‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 47 sur 59 · HELLÉNISME · texte numérisé non relu

HELLÉNISME

tique Ouranos (Varouna), celui qui enveloppe. Mais cette idée d'enveloppement nous amène logiquement à la conception du ciel nocturne. De là, les légendes d'Ouranos plongeant ses enfants dans le sein ténébreux de la terre, et de son successeur Kronos, qui les dévore. Il est probable que Ouranos et Kronos ne sont que deux noms se rapportant à la même conception *.

Mais au culte du Ciel obscur, succède celui du Ciel lumineux. C'est ce que signifient les mythes qui nous montrent Zeus détrônant son père, et ceux qui nous racontent la lutte qu'il soutient contre le groupe des divinités chtho* niennes et ténébreuses, les Géants, fils de la Terre, les Titans, qui personnifient les premières dynasties divines.

Autour de Zeus, se groupe le cortège des olympiens, Héra, Athéna, Apollon, Hermès, Artémis, qui personnifient l'atmosphère, l'éclair, le soleil, le crépuscule et la lune. On y ajouta Poséidon, le dieu des eaux marines, et Pluton, le dieu des enfers, dont on fit les frères de Zeus, A eux trois, ils se partagent la domination du monde ; ce qui n'empêche pas Zeus de garder la prééminence. Aphrodite ne tarda pas à être aussi associée au groupe des Olympiens, bien qu'elle ait fait partie préce'demment de celui des divinités chthoniennes.

Ares, le dieu du vent orageux, est fils de Zeus et d'He'ra, l'atmosphère ; il a par là même sa place marquée dans rOlympe. Quant aux divinités du feu et du foyer, Héphaïstos et Hestia, elles n'ont jamais atteint dans la mythologie grecque, la prédominance à laquelle est arrivé Agni dans les Védas. Nous trouvons cependant en Grèce une divinité

^ Il en est de même pour Zeus. Zeus est un ancien synonyme -d'Oura^ nos, devenu nom propre, comme Ouranos et Kronos eux-mêmes.

que l'on peut rapprocher de rAgni védique, c'est Athe'na. Agni, dans le Véda, a commencé certainement par personnifier le feu terrestre, mais il n'a pas tardé à se confondre avec le feu des trois mondes et en particulier avec celui de l'éclair. A ce point de vue, il est identique avec Athéna, qui occupe au-dessous de Zeus une place très élevée, peut-être la plus élevée de TOlympe grec. Comme personnification du feu, elle devient la déesse de l'industrie, de la sagesse, de la science, et finit par être considédérée comme le Logos, autrement dit la raison même de Zeus.

L'énergie solaire, considérée à des points de vue différents, a reçu en Grèce plusieurs autres noms : Phoibos, Hélios, Héraclès.

Cette dernière personnification, bien que paraissant la moins considérable, puisque Héraclès n'est qu'un demidieu, est en réalité la plus importante, à la considérer de près. C'est le soleil considéré comme sauveur, comme intercesseur. C'est celui de toutes les divinités grecques qui retient le mieux ce caractère particulier de l'Agni védique, celui qui se rattache de plus près à la conception des dieux, fils de l'homme, comme Samdan, comme Samson, comme Krishna, et qui, plus tard, transformera Jésus en sauveur de l'humanité.

Il ne faudrait pas croire cependant que Héraclès soit un fils d'Agni. Par son caractère propre, il représente bien plutôt Indra. Mais c'est un Indra avorté, ou qui, du moins, s'est trouvé arrêté dans son ascension au rang suprême, parce que la conception dualiste n'est jamais parvenue à prédominer en Grèce. Or c'est manifestement à cette conception que se rattache Torigine d'Héraclès.

Je ne dirai rien des autres héros grecs, qui ne sont

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