INTRODUCTION XI
s'apercevoir qu'ils ont tort de compter sur leur secours.
Est-ce là un sentiment religieux? non, mais simplement une preuve de Tignorance primitive. L'homme croit que les phénomènes qui échappent à sa puissance sont plus ou moins subordonnés à celle des êtres dont les âmes hantent son sommeil. Il s'adresse à eux pour l'aider dans sa lutte comme ses ennemis spéciaux comme il se réunit à ses semblables pour combattre les peuplades hostiles. Ce n'est gu'un fait d'adaptation du moyen au but proposé.
On s'est souvent étonné que les hommes n'aient pas commencé par l'observation des phénomènes généraux et constants, et que l'on ne retrouve pas partout les mythes se rapportant à la terre, au ciel, gU soleil, à la lune, aux astres. C'est toujours la même erreur qui consiste à nous substituer nousmêmes avec les habitudes acquises de notre intelligence, à ces misérables populations qui en sont restées à l'ignorance primitive.
Les phénomènes généraux et constants passent inaperçus pour le sauvage et pour l'enfant, à cause même de leur généralité et de leur constance. L'ac- j cideut seul frappe les intelligences peu développées, précisément parce que l'accident étant inattendu, intermittent, extraordinaire, saisit et excite l'attention. La régularité des phénomènes terrestres et astronomiques explique pourquoi il y a des peuplades sauvages qui, encore aujourd'hui, ne sont