnification du droit, de la morale humaine aussi bien que religieuse.

Nous voici ai rivés à la première forme du dualisme. Les Aryas n'en ont peut-être pas encore une conscience bien

nette. D'autres faits serviront à dégager complètement la conception nouvelle.

Au-dessous de Varouna et de Mitra, qui représentent les dieux du ciel, nous trouvons Tvashtri et Savitri, personnifications du dieu solaire. Ils sont nés également d'un dédoublement analogue à celui de Varouna et de Mitra, et comme eux appartiennent à la conception unitaire: ce sont des dieux pères.

Savitri est primitivement hermaphrodite, ce qui marque précisément son antiquité, par le rapprochement d'idée avec Ja vierge mère. Savîtri vieni de Sa, enfanter. C'est une des formes primitives de la divinité qui dirige le cours du soleil. C'est lui qui le fait paraître le matin et disparaître le soir, et par là règle Tordre entier du monde qu'il « fait entrer et sortir de jour en jour ». Malgré cette double action, Savitri est considéré toujours comme une divinité bienfaisante. L'aspect malfaisant ou Hu moins équivoque de la conception d'où il dérive est personnifié par Tvashtri, qui rempht la môme fonction de a modeler les formes des hommes, des animaux, de tous les êtres, et du ciel et de la terre eux-mêmes » par l'apparition de la lumière, mais qui n'a pas pour les hommes une bienveillance aussi constante que Savitri.

Au-dessous du ciel et du soleil se produit le personnage du dieu de l'atmosphère, partagé lui-même en deux personnifications qui représentent plus ou moins nettement les deux aspects contraires de cette nouvelle conception. D'un côté Roudra, le père farouche qui « porte dans ses bras la foudre », « le sanglier du ciel », « la bête terrible », « lé tueur d'hommes », mais en même temps « le père du monde », a le plus médecin des médecins ». Il

frappe et guérit, et sa main, comme la lance d'Achille, remédie aux maux qu'elle a causés.

'L'autre aspect de Roudra est Thermaphrodite Parjanya « qui fouette les nuages pluvieux comme un cocher ses chevaux ». « ce qui fait pleuvoir la nuée au bruit des rugissements du lion ». En lui est « Tâme mobile et immobile du monde » ; il commande au monde entier, qu'il abreuve des eaux fécondes.

Mais bien que moins terrible que Roudra, Parjanya n'est jamais un dieu exclusivement bon comme Mitra et Savitri. Il reste redoutable à ceux mêmes qu'il protège, et ce caractère s'explique par le phénomène dont il est la personnification Le dieu de l'atmosphère orageuse, dont la puissance se manifeste par l'éclair et le tonnerre garde nécessairement quelque chose de l'épouvante qui accompagne ses manifestations.

Il est probable que ces troi^ couples divins, bien qu'appartenant à la même conception générale, ne se sont for mes que dans des périodes successives. On peut être sûr en tout cas qu'ils ne sont parvenus à leur expression complète qu'à la suite d'une lente et longue élaboration des idées d'où ils dérivaient. Ils représentent la première série des dieux nés de l'adjonction de l'idée de père à la vierge mère primitive. C'est la première dynastie des dieux mâles, adorés comme pères souverains. Ils comprennent le ciel, le soleil, le nuage, ou plutôt les dieux da ciel, du soleil et de l'orage, considérés successivement sous leurs deux aspects malveillant et bienveillant. Nous allons voir maintenant comment est née la seconde dynastie céleste.

§ III. — Troisième période

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