‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 126 sur 179 · Épistylis digitale. — Æpislj'lis digitalis (i · texte numérisé non relu

Épistylis digitale. — Æpislj'lis digitalis (i

Animaux à corps long de 0,09 à 0,11, campanulé, très-étroit et allongé ou presque cylindrique, porté sur un pédicule dichotome, annelé finement, haut de 1,5 à 1,8 mill.

Müller observa cette espèce une seule fois , le 8 novembre , sur un Cyclope. 11 la décrit comme ayant le corps tronqué un peu obliquement, et son bord réfléchi, entaillé; elle se contracte au sommet, et son bord tronqué prend une forme conique. Le pédicule et ses rameaux peu nombreux sont fistùleux, plus courts et plus épais que dans les autres espèces. M. Ehrenberg l’a trouvée abondamment à Berlin, aussi sur lesCyclopes; il veut rapporter à cette même espèce la P^oriicella fraxinina de Müller (Infus., Pl. XXXVlll, fig. 17 ip. 276), que cet auteur a observée une seule fois, le 1 7 octobre , formant un groupe de capitules sessiles sur la queue d’un Cyclope, et qu’il décrit comme étant cylindracée , obliquement tronquée, avec deux paires de cils, et ayant son bord fendu au sommet.

Une Épistylis que j’observais le 9 novembre i838 dans l’eau de Seine sur des Calli triches, paraîtdevoir être rapportée aussi àcette espèce , quoique sa forme soit bien plus effilée à la base , et que son bord supérieur ne soit pas fendu. Elle était longue de 0,10 à 01,2, contractile en boule, avec deux pi’olongements étroits en haut et en bas, mais sans plissement. Son pédicule était aussi épais que sa base 0,01 , il ne m’a pas paru annelé.

* Epistj'lis? nutans (Ehr. Inf., PI. XXIX, fig. 1 , p. 284).

M. Ehrenberg rapporte avec doute au genre Épistylis cette espèce qu’il a observée sur le Myriophylle (juin 1882 ), et sur la

(1) Der dütcnformigc Afterpolyp. Roesel. Ins. Belust. 3. p. 607.

PI. i)8, %. 4.

Hydra digîlalis. Linn. Syst. nat. cd. X.

Brachionus digitalis. Pallas. Elench. Zooph. 61. f^orlicellri digitalis. Müll. Inf. Pl. XLVI,fig. 6. üigitalina lioeselii, et simplex. Bory. Encycl. i8-24- Epistylis digitalis. Ehr. Inf. Pl. XXVHl, lig. 4, etPl, L, % 7.

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flolloma palustris pendant l’hiver, sous la glace. Elle a le corps ovoïde, long de o,o6, aminci aux deux extrémités ou presque lusilorme, et annelé ou strié en travers comme le pédicule, qui se ramifie en un arbuste élégant haut de i , 2 à i ,8 ; sa bouche est plus distinctement bilabiée, à lèvres saillantes. Peut-être , dit l’auteur, serait-elle plus convenablement rangée avec les Opercularia , ou devrait-elle former un genre particulier.

Le même auteur rapporte aussi à son genre Épistylis quatre autres espèces, dont deux sont douteuses pour lui-même; mais toutes paraissent appartenir à des genres différents. L’une d’elles JE. vegetans a été décrite précédemment parmi les Monadiens sous le nom d’Anthophyse (voyez pag. 802) ; une autre, E. Botrj-tis (Ehr. Inf. , pl. XXVII , fig. IV) , pourrait bien être aussi un monadien agrégé. Les deux autres, E. parasilica et E. arabica, ont été trouvées dans la mer Rouge et ti'op imparfaitement observées pour qu’on puisse s’en former une idée précise.

* Genre Opercularia, Gold. — Epistylis opercularia {1).

Cette grande Epistylis , caractérisée par l’apparence d’un couvercle ou d’un opercule qui se soulève obliquement audessus du bord supérieur, a été vue par la plupart dos micrographes et prise pour type d’un genre , soit en raison de cet opercule, soit, comme le veut M. Ehrenberg , parce qu’elle présente des corps de diverse forme ; les uns semblables à des Epistylis, longs de 6,06, bilabiés, à lèvre supérieure en parasol ; les autres beaucoup plus gros , différents des précédents et différents entre eux. Ces corps sont portés par un pédicule roide, strié et articulé, très-rameux, haut de 4 à 6miU.,

{\) A/ter polyp mit Deckel. 'Roese\. 1ns. Bel. 3, p. 609, Pl. 98, fig. 5-6. Hydva opercularia. Linn. ed. X. — Vorticella opercularia. Linn. ed. XII.

Brachionus operculatus. P.nllas. El. Zooph. p. lo/p Polyp mil der Klappe. Eiclihoni. Beytr. p. 85, Pl. VII, fig. T. II. Opercularia arliculala — Campanella berberina — k'alvularia btlineala, Goldf. Zool. 1820, p.

Opercularia Jioesclii. — O. Bakeri Boiy, Encycl. 1824.

Opercularia arliculala. Ehr. Inf l838, p. 286-287.

que l’on trouve au mois de mars et d’avril fixé au corps des Dy tisques et des Hydropliyles. L’indigo ou le carmin délayés clans l’eau sont promptement avalés et remplissent de petites vésicules stomacales au nombre de 44 environ disposées en ceinture au milieu du corps. M. Ehrenberg ajoute qu’alors aussi, c< le trajet complet de l’intestin est nettement indique par la couleur , comme peu d’infusoires seulement le laissent voir (1). » Cet auteur admet chez cet Infusoire l’existence d’un muscle longitudinal interne destiné à faire mouvoir ee qu’il nomme une lèvre supérieure ombraculiforme.

Nous avons de notre côté rencontré , dans les étangs des environs de Paris , des Epistylis à corps long de 0,10, fusiforme, tronqué au sommet et montrant quelquefois au-dessus du bord supérieur une pièce saillante en forme de disque oblique ou d’ojoercule contractile, bordé de cils vibratiles. La cavité buccale devenait d’autant plus profonde ( PL XVI , fig. 8) , que cette pièce était plus soulevée , et elle était distinctement garnie de longs cils ondulants à l’intérieur ; mais on ne pouvait distinguer aucune trace d’un muscle rétracteur de cette sorte d’opercule : on voit d’aiUeurs souvent chez des V orticelles un prolongement operculiforme de cette sorte qui n’est point du tout caractéristique.

3' Genre. VORTICELLE. — Forticella.

Animaux d’abord fixés à l’extrémité d’un pédicule simple ou rameux, contractile, en spirale, et alors tantôt globuleux ou pyriformes en se contractant , tantôt campanulés , ou en forme de vase ou d’entonnoir à bords renversés et ciliés, quand ils s’épanouissent et quand ils excitent dans le liquide, au moyen de leur couronne de cils, un tourbillon destiné à amener les aliments à la bouche située dans le bord mémo ; devenant ensuite libres , en retirant complètement

(i) Audi wur nieistdcr g^n/.e Verlauf desDaimes clurdi die Eaibe sdiarf bezddinct, wices nurwçoig Iiil'usorien erkenncii lassen. (Elir., p. 2S7.)

DES INf LiSOIllES.

leur couronne de cils et prenant une forme cylindrique plus ou moins allongée ou ovoïde , en se contractant et se mouvant dans le liquide au moyen d’un cercle de cils ondulants qui se produisent en dernier lieu près de rextremilé postérieure désormais dirigée en avant.

Il n’est pas d’animaux qui excitent l’admiration du naturaliste à un plus haut degré que les \ orticelles par leur couronne de cils et par les tourbillons qu’elle produit , et par leur forme si variable et si différente dans les deux périodes de leur vie , et surtout par leur pédicule susceptible de se contracter brusquement en tire-bouebon en tirant le corps en arrière pour s’étendre de nouveau. Les particularités de leur forme et de leur double mode d’existence s’observent également chez les Epistylis , mais le pédicule contractile leur est exclusivement propre ; c’est*un cordon membraneux , plat , plus épais sur un de ses bords et contenant de ce côté un canal continu occupé au moins en partie par une substance cbarnue analogue à celle de l’intérieur du corps. Pendant la contraction ce boid épais se raccourcit beaucoup plus que le bord mince , et de là résulte précisément la forme de tire-bouchon ; cependant je ne crois pas que ce soit une fd^re charnue logée dans le pédicule qui produise ce raccourcissement , comme le veut M. Ehrenberg.

Le pédicule est simple chez la plupart des Vorticelles , mais il est rameux chez quelques-unes , et la contraction dans ce cas se propage plus ou moiiis vers le stipe ou . la base commune qui se contracte aussi quelquefois ellemême.

Le tégument très-contractile des Vorticelles est quelquefois strié en long et en travers de telle sorte que la surface paraît toute divisée en granules égaux régulièrement alignés; souvent aussi on aperçoit seiüement les stries transverses plus fortes et plus écartées. La face supérieure est formée par une membrane plus mince non réticulée à travers laquelle

se font plus facilement les exsudations de sarcode; elle est encadrée dans le bord supérieur , qui porte la couronne de cils et qui est interrompu par la bouche ; avec lui elle est entièrement rétractile à l’intérieur , et dans certaines circonstances au conti’aire elle est tellement poussée en dehors qu’elle forme une sorte d’opercule saillant comme celui des Epistylis.

Les Vorticelles ont trois sortes de cils : 1° la couronne de cils roides inclinés ou légèrement courbés dont le mouvement vibratile régulier produit le tourbillon destiné à conduire les aliments à la bouche et à creuser par son impulsion les vacuoles au fond prolongé de cette ouverture : les cils de la couronne sont déjetés les uns en dehors , les autres en dedans, et ils forment peut-être une double rangée , comme on le croit voir sur certaines espèces , ou bien ce sont les mêmes cils qui s’inclinent tantôt dans un sens , tantôt dans l’autre; 2“ la rangée postérieure de cils épais ondulants qui, destinés à la locomotion pendant la seconde période, se développent en arrière autour du tubercule ou du disque portant le pédicule ; 3“ des cils minces ondulants qui garnissent l’intérieur de la cavité buccale jusqu’à une profondeur souvent considérable, et qui sont quelquefois même compris dans mie vacuole ou vésicule stomacale.

A l’intérieur se voient comme dans tous les vrais Infusoires des vacuoles de diverse origine ou de diverse nature , les unes produites au fond de la bouche et logées au basaid dans la substance glutineuse vivante qui constitue leurs parois, les autres creusées spontanément dans cette même substance près de la surface ^ et devenant quelquefois trèsgrandes , se fondant plusiem's ensemble ou se contractant tout à coup. Il s’y voit aussi une masse demi-transparente , nommée sans preuve le testicule , et des corps étrangers ou des particules huileuses ou végétales précédemment avalées, et d’où résulte souvent une coloration bien prononeée , mais conséquemment très-variable et ne pouvant fournir de caractères spéciüques. C’est ainsi que les particules vertes des

DKS INFUSOTRES.

Spon,»illes , venant à se répaiulre an printemps dans l’eau où vivent en même temps les V or ti celles , doivent prodüire chez ces animaux une coloration qu’on aurait tort d’attribuer à des œufs ; et dans une autre saison ce sont des particules jaunâtres ou roussâtres qui produisent une coloration différente.

Les dimensions sont aussi extrêmement variables , et des VorticeUes d’une même espèce peuvent être deux fois, trois fois plus petites ou plus grandes et même davantage, suivant le degré de développement, ou même , si elles sont adultes, suivant la saison et suivant l’abondance de la nourriture. La forme aussi est tellement variable et mobile qu’elle ne peut d’une manière absolue servir à distinguer les espèces ; ce ne sera donc guère que par leur habitation dans l’eau de mer , dans l’eau douce ou dans les infusions , que nous pourrons caractériser sûrement les VorticeUes, à part les distinctions fournies par le pédicule plus ou moins épais , simple ou rameux.

Midler a vu et décrit un grand nombre de VorticeUes, sans se faire une idée bien précise de leur organisation. M. Ehrenberg, comme nous l’avons déjà dit, sépara d’abord les espèces à pédicule roide , les Epistylis , et partagea en trois genres celles dont le pédicule est rétortile ou susceptible de se rouler en tire-bouchon. Ses trois genres, en 1830, étaient les VorticeUes, dont le pédicule est simple et toujours plein ; les Carchesium , dont le pédicule simple ou rameirx est creusé d’un canal occupé par un muscle ; et les Zoocladium , qui sur des pédicules creux et ramifiés portent des corps de diverses formes. Plus tard , en 1838 , il reconnut que les VorticeUes comme les Carchesium ont le pédicule creux, et il distingua ces deux genres uniquement en attribuant au second un pédicule rameux ; par conséquent il reporta avec les VorticeUes tous les Carchesium à pédicule simple. En même temps il changea le nom de Zoocladium en Zoolhamnium pour désigner les VorticeUes rameuses dont les corps ou capitules sont de diverses formes. A ses VorticeUes il at-

inSTOinE tîATUnELLE

trihuc dos estomacs dont le nombre s’élève jüsqu’A -10, et im intestin recourbé (serpentant) dans lequel on peut, dit-il, reconnaître avec difficulté le passage successif des aliments , parce que son extrême contractilité s’y oppose (1) : cet auteur prétend aussi que la couronne frontale de cils est simple , et que si elle paraît double , c’est une illusion d’optique (2).

Les Vorti celles se propagent par division spontanée transverse ; certaines espèces , formant le genre Zoothamnium de M. Ehrenberg, ont quelques capitules beaucoup plus volumineux et qui paraissent destinés à reproduire à la fois un gi'and nombre d’individus ; on voit d’aiUeurs se former souvent à la base des VorticeUes, près de l’insertion du pédicule.

(1) Und man kann sich ein allmâhliges Fortrücken der Speise in einem schlingenartigen Darmschlauche mühsam deutlich machen , -wobeî jedoch das Zusammenschnellen sehr stœrend ist. Leichter beobachlet es sich bei Epistylis und Opercularia. (Ehr. Inf. l838, p. 269.)

(2) M. Pellier a publié en i836, dans le journal l’ Institut, des observations fort curieuses , mais qui ne peuvent être admises sans discussion, parce que certaines apparences ont été décrites par cet auteur comme des réalités. En effet, il dit avoir reconnu que c( le corps d’une Vorticelle très-voisine de la V. Citrine par sa forme, et de celle en ombelle de Roesel par son groupement , est formé par une membrane composée de séries annulaires de petits globules parfaitement alignés; son extrémité postérieure ressemble à une petite coupelle contractile dont les libres sont longitudinales; <à cette coupelle est attaché Un pédoncule composé de deux parties : une fibrille d’un seul rang de granules, et une gaine qui lui est adhérente, d’espace en espace, par des points qui sont successivement opposés ; dans la contraction , il se forme des zigzags qui ont leurs plis à l’endroit de ces attaches...,* M. Peltier admet aussi que la face antérieure est fermée par une membrane villeuse, au bord de laquelle est l’ouverture d’un petit canal pénétrant obliquement jusqu’au tiers du corps, et dont le fond paraît fermé et est armé de quelques lamelles vibratiles. Ce canal pour l’auteur ne peut être ni une bouche ni un estomac, « L’intérieur du corps, dit-il-, est rempli d’un liquide dans lequel nagent les parcelles de substances qui y ont pénétré. . . ces corps changent souvent de nombre, de place et de rapports entre eux ; dans ces diverses mutations, il en est qui pénètrent dans le canal par une communication qui n’est pas visible ; quelques-uns y sont dissous par le mouvement des lamelles, d'autres sortent sans être désagrégés..., Quelquefois il se forme des apparences

des corps bulbilbrmes qui se développent en capitules ordinaires ; on a regardé aussi comme des corps reproducteurs de petites particides blanches adhérentes au pédicule de certaines espèces ; enfin on a attribué de véritables œufsaux Vorticelles , et M. Ehrenberg veut que ces œufs soient les granules blancs ou colorés dont le corps de ces animaux est souvent parsemé ; mais nous ne pouvons partager cette opinion que rien ne démontre ; et d’ailleurs nous pensons que les Vorticelles produites constamment dans les infusions, n’ont pu provenir d’un de ces modes de propagation.

I. VoRTiCELLE RAMEtiSE. — V orticella ramosissima. Pl.XIV.flg. i i(i)-

Animaux longs de 0,043 à 0,06, blancs , coniques ou campa-

vésiculeuses qui ne durent qu’un instant et disparaissent sans laisser aucune trace , et sans que les globules voisins soient dérangés.... Par l’inanition prolongée, les agglomérats diminuent de nombre; au bout de cinq à six jours, lorsque la Vorticelle est tout à fait alTaiblië, elle les a tous perdus, elle n’est plus alors qu’une membrane très-tiiilice et très-diaphane dans laquelle on ne voit aucun organe. Lorsqu’on Joint l’asphyxie à l'inanition , de grosses vésicules opalines apparaissent au dehors et doublent le contact avec le liquide; dans cet état, l’animal a cessé tout mouvement ; bientôt les particules du corps se désagrègent ; il diminue d’heure en heure, sans laisser apercevoir aucun indice d’intestin ni de cœur ; chez d’autres il se fait une rupture dans une

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