Panophrys farcie. — Panophjrs farcta. (PI. XIV, 6g
Corps ovoïde oblong , rempli de corpuscules avalés qui le colorent en vert, en jaune rougeâtre ou de diverses couleurs ; bouche latérale , située entre le milieu et le tiers antérieur du corps. — Long de 0,18 à 0,23.
J’ai rencontré plusieurs fois dans les eaux marécageuses entre les herbes , cet Infusoire qui est comme bourré des objets qu’il a
DES liTFUSOIRES.' 493
araléi. Comme ces objets sont souvent des particules végétales , il s’ensuit que sa couleur la plus ordinaire est le vert. Je crois que c’est une même espèce avec les trois Bursaria vernalis , leucas et Jîava de M, Ehrenberg, et très-probablement aussi avec la Leucophra virescens , de Müller, que cet auteur rapporte avec
doute comme synonyme de sa B, vernalis.
* Panophris, — Bursaria vernalis. (Ehr. Inf. PI. XXXII, fig. 7.)
Corps ovoïde oblong, renflé , vert , arrondi aux deux extrémités mais un peu aminci en arrière ; bouche en deçà du tiers ou du quart antéreur du corps.
M. Ehrenberg qui a trouvé cet Infusoire entre des Oscillaires au premier printemps , à Berlin , le décrit ainsi : « Le mouvement a lieu en tournant autour de son axe longitudinal et en nageant posément en avant. Le corps est long , garni de cils vibratiles qui ne forment point de rangées distinctes , et en même temps pénétré de petites baguettes prismatiques. La bouche a une couronne de soies fortes , courtes , qui ressemblent presque à des dents. De nombreux estomacs sont souvent remplis de grandes Oscillaires et de Navicules, et contiennent un suc digestif, d’une couleur rougeâtre manifeste. J’ai compté jusqu’à dix grandes Navicules dans le corps d’un de ces animaux. Une grande glande sexuelle mâle et deux vésicules contractiles rondes constituent l’appareil génital masculin. Le corps est rempli d’ovules verts, qui se répandent périodiquement par l’effet d’une diffluence partielle avec toute une partie du corps , sans que la vie de l’animal soit compromise. D’ailleurs , j’ai vu la division spontanée longitudinale. Il est particulièrement intéressant et important de suivre la marche de la digestion s’exerçant sur les Oscillaires , qui , d’abord élastiques et roides et d’un beau vert bleuâtre, deviennent visiblement molles et flexibles, d'un vert clair, puis d’un vert jaune, et se décomposent en leurs articles isolés qui , finalement, sont d’un jaune sale. Par suite de l’évaporation de l'eau , le corps se décompose promptement tout entier par diffluence, et souvent il reste des estomacs que la contractilité maintient fermés avec leur contenu , comme des globules isolés. » (Ehr. Inf., i838,p. Sag.)
** Panophrfs. — (Bursaria Leucas. — Ehr. PI. XXXIV. fig. 8.)
Corps blanc , oblong , subcylindrique , presque également arrondi de part et d’autre ; bouche dépassée par la cinquième ou sixième partie du corps. — Long de 0,18.
Cet Infusoire est quelquefois entièrement rempli de brins d’Oscillaires qu’il avale et qui se courbent dans son intérieur , ce qui paraît à M. Ehrenberg une preuve de l’extensibilité prodigieuse des estomacs chez ces animaux. 11 présente aussi une vésicule contractile en étoile.
*** Panophrj-s.— {Bursaria Jlava. — (Ehr. Inf., PI. XXXV, fig. 2.)
Corps ovoïde-oblong , jaune , souvent un peu rétréci en arrière ; bouche près du bord antérieur. — Long de 0,18 à 0,28.
Cet Infusoire , observé en juin et juillet dans l’eau des tourbières , près de Berlin , a le corps cilié partout , mais sans que les cils forment des rangées régulières ; il est tout rempli de globules d’un jaune d’ocre pâle, larges de 0,0097, qui le rendent opaque. Il n’a pu être coloré artificiellement.
10® Genre. NASSULE. — Nassula.
J» An. à corps cilié partout, ovoïde ou oblong , contractile devenant globuleux parla contraction ; bouche latérale dentée ou entourée d’un faisceau de baguettes cornées.
Les Nassules ne diffèrent des Pauoplirys que pai' le faisceau de baguettes qui entoure leur bouche comme l’ouverture d’une nasse et qui constitue une sorte d’armure dentaire ; ce faisceau , en effet , peut se dilater ou se resserrer suivant le volume de la proie que l’animal veut avaler ; il peut également s’avancer au-deliors pour saisir la proie qui n’est pas amenée à la bouche par le mouvement des cils vibratiles comme chez les Paraméciens , mais que l’animal doit aller chercher.
LesJNassules comme les Paiiophrys et plusieurs autres Paraméciens ont dû être confondues , par MüUer , avec ses Leucophres; c’est M. Ehrenberg, qui le premier, en 1833, fit connaître leur caractère distinctif. Le même auteur décrivit aussi alors ce qu’il nomme vésicule contractile ou organe d’éjaculation : c’est une grande vacuole qui , chez une espèce au moins , se montre entom’ée de vacuoles plus petites, comme d’une rangée de perles. Plus tard enfin il leur atti-ibua aussi des ovules colorés, et im suc digestif ; il a comiilété depuis la description l’organisation de Nassules en y indiquant comme testicule im corps ovale demitransparent.
Les Nassules se nourrissent de particules végétales et de débris d’algues et sont ordinairement totalement remplies et colorées par cette nourriture. Elles vivent dans les eaux stagnantes , surtout dans celles qui baignent en petite quantité des Conferves et des Oscillaires , mais non dans les infusions.
I. Nassule verte. — Nassula viridis. — {Nassula ornala ? Ehr.
■ Inf. PI. XXXVII, fig. 2 ; PI. XI, lig. i8.)
Corps ovoïde déprimé , quelquefois orbiculaire ou globuleux , cilié , vert avec des taches rougeâtres. — Long de 0,125.
.l’avais cet Infusoire, en février et mars i836 , dans une soucoupe où je conservais depuis longtemps, avec un peu d’eau, une couche de terre recouverte d’Oscillaires, prise dans un fossé au sud de Paris. J’ai vu plusieurs fois une Nassule avaler successivement toute une Oscillaire, au bout de laquelle on la voyait comme enmanchée. Le brin d’oscillaire s’infléchissait et se courbait en cercle dans le corps de l'animal , qu’il distendait fortement par l’effet de son élasticité. Je pouvais me convaincre alors qu’il n’y avait rien ici qui ressemblât le moins du monde à un intestin ; l’animal se creusait simplement d’une vaste vacuole dans laquelle l’Oscillaire se logeait comme dans une bourse. Je voyais en meme temps d’autres fragments d’Oscillaires logés dans des vacuoles plus petites , parfaitement isolées les unes des autres , et
qui ne conservaient aucune relation ni avec celle qui se formait en cet instant ni avec la bouche. La digestion paraît s’effectuer très-rapidement. Les Nassules tenues trop longtemps comprimées entre les plaques de verre, ou soumises à une action délétère quelconque , se décomposent avec diffluence en se creusant d’abord de vacuoles nombreuses, et en laissant sortir de larges expansions de sarcode; après cette décomposition, il reste souvent une masse ovalaire moins décomposable , qui est ce que M. Ehrenberg a nommé le testicule ; cette masse , dans l’intérieur même de l’Infusoire, s’entoure quelquefois d’une large vacuole comme si elle déterminait une sorte de départ entre la substance sarcodique et l’eau ; on voit bien , dans ce cas , comment ce prétendu testicule est sans aucune connexion avec les antres organes. Le faisceau dentaire parait résister moins à la décomposition que celui des Chilodons ; et si l’on ajoute un peu de potasse , on le voit disparaître totalement. J’ai bien vu, dans l’amimal mourant , les cils de la surface qui sont longs de o,ooG environ , d’une ténuité extrême et disposés en séries régulières. J’ai vu aussi des N assules en voie de division spontanée transverse, mais je n’ai pas vu les vacuolescontractiles entourées d’un cercle de vacuoles plus petites- M. Ehrenberg décrit , sous le nom de Nassula ornata J un Infusoire beaucoup plus gros (o,28millim. i/81ign.), que je crois cependant être bien l’analogue du nôtre; il le dit panaché de vésicules nombreuses violacées, et lui attribue sur chaque face 24 rangées longitudinales de cils entre lesquels se trouvent d’autres rangées alternes de soies un peu plus fortes. La bouche est sur une des plus larges faces , dans un enfoncement , comme chez les Bursaires , et elle est entourée d’un cône creux un peu saillant ou d’un cylindre formé de 20 à 2 7 dents. « A l’intérieur du corps, dit-il , on distingue, à un grossissement de 3oo diamètres, beaucoup de vésicules ou globules bruns, verts, jaunes ou violets , qui sont de natui-e bien différente. Tous les bruns et les jaunes, ainsi que les plus gros et les plus irréguliers d’entre les verts , sont des estomacs remplis de monades vertes et d’autresaliments,parmilesquelsonvoitsouventausside longs brins d’Oscillaireset desNavicules. Mais en outre le corps est quelquefois, non toujours, rempli de granules verts, ronds, très-réguliers, proportionnellement très-gros , et que je regarde comme des œufs. » (Ehr. , Inf. p. 33ç).) Entre les estomacs et les ovules sont situé* des globules violets, dit-il , qui sont des vésicules remplies d’un
SUC digestif coloré , et qui forment six à huit groupes. Ce suc violet , expulsé avec les excréments , paraît comme des gouttelettes d’huile dans l’eau, et change de couleur aussitôt. « J’ai vu claiieincnt , dit-il , dans la Bursaria vernalis, que ce liquide, aussitôt qu’il touche la nourriture verte, la colore en jaune et la décompose. Au milieu du corps se trouve une grosse glande ronde, et tout auprès s’ouvre et se ferme , ou se dilate et se contracte périodiquement une giande vésicule servant à la fécondation spontanée , laquelle , dans ses états de contraction extrême et d'extension extrême, est simple, mais, dans ses états intermédiaires, a un bord pexdé. » (Loc. cit.)
** Nassula aurea. — (Ehr. , Inf. PI. XXXVII , fig. 3.)
Sous ce nom, M. Ehrenberg a établi dans son troisième mémoire (i833) une espèce distincte caractérisée par sa couleur jaune d’or et par sa forme ovoïde-oblongue , très-obtuse aux deux extrémités. Sa longueur est de 0,22 ; elle montre sur chaque face 20 à 24 rangées de cils. Elle a été trouvée dans l'eau d’une tourbière. On pourrait croire que c’est sa nourriture qui a déterminé sa coloration.
M. Ehrenberg a reporté dans le genre Chilodon, sous le nom de Ch. aurcus (Ehr. Inf. Pl. XXXVI , fig. 6, pag. 338), un, Infusoire qu’en 1 833 il avait considéré comme une simple variété de sa Nassula aurea. Cet infusoire, long de 0,18 , est jaune d’or, ovo'îde-conique, gonflé, dilaté et obtusément rostré en avant, un peu pointu en arrière.
Nassula elegans (Ehr. Inf. Pl. X3ÇXV1I, fig, i).
Cette autre espèce du même auteur est caractérisée ainsi : Corps cylindrique ou ovo'ide , un peu plus étroit en avant, très-obtus aux deux extrémités , blanc ou verdâtre , bigarré de vésicules violettes. — Long de 0,18 à 0,22.
Elle ressemble beaucoup, dit M. Ehrenberg, à la Paramécie Aurélie; mais elle est plus transparente et conséquemment plus difficile à distinguer. Son corps cylindrique, grêle, un peu en massue , est trois ou quatre fois aussi long qu’épais ; n)ais , par la division spontanée , il se produit aussi des formes ovo'ides ou infusoires. 32
pointues en avant, ou presque sphériques. Le corps est blanc laiteux ou incolore quand les ovules verts dont il est ordinairement pénétré viennent à manquer. Entre ces ovules sont éparses des vésicules de diverses grosseurs , d’une belle couleur violette , et dont un petit groupe se trouve sur la nuque , d’où part une rangée particulière de vésicules violettes ou hyalines allant le long du dos jusqu’à l’anus. Au milieu du corps se trouve un grand testicule obliquement situé et en avant; près de la bouche deux vésicules contractiles. (Loc. cit., pag. 339.)
**** Nassula. — ( Chilodon ornaius. Ehr. , Inf. PI. XXXVI ,
fig- 9-)
C’est, je crois, avec les Nassules qu’il faut ranger aussi cet Infusoire , donné avec doute comme synonyme de la Lcucophra notala de Millier. Il a le corps long de o,i5, jaune d’or, ovoïde-oblong, presque cylindrique , également arrondi aux deux extrémités, sinueux ou recourbé en bec court en avant et orné d’une tache violette dans l’enfoncement. 11 n’est véritablement distingué des pi'écédentes Nassules que par sa courbure légère en manière de bec peu marqué. 11 a été trouvé égaleméht dans l’eau d’une tourbière près de Berlin.
ir Genre. HOLOPHRE. — Holophrya.
An. a corps cilié partout, tantôt ovoïde oblongou même cylindrique , obtus aux deux bouts , tantôt globuleux avec une large bouche terminale.
Les Holoplu-es , en raison de leur forme et de la position de leur bouche, sembleraient devoir être reportés parmi les Infusoires symétriques , si les stries de lem- surface n’étaient quelquefois obliques et si les parties internes n’étaient irrégulièrement situées autour de l’axe. M. Ehrenbeig , qui a institué ce genre dans sa famille àes Enchelya, y avait d’abord compris l’espèce dont il fait aujourd’hui le Spirostomum ambiguum ; maintenant il n’y comprend que ti-ois espèces ayant bien le coi-ps cilié de toutes parts et la bouche terminal^, tronquée, sans lèvres ni dents ; il les nomme pai' com-
DBS INFUSOIRES.
pai-aison des Eiichélides ciliées partout. Nous ne pouvons admettre chez ces Infusoires , non plus que chez d’autres , l’anus terminal et opposé à la bouche que cet auteur leur attribue.
Les Holophres diffèrent des Panophrys par la position de leur bouclie , mais ils offrent d’ailleurs une grande ressemblance avec elles et se trouvent de même dans les eaux stagnantes peu profondes parmi les herbes mais non dans les infusions.