‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 40 sur 59 · LKS DIEUX INTERCESSEURS, FUIS DE L'HOMME · texte numérisé non relu

LKS DIEUX INTERCESSEURS, FUIS DE L'HOMME

roffrande par excellence, mais il est surtout le prêtre souverain. Il possède toute sagesse et toute science ; il est le maître de rinspiration, le cocher de l'intelligence, le directeur de l'esprit, le gardien de la prière, le sage du ciel, le Rishi divin, le plus éloquent des poètes, le chantre sacré, le messager des dieux, l'intermédiaire entre la terre et le ciel. C'est lui qui au commencement des temps a invente le sacrifice et qui l'a appris aux fils de Manou ; mais son antiquité ne l'empêche pas d'être toujours jeune, grâce à une série de renaissances quotidiennes.

Soma, dans le sacrifice du matin, crée le monde par la lumière ; il étaye le ciel et le sépare de la terre ; il fait briller les deux mondes ; il conquiert la lumière, il la fait resplendir, il la donne aux hommes, il chasse, il brûle l'obscurité, il fait briller les aurores, moins brillantes que lui-même. Il sauve le monde des puissances ténébreuses tantôt par les forces qu'il communique à Indra, tantôt en montant lui-même au ciel pour mettre en mouvement le soleil ; mais souvent il est représenté comme étant luimôme le soleil ou le dieu du soleil, et c'est lui qui directement éclaire les trois mondes.

Voilà le point de départ. Le rôle du Soma dans le sacrifice terrestre l'élève peu à peu au rang des dieux célestes ; car si parfois les Dévas descendent du ciel sur la terré pour assister au sacrifice et pour goûter la liqueur fortifiante,! le plus souvent c'est Soma lui-même qui s'élance de la/ terre au ciel.

Mais ici se produit une nouvelle complication. Si Soma monte au ciel, s'il se môle aux dieux, c'est quMl est luimême de race divine. Et en effet c'est au ciel qu'il est né, au milieu des eaux célestes où il représente le principe igné ; car Soma> ne l'oublions pas, n'est autre chose que

ut HISTOIRE NATURELLE DES RELIGIONS

le feu liquide. C'est par lui que l'éclair court à travers les pluies d'orage, et c'est lui que ces pluies transportent sur la terre où il se môle aux plantes qu'il fait pousser, et d'où les hommes le font sortir. C'est également par l'intermédiaire des plantes qui le contiennent à l'état latent, qu'il entre dans le corps des hommes, dontil constitue l'essence immortelle. C'est cette essence, amrita^ qui après la mort de l'homme remonte au ciel au milieu des tourbillons de flammes et de fumée, qui s'élèvent du bûcher où l'on brûle les corps.

Dans les peintures religieuses de la renaissance italienne, on voit souvent représentées à la fois deux scènes correspondantes dont l'une se passe sur la terre et l'autre au ciel. Dans la religion védique cette correspondance est permanente. On peut dire que c'est là son caractère propre. Les Rishis ne manquent jamais de transporter au ciel les faits religieux de la vie terrestre ; et par une intervention singulière, c*est toujours la scène imaginaire qui devient le modèle et la cause de la scène réelle.

Ainsi l'origine du sacrifice n'est pas sur la terre : elle est dans le ciel. Il y a là un Soma céleste, des sacrificateurs divins, qui ont les premiers inauguré le sacrifice, que les hommes, plus tard, n'ont fait qu'imiter. Ce sacrifice c'est toute la série des phénomènes célestes qui se produisent pendant le sacrifice terrestre. L'apparition de Taurore, le lever du soleil, la brise qui l'accompagne, tout cela constitue les diverses parties du sacrifice céleste, et correspond à l'apparition de la flamme dans le foyer sacré, à la projection du Soma, aux chants des prêtres.

De cette manière le sacrifice terrestre, après avoir été considéré comme la cause des phénomènes célestes, finit par n'être plus qu'une imitation par les hommes de ce que

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