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CHAPITRE V

DE LA CIRCULATION ET DE LA RESPIRATION, DES ORGANES DES SENS, ETC., CHEZ LES SYSTOLIDES.

Divers auteurs, comme M. Bory Saint- Vincent , ont attribué aux Systolides un système circulatoire , en prenant pour un cœur le bulbe pharyngien, dont les contractions péristaltiques et presque continuelles font agir les mâchoires. M. Ehrenberg, ayant démontré la vraie signification de ces derniers organes , chercha ailleurs l’indice d’un système circulatoire , et il crut l’avoir trouvé dans les plis longitudinaux et transverses , que chez les Systolides il nomme des vaisseaux. Ce seraient donc des vaisseaux assujettis à se couper exclusivement à angle droit, sans s’anastomoser d’aucune autre manière. Plus tard encore , le même auteur a prétendu avoir découvert un réseau vasculaire à mailles très-nombreuses et très-serrées , formant une bande uniforme près du bord du vaste entonnoir cilié qui entoure la bouclie ; mais il nous paraît bien plus probable que le fluide nourricier, qu’on pourrait nommer le sang , est librement répandu dans l’intérieur du corps , quoique nous ne puissions regarder comme de véritables globules sanguins , ainsi que l’a fait M. Doyère , les globules granuleux qui se voient dans les Tardigrades entre .l’intestin et l’enveloppe externe.

La respiration chez les Systolides paraît s’efiectuer en général par le contact des cils vibratiles et de la surface charnue qui les porte , avec le liquide sans cesse

HISTOIUE NAÏUUELI.E

renouvelé par Tagitalion des cils ; mais pour les syslolicles dépourvus de cils vibratiles , il doit assurément exister un autre mode de respiration , quoique chez les Floscularia et les Tardigrades aucun organe ne puisse être jugé plus spécialement approprié à cette fonction , à moins que ce ne soit la surface entière du corps pour ces derniers , et les grands cils filiformes pour les Floscularia.

Certains Systolideé , quoique pourvus de cils vihratiles , laissent voir à l’intérieur plusieurs paires d’organes très -petits, vibratiles ou tremblotants, que M. Ehrenberg a aperçus le premier, et qu’il décrit comme ayant la forme d’une note de musique. J’ai, de mon côté , décrit, dans l’Albertia (Ann. scienc. nat., 1838), et observé dans beaucoup d’autres Systolides , ces organes vibrants , que je crois bien être en effet destinés à la respiration , mais ils m’ont toujours paru formés d’un filament court , a^ité d’un mouvement ondulatoire.

Je Crois bien en outre que la vessie contractile des Systolides pourrait être aussi un organe respiratoire, comme je l’ai dit précédemment , et non comme le veutM. Ehrenberg , un organe de fécondation individuelle , un réservoir de liqueur séminale , ce qui supposerait une prodigieuse sécrétion de ce liquide et une répétition de l’acte de la fécondation nullement en rapport avec le nombre des œufs , puisque la vessie se contracte souvent six fois par minute. Comme d’ailleurs on doit reconnaître que l’eau peut pénétrer librement dans l’intérieur du corps pour baigner les organes vibrants , ainsi que le proiive la variabili té du volume total, par suite de la contraction des téguments , cet auteur veut quei’introduction du liquide ait lieu par l’appen-

clice ou réperon {calcar) , qu’il avait dit précédemment être un organe génital mâle ou femelle , et qu’il regarde avec aussi ])eu de fondement aujourd’hui comme un tube respiratoire ; mais , je le répète , rien ne peut dénoter l’existence d’un courant de liquide entrant ou sortantpar l’extrémité de cet appendice, etles couleurs, délayées dans l’eau , au moyen desquelles on reconnaît si facilement les tourbillons ou les remous dans le liquide , donnent dans ce cas un résultat négatif.

M. EhrenbeVga été conduit à attribuer un système nerveux aux Systolides., en partant de cette supposition que les points rouges observés*à la région frontale ou dorsale chez plusieurs d’entr’eux sont des yeux qui doivent être supportés par un nerf ou ganglion optique. Par suite , cet auteur a représenté des ganglions et des nerfs chez’ plusieurs de ces animaux, et même chez l’Hydatine , qui n’a même pas de points rouges ; toutefois, il a, dû reconnaître que la grande transparence de ces prétendus nerfs ne permet pas de les distinguer suffisamment.

Pour nous , sans vouloir nier que ces points roiiges n’aient une certaine analogie avec le point coloré qu’on observe chez les Cyelopes , et qu’oii peut nommer un œil , nous ne pouvons leur attribuer une trèsgrande importance , car il est constant que ces points rouges disparaissent chez beaucoup de ces animaux devenus adultes , et d’un autre côté, ils se montrent plus ou moins distincts , suivant le degré de dévelop- ■ pement que la saison et le lieu d’habitation , ont permis d’atteindre à certains Systolides. Ge n’ést donc pas de la présence de ces points rouges si variables que nous voudrions conclure à l’existence d’un système nerveux; et par conséquent aussi nous ne voudrions

IHSTOIKE NAlÜIŒLliE

pas prendre nos caractères génériques pour la classification des Systolides dans la présence et dans la disposition de ces points rouges.

Les observations importantes de M. Doyère sur les Tardigrades tendent à démontrer chez les Systolides Texistence d’un système nerveux tout autre que celui que M. Ehrenberg a admis; mais quoique dans ces observations , dont nous avons été témoin , il y eût assurémement bien autre chose que des inductions, cependant nous croyons devoir attendre qu’elles aient été vérifiées et soumises au contrôle des autres micrograpbes , et que le mode d’expérimentation de M. Doyère ait été appliqué avec autant de bonheur à d’autres Systolides. ’ .

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