‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 117 sur 179 · XVIII' FAMILLE · texte numérisé non relu

XVIII' FAMILLE

BURSARIENS.

Animaux à corps très-contractile , de forme trésvariable , le plus souvent ovales , ovoïdes ou oblongs , ciliés partout, avec une large bouche entourée de cils en moustache ou en spirale.

Nos Bursariens sont de tous les Infusoires ceux dont la bouche est le plus visible , et ceux que l’on

voit le plus clairement avaler leur proie. Leur tégument réticulé et contractile est aussi très-distinct, et véritablement ils répondent assez pour la plupart à l’idée d’une bourse par leur large ouverture et par le tissu de leur envelofipe. Nous verrons plus loin combien ils ont de rapport avec les Urcéolariens sous ce point de vue ; ils en ont beaucoup aussi avec les Paraméciens, et leur place ne peut être mieux assignée qu’entre ces deux familles.

Millier avait établi un genre Bursaria qui, avec une seule espèce appartenant réellement à cette famille, renferme d’autres Infusoires tout à fait différents, comme sa B. hirundinella qui est un Péridinien. Lamarck conserva le genre de Millier ; M. Bory, qui créa le genre Kondylostome que nous avons adopté, définit d’une manière particulière le genre Bursaire en prenant pour type la principale espèce de Millier , et institua une famille des Bursariées qui n’a absolument aucun rapport avec la nôtre. En effet il attribue à ses Bursariées « un corps membraneux , soit constamment, soit quand l’animal se replie sur lui-même, prenant la forme d’une bourse, d’un sac, ou d’une petite coupe. » Cette famille, d’ailleurs, il la compose des éléments les plus hétérogènes, savoir des Paramécies et des Loxodes dans le genre Bursaire avec la B. truncatella de Millier , des Péridiniens dans le genre Hirondinelle , et des Vorticelles détachées de leur pédicule dans le genre Cratérine.

M. Ehrenherg, en admettant un genre Bursaria , le plaça parmi ses Trachéliens ; à côté du genre Spirostomum qu’il institua lui-même pour une espèce mal cà propos classée auparavant avec les Trichodes par Millier; mais d’autres Bursaires furent placées par lui

DES ItiTUSOlRES.

dans son genre Leucophre , les Kondylostomes furent confondus avec ses Oxylriques , et le surplus des Bursariens fut compris dans sa famille des Kolpodes ; savoir: le P lagiotoma c\xi\\ nomme Paramecium com-^ pressurn et les Ophrjoglena dont il a formé un geme que nous adoptons.

Nous divisons les Bursariens en cinq genres dont les trois premiers, qui ont leur surface marquée de stries longitudinales, sont d’abord \ePlagiotoma caractérisé par sa forme très-comprimée; ensuite l’Oj9 A/y oglena et la Bursaria qui ont le corps renflé, ovoïde ou arrondi, et qui se distinguent parce que l’un a le corps plus étroit en arrière ou turbiné, et parce que sa bouche de grandeur moyenne est accompagnée d’une tache colorée qui a été nommée un œil ; l’autre au contraire a le corps plus large en arrière , et la bouche plus large, et sans tache oculiforme. Les deux derniers genres sont caractérisés par la disposition oblique ou en hélice des stries dont est marqué le corps qui chez eux est toujours très-allongé, cylindrique ou fusiforme. L’un, Spirostomum h le corps très-allongé, presque cylindrique, et la bouche très-reculée en arrière à l’extrémité d’une longue rangée de cils ; l’autre, Kondylostoma , a le corps allongé, avec les extrémités déprimées, la houche latérale très-grande , et bordée de longs cils.

Les corps d’apparence glanduleuse que M . Ehrenberg a voulu nommer testicules , se voient très-développés chez beaucoup de Bursariens qui présentent fréquemment aussi des vacuoles contractiles, très-grandes, remplies d’eau. On a voulu prendre pour un œil et conséquemment pour l’indice d’un système nerveux , la tache colorée des Ophryoglena.

Excepté le Plagiotoina , qui vit parasite dans le corps des Lombrics , les Bursariens en général vivent dans les eaux pures, soit douces , soit marines , entre les plantes aquatiques ; ils sont voraces , et avalent d’autres animalcules souvent assez volumineux a^vecdes Kavicules, des Oscillaires et divers débris de végétaux. Quelques-uns sont colorés naturellement , d’autres prennent la couleur de leurs aliments.

1®’’ Genre. PLAGIOTOME. — Plagiotoma.

An. à corps très-déprimé ou lamelliforme, plus flexible, irrégulièrement ovale , sinueux ou échancré d’un côté et quelquefois anguleux en arrière , couvert de séries régulières de cils ondulants ; bouche située latéralement vers le milieu , au fond de l’échancrure , précédée par une rangée de cils forts et très-nombreux , en peigne, sur la moitié antérieure du bord.

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