CHAPITRE IV
DES ORGANES GENITAUX DES SYSTOLIDES.
Les SysLolides montrent tous, quand ils sont adultes , un ovaire bien distinct contenant des œuls peu nombreux , mais d’une grosseur considérable relativement au volume de l’animal; ces œufs traûspal'ents laissent ordinairement voir dans l’intérieur le jeune animal , ou au moins ses mâchoires , qui sont formées de très-bonne heure , et les points rouges qu’on a pris pour des yeux.
Pendant la saison chaude , les oeufs ne tardent pas à éclore; mais à l’approche de l’hiver ils acquièrent fine coque plus épaisse, souvent épineuse, et sont destinés à n’éclore qu’au printemps suivant. Ces œufs épineux, observés par d’anciens micrographes, avaient été pris pour toute autre chose; M. Turpin notamment les rapporta au règne végétal.
Chez certains Systolides, tels que les Rotifères et \es Albertia^ les œufs éclosent avant d’étre pondus ; cependant ces animaux j de même que tous les autres Systolides j ne sont point réellement vivipares, car en même temps que les embryons déjà éclos et mobiles , on voit dans leur ovaire des œufs à divers degrés de développement entièrement semblables à ceux des espèces voisines.
Plusieurs autres Systolides de la famille des Brachioniens portent leurs œufs attachés à la base de leur queue ou à la partie postérieure de leur cuirasse. Les Tarcligrades présentent une particularité remarquable en ce qu’ils abandonnent leurs œufs dans la peau dont ils se dépouillent.
Gomme tous les Systolides sont pourvus d’un ovaire et qu’on n’a point observé chez eux d’accouplement, on est porté à admettre que ces animaux se propagent par m'onogénie, ou qu’au moins ils présentent un liermaplirodisme complet ; pour justifier cette dernière opinion, M. Ehrenberg a ^cherché des organes mâles chez les Systolides , et il a cru pouvoir nommer testicules deux cordons latéraux, sinueux, qui nous paraissent plutôt être en relation avec les organes vibratiles intérieurs ou organes respiratoires. Mais ces cordons ne s’aperçoivent pas toujours, et l’on n’a aucune preuve directe de la justesse de cette interprétation.
HISTOinE NATURELLE
Le même auteur, pour expliquer le mécanisme de la fécondation chez ces animaux , supposés hermaphrodites, a attribué les fonctions de vésicule séminale à un sac globuleux, diaphane, situé au voisinage de l’anus, et que l’on voit se gonfler alternativement en s’emplissant d’un liquide limpide comme l’eau, puis se vider brusquement en se plissant plutôt qu’en se contractant : on n’aperçoit aucun indice de l’expulsion du liquide hors du corps ; et d’ailleurs , la fréquence des contractions de cet organe ne se concilie guère avec l’idée des fonctions génitales, aussi pensons-nous que son rôle se rapporte plutôt à la respiration interne dont nous parlerons plus loin. D’un autre côté, les recherches de M. Doyère sur les Tardigrades pourraient conduire à croire ces derniers animaux pourvus de testicules et "même de zoospermes.
M. Ehrenberg avait aussi d’abord été conduit par sa méthode d’investigation , à prendre pour un organe copulateur , l’appendice en forme de tube droit qu’on observe près de l’extrémité antérieure, ou de la bouche des Rotifères ; il le nommait pénis ou clitoris ; aujourd’hui il l’appelle éperon [calcar] et le regarde comme un tube respiratoire, servant à amener l’eau sur les branchies intérieures , quoiqu’on ne voie absolument aucun indice de l’entrée et de la sortie de Feau. par l’extrémité. ,