‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 116 sur 179 · I. Holophre brune. — Holophrjra brunnea. — PI. XII, fig. i · texte numérisé non relu

I. Holophre brune. — Holophrjra brunnea. — PI. XII, fig. i

Corps brun passant de la forme cylindrique à la forme globuleuse eu s’emplissant de nourriture et changeant alors de couleur. — Long de 0,2.

J’ai représenté , dans la figure A, cet Infusoire tel qu’il se trouvait à jeun en grand nombre, le i8 mars , à Toulouse , dans un vase où j’entretenais depuis plusieurs mois de l’eau sur des débris de végétaux avec quelques Conferves vivantes. Il était d’un brun assez foncé, très-cilié, cylindrique et arrondi aux deux bouts ; rien ne pouvait être distingué à l'intérieur. Mais , par hasard , un Lyncée ayant été écrasé entre les lames de verre que je tenais écartées par un brin de Conferve, une Holophre, qui vint en nageant à travers les débris du petit Crustacé , s’arrêta tout à coup et commença à en avaler les parties demi-liquides. Le mouvement des cils de sa bouche déterminait sans tourbillon l’afflux du liquide au fond de sa bouche qui se creusait peu à peu en un tube droit d’abord, puis infléchi. Le fond de ce tube, dans lequel s’accumulaient les gouttelettes huileuses rouges et les parcelles charnues vertes ou blanches du Lyncée, était renflé et arrondi , puis il se séparait par suite du rapprochement des parois et formait une vacuole distincte et indépendante, qui, en vertu de l’impression reçue, s’allait loger dans l’épaisseur du corps, où sa couleur permettait de la distinguer. L’animal continua à plusieurs reprises d’avaler ainsi la substance du Lyncée , et il en résulta un grand nombre de vacuoles diversement colorées , verdâtres, rougeâtres , laiteuses ou incolores, suivant la nature des substance avalées , toujours avec une grande quantité d’eau. Ces

vacuoles distendaient le corps de l’Infusoire en augmentant sa transparence, et le rendaient presque globuleux. (Fig, i-G.) C'est alors qu’on pouvait suivre beaucoup mieux à l’intérieur la formation des vacuoles à l’extrémité de la cavité buccale en tube qui devenait d’autant plus long et plus sinueux, que les nouvelles vacuoles avaient plus de peine à se loger. 11 était cependant toujours facile de se convaincre qu’il n’y avait point là d’intestin réel.

C’est sur cet Infusoire ainsi gonflé qu’on distingue beaucoup mieux les rangées de cils au nombre de vingt sur chaque face,

* Holophrj'a ovum. — (Ehr., Infus. PI. XXXll , fig. 7.)

M. Ehrenberg nomme ainsi un Infusoire ovoïde, presque cylindrique etcomme tronqué aux deux bouts , vert au milieu, incolore aux extrémités et long de 0,1 25, qu'il a trouvé entre les lentilles d’eau et les conferves, au printemps de i83i ; il vit dans l’intérieur plusieurs petits Infusoires avalés , il compta onze à dix-sept rangées de cils sur une face. Suivant lui , une partie claire à l’extrémité postérieure , pourrait être une dilatation de l’intestin , une sorte de cloaque. Il rapporte avec doute la Leucoplira bursata de Müller, quoique vivant dans l’eau de mer, comme synonyme de son Holophiya ovum. De même aussi il donne la Trichoda horrida de cet auteur comme synonyme douteux d’une seconde espèce A' Holophya qu’il nomme discolor ( Ehr. Inf. PI. XXXII, fig, 8), et qu’il décrit comme ayant le corps long de 0,1 r, ovoïde, conique, blanc , un peu pointu en arrière et pourvu de cils plus clair-semés et plus longs. Il le trouva, en juin i83ï , près de Berlin, entre des Conferves, ayant le corps en partie rempli de Monades vertes.

11 décrit enfin comme troisième A' Holophrya sous le nom

A'S. coleps (Ehr. Inf. PI. XXXll, fig. 9), un Infusoire blanc, long de o,oG à 0,09 , oblong- cylindrique , arrondi à chaque bout et ayant huit à neuf rangées de cils sur chaque face il le regarde comme un synonyme douteux de la Leucophra globuUJera de Müller (Müller. Inf. PI. XXII , fig. 4 )•

DÏS INFUS0IRB6.

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12® Genue. PRORODON. — Prorocüon. Ehr.

An. à corps ovoïde oblong , cilié de toutes parts ; avec la bouche terminale, tronquée et entourée d’une couronne interne de dents.

M. Ehrenberg a établi ce genre pour des Infusoires que je n’ai point vus , mais qui me paraissent être très-voisins des Holophrya dont ils ne différeraient que par le faisceau de baguettes qui entoure leur bouche; cet auteur y comprend deux espèces, 1° le Prorodon niveus (Ehr. Inf. PI. XXXII, fig. 10) long de 0,37, blanc, elliptique, comprimé; ayant sa couronne dentaire comprimée oblongue , composée de 140 à 160 dents^ et montrant sur chaque face 30 rangées de cils et dans l’intérieur un long cordon recourbé en S nommé par l’auteur mi testicule ; 2“ le Prorodon teres (Ehr. Inf. PI. XXXII, fig. 11) long de 0,18, blanc, ovoïde non comprimé , avec sa couronne dentaire cylindrique ; montrant 20 à 30 rangées de cils sur chaque face. M. Ehrenberg assm'e que quand cet Infusoire commence à se décomposer par suite de l’évaporation de la goutte d’eau qui le contient, les parties internes sont lancées avec force et les dents s’échappent comme des flèches.

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