‹ Histoire naturelle des versChapitre 19 sur 37 · DES FURIES · texte numérisé non relu

DES FURIES

de long. C'est cet unique exemplaire que Linnaeus a décrit, et c'est d'après sa description que tous les auteurs ont parlé de la furie infernale.

Bosc a entendu dire à des Naturalistes Suédois, qu'il étoit généralement reconnu , parmi les savans de ce pays, que Linnœus avoit été égaré par la douleur, la peur, et un préjugé populaire; que la maladie dont il avoit été frappé étoit un phlegmon semblable à ceux qu'on connoît, sur-tout pendant l'automne, dans les cantons naarécageux, et qui deviennent mortels en se gangrenant ; que l'animal qu'on croit y trouver est le bourbillon, qui, comme on sait, a souvent la forme d'un ver; enfin, que l'objet présenté à Linnaeus étoit la larve de quelque insecte qu'il n'a pu reconnoître à raison de sa dessicalion.

Le respect que les Suédois ont pour la mé:i)oirc de Linnaeus les ont cmpé-

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ché de publier une opinion qui ne pouvoit que jeter de la défaveur sur leur illustre compatriote; mais ils ont imprimé que les recherches faites par plusieurs Naturalistes, dans l'intention de retrouyer ce ver, ay oient été in- IVuctueuses; que tous les pa^^sans le connoissoient par ses effets , et ayouoient ne l'avoir jamais vu, etc. D'après cela, on doit donc avoir plus que du doule sur son existence ; et il n'en a été parlé ici que parce qu'on partage le respect des Suédois pour Linnceus , et qu'on ne peut positivement nier que l'objet dont il a parlé n'existe pas.

DES NAYADES, 2...f

NAYADE, Nais> Liniuais.

Corf.< long, rnûaiie, un peu aphili, grêle, transparciil d garni latéraletnent de soicse.implcs, rares, isolées ou iasciculces. Aucun»! tenLicu'e i)rès de la Louche.

Les r.ayades sont des vers lit's-nlloi!gés, arliculès, presque toujoiirs deiui transparens, qui vivent, les uns dans les eaux douces , les autres dans les eaux de la mer. Elles se rapprochenU par Taspect, des néréides; mais elles (-n dilTèrent beaucoup , n'ayant point de branchies externes, et ne filant point de tuyaux. La plupart des nayades vivent sous les pierres, dans la vase, dans des trous qu'elles se crvjusent dans Ja terre des rivages, etc. Elles nagent dans l'eiu à la maDÏère des serpeiis , c'est-à-dire , en rendant alternativement leur coips flcxueux en sens contraire aux deux bouts. Lespoil.^, dont

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le corps de la plupdil esL garni , peuvent bien encore les aider dans cette opération ; mais leur principal objet est d'arrêter les efforts que peuvent faire les courans ou leurs ennemis, pour les tirer de leur retraite. Ce dernier fait est prouvé par l'expérience et par la disposition de ces poils , car on brise plutôt une nayade que de la faire sortir, par yiolence, de son trou. Les nayades d'eau douce ne sont point rares dans les lacs , les étangs d'eau vive, et même dans les rivières; mais elles ne multiplient pas autant dans les eaux vaseuses et altérées par la décomposition d'une trop grande quantité de végétaux. Elles étoient autrefois abondantes auX environs de Paris, v dans un petit étang alimenté par une fontaine, au-dessus de Bagnolet; mais depuis qu'on y a fait des lessives, etc., les nayades en sont disparues ainsi que beaucoup d'autres vers ou de po-

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iipes d'un grand intérêt pour ios Naturalistes.

La bouche des nayades est tantôt une simple fente, tantôt un trou accompagné de deux lèvres, une supérieure et une inférieure , tantôt une trompe plus ou moins longue. Les unes ont deux yeux placés sur la tète, d'autres n'en ont point. Leur intestin se voit presque toujours, en entier, sous une couleur différente , à travers du corps, leur anus est , en général, terminal, mais aussi quelquefois un peu avant la pointe. Les soies, dont leur corps est garni , sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins longues , tantôt solitaires , tantôt géminées, tantôt fasciculées, suivant les espèces. Elles n'ont ni pieds ni tentacules.

Ces vers vivent d'autres vers plus petits; et sur-tout de polypes et d'aliimaux iafusoircs, toujours très-abon-

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dans dans les eaux qu'elles prciïrenL Bosc en a va un dont l'intestin étoit rempli de daphnies, encore vivantes, qu'il prenoit à la nage avec beaucoup d'adresse.

Les nayades sont ovipares, cl il y a tout liea de croire qu'elles sont hermaphrodites. On trouve, vers le mois d'avril , une masse allongée en dessous de leur corps , vers les deux tiers de sa longueur, d'une couleur différente de l'intestin , laquelle , regardée au microscope, paroît contenir une immense quantité d'œufs. Cette masse se fait voir plus ou moins longtemps, selon la chaleur de la saison; mais, en général, on n'en trouve plus aux individus qu'on observe au mois de juin.

Ce moyen de reproduction n'est pas le seul dont jouissent les nayades :

comme les polypes, elles peuvent être coupées en plusieurs morceaux, et

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