‹ Histoire naturelle des religionsChapitre 6 sur 59 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Il Taccepte comme fait sans plus s'inquiéter de Tabsurde que du surnaturel. La notion de Tabsurde suppose une conception des lois de la pensée comme celle du surnaturel suppose un système de la

i nature.

Ce que l'homme primitif ou sauvage remarque d'abord, c'est sa propre faiblesse en face des choses et des êtres au milieu desquels il vit. Cette observation lui est imposée par les misères mêmes dont il souffre. Tout lui est ennemi dans l'état de dénuement qui est celui de l'humanité à ses débuts, le froid , le chaud, la pluie, la sécheresse, la nuit, le vent, les animaux, la faim, la maladie ; il est attaqué de tous les côtés, il lui faut faire face dans tous les sens. Et ce qu'il y a de pire, ne l'oublions pas, c'est que tous ces ennemis sont pour lui des êtres vivants et volontaires. Au milieu de ces inimitiés déchaînées il finit par chercher à se faire quelques alliances. De cette conjuration universelle il tâche de détacher quelques membres puissants, par des offrandes, par des prières, exactement comme s'il se croyait menacé par plusieurs de ses semblables.

Ces premiers alliés sont les fétiches, les gris-gris, les manitous, les amulettes, tous ces êtres ou objets animés ou inanimés qu'appellent à leurs secours les peuples sauvages, qu'ils environnent de respect et de prévenances, mais qu'ils battent et qu'ils brisent comme des amis infidèles ou des protecteurs impuissants, quand une circonstance grave les force à

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