‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 118 sur 179 · I. Placiotome du Lombric. — - Plagiotoma Lumbrici. — PI. IX · texte numérisé non relu

I. Placiotome du Lombric. — - Plagiotoma Lumbrici. — PI. IX

fig. 12 (i).

Corps blanc , demi-transparent avec des corpuscules anguleux dans l’intérieur. — Long de 0,16 à 0,23.

Je trouvai abondamment cet Infusoire vivant dans les Lombrics de mon jardin, à Paris, pendant tout le mois de février 1889. Il montrait douze à treize rangées longitudinales de longs cils ondulants; les cils de son bord antérieur très-nombreux ondulaient avec régularité, de manière à former sur toute la longueur, depuis le milieu du corps jusqu’à l'extrémité antérieure , huit à neuf groupes apparents ou faisceaux plus sombres , comme des dents de crémaillère qui se seraient mues de bas en haut , d’un mouvement uniforme assez lent : c’était un effet d’optique , im

(i) Bohnenthierclicn in Regenwurm, Gleicheu , Pl. 27 , f. 2. Leucophra lumbrici , Schrank , Fauna boicn , iii , p. lOi. Parantecium compressum , EUr. Infus. PI. XXXIX, lîg. 12, p. 353.

lésultal de la juxtaposition momentane'e des cils qui, s’infléchissant les uns après les autres , se trouvaient superposés et présentaient, d’espace en espace , un obstacle mobile au passage de la lumière. Ce phénomène optique du mouvement des cils et de la translation des dents apparentes d’une crête ciliée est analogue à celui qu’on observe chez les Rotifères , chez les Systolides en général et sur les tentacules des Alcyonelles et des Eschares , mais nulle part il n’est plus facile à étudier que sur le Plagiotoma.

Le mouvement des cils produit dans le liquide un courant dirigé de haut en bas ou en sens inverse du mouvement apparent des dents de la crête ciliée ; il en résulte un tourbillon qui pénètre jusqu’au fond de l’échancrure latérale et de la bouche qui' s’y trouve ; mais je n’ai pu faire avaler au Plagiotome de carmin ou d’aucune autre substance. Au milieu du corps de cet Infusoire on observe souvent des noyaux anguleux irréguliei’s , dont le nombre peut aller jusqu’à quinze et qui agissent sur la lumière comme plus réfringents que la substance environnante, ou comme les corps que M. Ehrenberg a nommés testicules. Avec eux ou séparément se voient aussi des vacuoles irrégulières qui agissent sur la lumière d’une manière tout opposée.

Gleichen découvrit , en 1 7 7 G , cet Infusoire dans les Lombrics vivants, mais non dans l’intestin comme on l’a dit ; car c’est toujours entre l’intestin et la couche musculaire externe que vivent les divers Infusoires parasites des Lombrics ; Gleichen compta sept espèces d’animaux vivant ainsi dans ces Annélides , mais il compte pour trois espèces , les diverses modifications du Plagiotoma , il y comprend une Anguillule et un autre Entozoaire qu’il aura probablement trouvé dans les organes génitaux. Nous avons décrit précédemment deux Leucophres habitant aussi le corps des Lombrics , de sorte que nous connaissons , comme Gleichen , trois vrais Infusoires parasites de ces Annélides , sans parler de leurs autres vers intestinaux.

M. Ehrenberg décrit sous le nom de Paramecium compressum un Infusoire qu’il a rencontré, dit-il , en 182g, dans une Moule d’eau douce de l’Ural , et, en 1887 , dans l’intestin du Lombric , à Berlin , et qu’il croit le même que celui de Gleichen. La figure qn’il en donne (Ehr. Inf. PI. XXXIX, fig. 12) ressemble bien peu a la nôtre, et d’ailleurs nous ne pouvons croire que ce soit le meme Infusoire qui se trouve dans les Moules d’eau douce et dans les Lombrics.

HISTOIRE WATÜREELE

T Genre, OPHRYOGLÈNE. — Ophryoglcna.

An. à corps cilié ovoïde, ou presque turbiné , renllc au milieu, arrondi en avant et pointu en arriére, couvert de cils en séries longitudinales régulières ; ayant la bouche située latéralement à l’extrémité d’une double rangée de cils inclinés et disposés en spirale , avec une tache colorée (prise pour un œil) derrière la rangée de cils,

* Le genre Ophryoglène, créé par M. Ehrenberg et placé par lui dans sa famille des Kolpodés ou des Infusoires censés pourvus d’un intestin a deux orifices latéraux , n’est distingué des autres Kolpodés que par la présence d’un point coloré situé à la partie antérieure et pris arbitrairement pour un œil.

Les Ophryoglènes , que je n’ai point vues me paraissent devoir être rapprochées des Bursaires en raison de la position de leur bouche à l’extrémité d’une rangée de cils. Leur corps est pourvu de cils vibi'atiles en séries longitudinales. M. Ehrenberg a décrit leurs organes sexuels qui sont, d’une part , des ovules colorés chez deux espèces , et d’autre part, une grosse glande centrale et une vésicule séminale contractile, laquelle est en étoile dans une espèce et ronde dans une autre. Les deux modes de division spontanée , en long et en , travers , ont été observées par lui sm- une espèce.

Les Ophryoglènes vivent dans les eaux douces stagnantes mais non dans les infusions.

I. Ophryoglène noire. — Ophryoglena aira. ( Ehr. Inf. Pl. XL,

fig. 6.)

Corps ovoïde comprimé , noir , conique ou pointu en arrière , œil noir au bord du front , cils blanchâtres. — Long de 0,15.

Elle est rendue presque opaque par des granules noirs trèsfins que M. Ehrenberg prend pour des œufs. Au milieu du corps, elle a une vésicule contractile entourée de cinq à six

rayons également contractiles ; sa boucîie est au fond d une fossette très-creuse qui paraît comme une grande tache claire étendue depuis le bord jusqu’au milieu du corps. Cet Infusoire a été trouvé dans l’eau d’une tourbière, près de Berlin en juin et juillet ; il est donné avec doute comme synonyme de la Leucophra mamilla. (Müller, lûf. Pl. XXI , fig. 3-5.)

2. OphryoglÈne POINTEE. — Oplirj-oglcna acuminata. (Ehr. 1. c.

fig- 7-)

Corps brun , ovoïde , comprimé , terminé en pointe et avec une queue courte. — Œil rouge. — Longueur 0,05.

Cet Infusoire , trop voisin peut-être du précédent , a été trouvé également dans l’eau des tourbières. Deux taches claires indiquées dans le dessin de M. Ehrenberg ont été nommées testicule et vésicule contractile ronde. Cet Infusoire , en se décomposant par diffluence , laisse sortir une foule de Navicules.

3. Ophryoglène JAUNATRE. — Ophrjroglena flavicans. (Ehr. 1. c.

fig. 8. )

Corps jaunâtre, ovoïde, renflé, terminé en pointe avec un œil frontal rouge. — Long de 0,18.

« Elle ressemble, dit l’auteur, à une Bursaire et s’en distingue seulement par son œil ( 1. c., p. 36o). » Les cils de la bouche sont un peu plus longs que dans les précédentes espèces ; elle a 1 2 à 16 rangées longitudinales de cils sur chaque face.

* Ophrjroglena? — {Bursaria? auranliaca. Ehr., Inf. Pl. XXXV,

fig- 9- )

On doit, je crois, rapporter ici l’Infusoire décrit sous ce nom par M. Ehrenberg, comme ayant «le corps ovoïde oblong, un peu pointu en arrière, obtus en avant, de couleur orangée avec une tache cendrée à la bouche. » Il vit parmi les Oscillaires ; l’auteur soupçonne que la bouche formant une grande fossette dans une tache grise pourrait être pourvue de dents comme celle des JVassuta.

HISTOIRE WATURELIiE

3® Genre. BURSAIRE. — Bursaria.

An. à corps cilié, ovoïde , ordinairement plus large et arrondi en arrière , avec la bouche grande, obliquement située à l’extrémité d’une rangée de cils disposés en spirale partant de l’extrémité antérieure.

Les Bursaires , comme nous les comprenons , ont bien l’ouverture et la forme d’une bourse , mais les micrographes ont ajipliqué cette dénomination générique , tout différemment que nous. Ainsi , comme nous l’avons déjà dit , il n’y a qu’une seule Bursaire de Müller qui mérite véritablement ce nom , et encore les figures qu’en donne cet auteur sont fort inexactes et ne peuvent faire comprendre que l’animal a le corps ovoïde ; mais cet auteur en a connu d’autres qu’il a reportées avec ses Tricliodes. M, Bory, changeant tout à fait l’acception dans laquelle doit être pris le mot Bursaire, a groupé sous ce nom , d’après les dessins de Müller , et de la manière la moins convenable , des Infusoires ayant , ditil , « le corps membraneux des Kolpodinées , destitué d’appendice , prenant dans la natation une forme concave , ou plus ou moins excavée en capuchon ou en poche , mais non en urcéole invariable. » On voit combien cette définition diffère de la nôtre. Aussi M. Bory, en prenant pour type de son genre Bursaire la B. truncatella de MüUer, qu’il suppose, sans doute d’après la figure de l’auteur, formée d’une membrane roulée sur elle-même en cornet , y réunit leParamecium chrysalis de Müller, le Kolpoda cucullio du même auteur et le Chausson de .Toblot, qui est bien certainement la Paramécie aurélie.

M. Ehrenberg avait établi un genre Bursaria , dès 1830, dans sa famille des Trachelina, lui attribuant un anus terminal et une bouche inférieure , sans dents, ayant une lèvre supérieui'e comprimée , stü)-carénée ou renflée. En 1838 , il définit ses Biu'saires des animaux à corps cilié de

toutes parts , avec le front renflé et prolon^jé , et la bouche simple , sans dents et sans appendice vibra tile , et il ajoute que ce sont des Leucophres à bouche latérale; et cependant on est forcé de regarder plusieurs de scs Leucophres comme de vrais Bursaires. L’obliquité plus ou moins prononcée de la bouche ne pourrait distinguer suffisamment les Infusoires qu’il met dans l’im et dans l’auti e genre , d’autant plus que lui-même est conduit encore à suljdiviser ses Bursaires eu deux sous-genres , réservant ce nom à celles dont la bouclie, quoique inférieure , atteint le bord frontal en avant , et nommant Frontonia celles dont le corps ( le front ) est prolongé en crochet au delà de la bouche et de sa lèvre. Toutefois , en attribuant une grande bouche à ses Bursaires , il leur réunit des espèces où l’existence d’une bouche est au moins douteuse , et que nous avons reportées dans d’autres genres , tandis que d’un autre côté il a placé dans les genres Leucophre , Loxode et Spirostome , des espèces que nous rapportons ici. Cet auteur a reconnu chez les Bursaires un suc digestif blanc ou rougeâtre ; il leur attribue , comme aux précédents Infüsoires, des ovules et des organes génitaux mâles. Les Bm-saires proprement dites se trouvent dans les eaux stagnantes entre les herbes ; elles sont presque toutes assez grandes pour être visibles à l’œil nu.

I. Bühsaibe troncatelle. — Bursaria truncalella , Müller (i).

Corps blanc , visible à l’œil nu , ovoïde gonflé , tronqué et largement excavé en avant , avec une rangée simple de cils. — Long de 0,56 à 0,f5,

Müller, qui la croyait formée d’une simple membrane blanche recourbée en forme de bourse, la trouvait abondamment près de Copenhague, au printemps, dans les mares et les fossés remplis de feuilles mortes de hêtre dans les bois; il lui accorde une

(l) Bursaria truncatella, Müller, Infus. Pl. XVII, f,g. 1.4, p. n5. Bursaria truncatella , Elir. [nfus. PI. XXXIV , fig, 5.

longueur d’une demi-ligne (1,12). M. Ehrenberg l’a également trouvé en abondance dans les tourbières auprès de Berlin, pendant les mois de février et de mars. Cet auteur a considéré comme un suc digestif ou gastrique le liquide diaphane qui entoure dans les vacuoles ou vésicules stomacales , les animalcules avalés par cette Bursaire, lesquels sont quelquefois des Rotifères ou d’autres Systolides ; il a observé aussi dans cet Infusoire une grande glande en formé de cordon , recourbée en arc.

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