CHAPITRE VI
DES MOYENS DE TKOUVER , DE CONSERVER ET. d’ÉTI;D1ER LES SYSTOtlDES. *■ .
A l’exception des Rotifères et des Tardigrades , qui vivent dans les lieux simplement humectés soit temporairement, soit constamment, et des Albertia qui vivent dans l’intérieur du corps des Lombrics et des Limaces , tous les Systolides habitent, comme les Infusoires , les eaux, où leur petitesse les dérobe également à la vue ; leur recherche est donc également subordonnée au hasard, et le mieux, pour les trouver, séra d’explorer avec une loupe les parois d’un flacon ou d’un bocal contenant l’eau qui est censée contenir ces animaux. Ce sont les eaux stagnantes ou peu agitées qui baignent des plantes aquatiques , soit dans la mer, soit dans les rivières, ou les marai's, ou les fossés.
DÏS INFUSOIRES.
qui les contiennent plus ordinairement; c’est. souvent dans les ornières remplies depuis plusieurs jours par les eaux pluviales qu’on en rencontre le plus. On ne les trouve jamais dans les véritables infusions (1) ni dans les eaux putréfiées. Il est même très-difficile de conserver longtemps vivants la plupart des Systolides dans des vases avec l’eau et les herbes aquatiques.
C’est parmi les Gonferves et les Lemna ou Lentilles d^eau que vivent la plupart des espèces d’eau douce, quelques - unes se tiennent presque exclusivement fixées , soit isolées , soit en groupes sur les Cératophylles, sur les Myriophylles et les Hottonies , tels sont les Mélicertiens.
Quant aux Systolides qui ne vivent pas dans l’eau, mais qui n’exigent qu’un certain degré d’humidité. On les trouve soit dans la terre humide, soit sur les Hypnum , pris à l’omhre dans les bois , en lavant avec un peu d’eau ces mousses ou cette terre on trouve à la fois des Rolifères , des Anguillules , des Bacilla- .riées , etc. Mais c’est surtout dans les touffes de Bryum exposées à des alternatives de sécheresse et de végétation sur les toits , sur les murs et dans les allées de jardin , ainsi que dans le sable des gouttières que l’on rencontre plus fréquemment les Rotifères et les Tardigrades. C’est dans ce sable que Spallanzani observa ces animaux sur lesquels il put constater le singulier phénomène de leur résurrection après une dessiccation
(i) On trouve quelquefois des Rotifères, des Furculariens et quelques autres Systolides dans des infusions ou plutôt dans des macérations non putréfiées de diverses plantes vertes sur lesquelles se trouvaient par hasard les œufs de ces animaux. C’est ainsi que Joblot en a observé dans les infusions de foin.
Irùs-prolongéc. Ce fait sî extraordinaire fut révoqué en douté par la plbp.Vrt des naturalistes ([ui vinrent ensuite , et notamment par M. Bôrÿ et par ]\i, Èlirenberg. Mais M. Scliul'tze , ayant plus récemment répété toutes les observations de Spallanzani , en reconnut l’entière exactitude et mit tout les micrographes en mesure 'de les vérifier comme lui. Depuis lors personne h’a douté que les Rotifèrés et les Tarcligra'des , exposés, durant un été brûlaht, à la sécheresse^ sur les toits, aù milieu des touffes de Bryum nu du sablé dés gouttières , ne puissent reprendre la vie , qûaiid ils sôh^ humectés de hôiivéau. Ces animaux , ainsi desséchés , sont contractés en petites boules translucides , assez dures ; leur enveloppe cornée semble les prôt’égér c'ôntre les égétits éxt'érieurs et leur permet de conserver une- Vie latente , dont la durée est indé-
finie. Quant aux Systolidés habitants des eaux, on a pu mésurèr là durée de lehr vie ; M. Ehrenberg rccoiind que rHydàtitié *pe'ùt vivre dix-huit à vingt jours en aut'ôVà'dé ; mais cette durée doit varier sui-* vant la température et suivant la facilité que l’animal troùve à faire sa ‘ponte, après laquelle il ne tarde pas à mourir.
Les espèces cjüe l’on petit obsérver datis les eaux , conservées depuis plusieurs mois , sont peu nombreùses : ce sont divers Futctilariehs et Rotifèrés , des Ta'rdigrcâdes, dés Flôrcùla'rîa , des Goliirelles et des Lépadelles.
Les règles que nous avons données dans notre livre pour la manière d’observer et de représenter les Infusoite's , sont toutes applicables ici ; niais la présence du tégument solide et des mâchoires periuettra d’obtenir des résultats plus précis, avec certains
DEfe itJFUS'OïteS. 5ÎV5
réactifs, tels (Ju'c la jiotaâsé , l’a'cide nilH'que, etc.; et, tVun autre coté*, l’éVhjlîbi cïü conijircss'èür , qui a si bien rcüsM à M. D'ôyèfe pôUr rétüde des Tairdigrad'es, fera cônbaîtrè "des détails dVrganisàtion inajîerçus auparàtavant.