RELIGIONS SOEURS DU VÉDISME
Religion grecque. — Il n'y a jamais eu de caste sacer dotale en Grèce. L'autorité du sacerdoce de Delphe a toujours été plus morale que religieuse. La mythologie grecque a donc pu sans obstacles s'étendre et se compli-
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quer au gré des fantaisies locales, des relations internationales et même des conceptions philosophiques. Aussi n'avons-nous nullement la prétention d'enserrer dans un résumé de quelques pages tous les développements de cette végétation aussi capricieuse que luxuriante. Je me contenterai de marquer les traits essentiels, en suivant autant que possible Tordre de la chronologie probable des conceptions les plus générales.
Les divinités primitives semblent ici, comme presque partout, avoir été celles qui se rapportent au principe de la fécondité, à la terre et aux eaux. La terre a reçu des dénominations diverses, successives ou simultanées, dans les contrées différentes occupées par le rameau aryen qui devait constituer la race hellénique, Gaea, Rhea, Cybèle, Démèter, Perséphoné. Quelques-unes même de ces dénominations, et une bonne partie du culte qui s'y rattache, paraissent avoir été empruntées aux mythologies sémitiques de r Asie-Mineure, où la religion chthonienne a pris son développement le plus considérable.
Ces déesses tellurîques de la fécondité se trouvent dans un rapport étroit avec d'autres divinités atmosphériques et célestes, dont les attributions sont presque identiques. Artémis, la lune, qui préside à la fraîcheur et aux rosées de la nuit, est aussi] une divinité agreste. Comme Cybèle, elle aime et habite les montagnes, qu'elle parcourt avec les nymphes et d'où découlent les eaux fécondantes. Aussi reçoit-elle le surnom de Potomia. Par un rapprochement d'idées analogue, elle s'appelle aussi Lochia, la déesse des accouchements. Grâce à tous ces caractères, elle a été confondue avec TArtémis d'Éphèse, la vierge mère, la grande déesse, intimement unie elle-même avec les Amazones, qui, avant d'être des divinités telluriques, person-
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nifiaient les mamelles fécondes des nuages gonflés de pluie.
Par la même raison, Aphrodite s*est presque complètement transformée en une divinité sémitique. Elle a pris aux déesses Asthoret et Istar une partie de leur histoire et de leurs attributs, dont le principal est de représenter l'amour et la génération. C'est elle qui, sortant de la mer atnaosphérique, c'est-à-dire de la nuée humide, féconde la terre en tordant sa chevelure dorée.
Toutes ces divinités constituent un ensemble mythologique auquel se rattachent toutes les autres personnifications des eaux, de l'atmosphère, de la terre, et aussi celles des eaux du sacrifice, des libations sacrées, qui, sans avpir pris dans la mythologie grecque la même importance que dans les mythes plus spécialement liturgiques des Védas, ont cependant un rôle qu'il ne faut pas négliger. Tels sont Thétys, la nourrice du monde, Néreus,Proteus, Poséidon, Okéanos, les Fleuves, les Nymphes, les Grâces, les Muses, etc.
La campagne avait encore ses dieux particuliers : Pan, le dieu de§ bergers arcadiens, qui semble devoir son nom à une contraction de Poushan, le soleil fécondant du Rig- Véda; Priape, le dieu de la fécondité animale; les Satyres, les Silènes, empruntés à laPhrygie, Aristée, Daphnis, Dionysos, traduction grecque du Soma védique, transformé d'abord par les habitudes orgiastiques des cultes de l'Asie- Mineure, puis relevé par le génie hellénique.
Mais à côté et au-dessus de ces divinités antiques de la
terre et de la fécondité s'élèvent les dieux du ciel. Nous
avons expliqué les causes de cette révolution qui remplace
l'action de la vierge mère par l'intervention toute-puis-
'sante du principe mâle. Le premier dieu c'est le Ciel, l'an-