Loxophtlle pintade. — Loxophj-llum Meleagris, XIV
fig. 6 (ij.
Corps grand , comprimé , membraneux , obliquement lancéolé et recourbé au sommet ; un des bords au moins, flexible et sinueux, ou crénelé en manière de crête. — Long de 0,57.
Cet Infusoire , que j’ai observé en novembre 1 838 dans l’eau d’un fossé au nord de Paris , avait été étudié avec soin par MüUer qui le caractérise par cet phrase : « K. plicatile , déprimé , en crochet au sommet , avec le bord antérieur crénelé , » et le décrit ensuite en ces termes : « C’est un Infusoire des plus grands , trèssingulier , en effet , c’est une membrane élargie susceptible de se plier très-délicatement , présentant à chaque instant des flexions et des plissements variés ; la partie antérieure de son corps jusqu’au milieu est transparente , la partie postérieure est remplie de molécules, et diversement plissée en travers par des plis saillants. Le sommet est recourbé en crochet ; le bord diversement sinueux partout , présente trois ou quatre dentelures au - dessous du sommet. Quelquefois même sa structure est plus remarquable , car son bord latéral antérieur au lieu de dents présente de nombreuses crénelures rapprochées , et en outre près du bord postérieur , il est orné de douze globules ou davantage qui sont égaux , diaphanes (pellucides) et forment une rangée longitudinale', droite ou flexueuse suivant les mouvements de l’animal. Entre ces deux bords se voient des lignes longitudinales trèsdéliées , et vers le bord postérieur, au milieu, trois globules plus grands , qui , non toujours visibles , tiennent peut-être lieu d’estomac ou d’intestin , car ces viscères quand ils sont vides chez les Bullaria et les P/anaircj sont moins distincts. — Il se meut lentement à la manière des Planaires en plissant diversement sa membrane , et en soulevant son sommet recourbé. — Il se trouve dans les eaux couvertes de Lemna , pendant les derniers mois de l’année , mais
(i) Kolpoda Meleagris , Muller, Inf. Pl. XIV, f. 1-6 , PI. XV , f. 1-5.
Kolpoda Meleagris, — K. zygoena. — K. hirundinacea , Bory , Encycl, 1824.
Amphileptus Meleagris , Ehr. Infu». i838, Pl. XXXVIII. fig- 4'
DES IMFÜSOIRES.
rarement. — Un seul individu m’offrit un phénomène singulier , car il se résolvait peu à peu en molécules jusqu’à la sixième partie antérieure du corps; et cette partie restante agitant son bord dorsal d’un mouvement ondulatoire se remit à nager vivement comme s’il ne lui fût rien arrivé. Les globules pellucides demeurèrent immobiles et sans changement ; ainsi il est à peine douteux que ce soient des ovules. — J’en ai contemplé une variété plus rare qui était percée quoique vivante, d’une grande lacune dans sa partie antérieure et d’une plus petite en arrière. — Une singulière variété s’offrit encore à moi au commencement de novembre 1 788 , elle était prolongée en arrière sous la forme d’tm marteau , et ce prolongement était étendu ou recourbé.... » (Millier, Inf. p. loo.)
J’ai traduit presque littéralement ce passage de Millier parce qu’il montre bien le vague qui reste toujours dans les observations microscopiques en raison des changements continuels de forme des Infusoires et des interprétations plus ou moins arbitraires qu’on est porté à donner.
M. Ehrenberg décrit ce même Infusoire comme ayant le corps comprimé , membraneux , largement lancéolé, avec une crête dorsale dentelée, à sept ou huit dentelures obtuses ; et avec treize à dix-huit rangées longitudinales de cils. 11 lui attribue aussi une rangée de huit à dix taches incolores (vésicules à suc digestif) non toujours visibles. Il n’a pu lui faire avaler de couleur , mais il a vu dans ses vacuoles ou vésicules intérieures des Navjcules et des Monades vertes emprisonnées , et il a vu l’excrétion du résidu de la digestion , s’effectuer par une ouverture située au côté qu’il nomme dorsal.
* Loxophjrllum. — (Kolpoda ochrea , Müller, Inf. PI. XllI , f. 9-10.)
On doit , je crois , rapporter à ce même genre la Kolpàda ochrea de Müller, que cet auteur a trouvée rarement dans les eaux douces stagnantes et qu’il décrit comme ayant le corps allongé , membraneux , flexible , rétréci au sommet , prolongé en équerre à sa basse, et rempli de molécules obscures et de tésicules pellucides. U se meut en glissant et en repliant de diverses manières son extrémité rétrécie.
M. Ehrenberg a décrit sous le nom dî Amphilepius longicollis (Ehr. Inf. , i838, PI. XXXVllI , fig. 5) un Infusoire qu’il donne
arec doute pour synonyme du Kolj>oda ochrea de Müller, et qui a le corps renflé et dilaté en arrière , rétréci en avant en manière de trompe ensiforme ; il lui attribue de nombreux estomacs , une bouche , un anus, des cils partout , des ovules , et une rangée de 9 à lo vésicules limpides , incolores , contenant le suc digestif. — Sa longueur est de o,z5.
** Loxopli/’llum.? — Trachelius Meleagris. (Ehr. Inf. PI. XXXllI ,
fig. 8. )
Peut-être doit-on aussi inscrire ici cette espèce décrite par M. Ehrenberg comme ayant le corps comprimé, lancéolé, souvent sigmoïde, blanc et orné d’une rangée dorsale de vésicules pleines d’un liquide rougeâtre que l’auteur regarde comme le suc digestif ou la bile. — Sa longueur est de 0,87.
8® Genre. CHILODON. — Chüodon.
An. à corps ovale irrégulier, sinueux d’un côté , lamelliforme , peu flexible , avec des rangées parallèles de cils à la surface, et une bouche obliquement située en avant du milieu et dentée ou entourée d’un faisceau de petites baguettes.
Le Chilodon , par sa forme extérieure , ressemble aux Loxodes , aussi a-t-il été confondu d’abord avec eux, et précédemment aussi a-t-il été compris en même temps dans le genre Rolpode de Müller; mais il se distingue des vrais Kolpodes par sa forme déprimée , et des Loxodes par sa surface ciliée régubèrement , ee qui dénote aussi un tégument réticulé contractile, au lieu de la cuirasse apparente de ceux- . ci. Quanta l’armure dentaire, on l’observe aussi, je crois, chez de vrais Loxodes , en même temps que chez divers genres de Paraméciens. Les vrais Chilodon, réunissant tous ces caractères , ne se trouvent pas dans les infusions , mais seulement dans les eaux douees parmi les herbes.
X.Ghilodon ciPucHon. — Chilodon cucullulus ,Tl.Vl , 6g. G (i).
Corps déprimé , à contour sinueux , avec ü rangées de cils à chaque face. — Long de 0,18.
J’ai dessiné avec toute l’exactitude possible cet Infusoire tel que je l’ai vu sous le microscope, en 1889. Il renfermait des navicules qu’il avait avalées, mais il m’a été impossible d’apercevoir la moindre trace de l’intestin que M. Ehrenberg représenta , dans ses dessins de i833 , comme un large canal d’où partent de nombreux et larges cæcums de tous côtés. Cependant j’ai bien distingué les rangées longitudinales de cils que cet auteur a indiquées dans ses nouveaux dessins de i838 et qu’il n’avait pas encore soupçonnés à l’époque où l’intestin se révélait si clairement à lui.
J’avais observé plusieurs fois dans l’eau de l’Orne, en septembre 1835, un Chilodon long de 0,19 contenant beaucoup de navicules avalées. Il se décomposait sous mes yeux avec diffluence ne laissant que le faisceau de dents et un globule rougeâtre entouré d’une aréole qu’on aurait bien pu prendre pour un œil.
9* Genre. PANOPHRYS. — Panophrys.
An. à corps cilié partout , ovale , déprimé, contractile , devenant ovoïde et môme globuleux en se contractant ; surface marquée de stries droites ou obliques croisées , auxquelles correspondent les rangées régulières de cils. — Bouche latérale.
Ayant voulu caractériser les Bursaires par la rangée de grands cils en moustache qui conduit à la bouche, j’ai dû établir un genre particulier pour certaines Bursaires de
(1) Kolpoda cucullulus , Müller, Inf. Pl. XV, fig. ç-ll (en partie). Loxodes cucullulus , Ehr. i®*' et a® mém. i83o-i83l. — Èuodon cucullulus , 1 833 .
Chilodon cucullulus , Ehr. 3® mém. i833 , Pl. 11, f. i. — Infus. i838, Pl. XXXVI, «g. 6.
492 HISTO IfiE naturelle
M. Ehrenberg, qui n’ont point ce caractère et dont la bouche est entourée de cils ordinaires. Ces Infusoires seraient des Paramécies , s’ils n’avaient la faculté de se contracter en boule , et s’ils n’étaient toujours dépourvus du pli oblique antérieur qui caractérise ces derniers. Il sera facile d’ailleurs de confondre les animaux de ces deux genres , quand ils ne seront point dans leurs conditions normales d’existence et quand ils auront déjà éprouvé certaines déformations.
Les Panophrys vivent dans les eaux tranquilles douces ou marines entre les herbes.
1. Panophhts chrysalide. — Panophrj’s chrj'salis. (PI. XIV, 6g. 7.)
Corps ovoïde oblong , déprimé ; bouche accompagnée d’un renflement , et située près de l’extrémité antérieure. — Long de 0,18. — Marin.
Cet Infusoire vivait dans de l’eau de mer prise à Cette, le i3 mars 1840, et conservée depuis quinze jours.
î i. Panophrys roüge, — Panophrj-s rubra. (PI. XIV, flg. 8.)
Parmi les nombreux Infusoires rouges que j’observai dans l’eau du canal des Étangs, à Cette , le 2 mars 1840, il s’en trouvait d’ovoïdes , presque réniformes , uniformément revêtus de cils vibratiles Ans, et pourvus d’une bouche latérale près de l’extrémité antérieure. — Leur longueur était de 0,07 à 0,08.
Je les inscris provisoirement ici, en attendant que de nouvelles observations nous apprennent s’ils sont vraiment adultes ou si ce ne sont pas les jeunes de quelque autre espèce.