CHAPITRE VII
DE lA. èfeVsSiri'cXTkbÿf deS sVstbtiDEs.
11 tious paraît tôüt aiissi diffiteilte d’établir actuellement uft'e clàSsificatiôh pbüfr les SyStblideS que pour les Infusoires ; si leiit bfcgàhisatibn est mieux connue sur certains p'oîntsj elle laiSsè tependant endOrfe tant à connaître; les décolti^rtbS oli plutôt les interprétations de M. Ehrenberg §ôht fenébre , p'ô'ur la plUpa'rt si contestables, et-, d’un autre côté , tes rédiételltes laborieuses de M. Dôyèrb fbht prévoir tàttt de découvertes ré'ellès dàUs l’étU'de déS àni'Uiâlix inférieurs, qu’on est naiUréHéin'eilt p’ôtfé à àjbürner tout travail définitif sur ces animaux. Il b'ônViéUt dépendant, comme nous l’aVohS fait' déjà pour lés Infusoires , d'examiner là valeur deS cla'ssifîcàtîbns antérieures , et daüs le cas d’insuffisarfëe 'dé dés classifications, d'en préposer nous-même quelqu’une provisbirément , qUi nous paraisse plus prUpde à guider le's observateurs dans là recherche de'céè 'êtré%.
O. F. Mülle'r, comme nous l’âvOns dit plû^ îlaut , ne peut êtré consùlté qù'è poùr lâ'déferminaiion et la synonymie de quelqü'es espècds des plus cômmune's , qu’il a réparties dans ses genres Rraebion, V'orticellc, Ccrcairc et Trichode. Lâmarck, sans avoir observé luimeme , lit judicieusement la distinction du genre Flir-
HISTOinE NATURELLE
culaire établi aux dépens des Vorticelles de Millier; il forma aussi un genre Furcocerque et un genre Trichocerque, qui ne diffèrent que par Tabsence chez celui-là des cils vibratiles dont celui-ci est pourvu : les espèces qu’ils comprennent sont des Cercaires et des Trichodcs de Millier, et doivent presque toutes être classées parmi les Systolides. Lamarck créa un autre genre Ratule pour deux Tricliodes de Millier qui sont aussi des Systolides; mais il laissa dans son genre Vorticelle, plusieurs animaux appartenant à la même classe , et forma son genre Tubicolaire avec quelques autres Systolides, décrits par M. Dutrochet sous le nom de Rotifères. Le seul genre Furcocerque était laissé par Lamarck dans sa classe des Infusoires ; ses Brachions et tous ses autres genres comprenant des Systolides constituent le premier ordre de sa classe des Polypes , l’ordre des Polypes ciliés , dans lequel il veut comprendre également les Vorticelles, les Vaginicoles et les Urcéolaires , qui sont de véritables Infusoires et dont nous avons formé les familles des Vorticelliens et des Urcéolariens. Lamarck attribue à tous ses Polypes ciliés , la faculté de se multiplier par des scissions naturelles de leur corps et aussi par des gemmes , ce qui h’est vrai que pour ceux qui doivent être reportés avec les Infusoires ; il les divise en deux sections , savoir : les J^ibratiles , ayant près de la bouche des cils qui se meuvent en vibrations interrompues , et les Rotijères ayant un ou deux organes ciliés et rotatoires, lesquels organes il croit, d’après M. Dutrocbet, être un organe unique, plié de manière à présenter la figure d’un 8 renversé, et quelquefois même plié en trois ou en quatre roues partielles, et dont le bord est un cordon circulaire , qui , par des zigzags
fréquents, forme une multitude d’angles saillants et aigus, qui imitent des dents ciliiformes. La section de ses Polypes ciliés Vihratiles comprend les genres Ratule , Trichocerque et Vaginicole , dont les deux premiers seulement sont des Systolides; celle des Polypes , ciliés Rotijhves comprend les genres Folliculine, Brachion, Furculaire,UrcéoIaire,Vorticelle etTubicolaire.
M. Bory de Saint-Vincent , dans sa classification des Microscopiques, a confondu les Infusoires et les Systolides ; cependant il a créé pour ces derniers un grand nombre de genres qui méritent bien d’étre conservés, quoique leurs caractères imparfaitement tracés , aient besoin d’être rectifiés et disposés d’une manière totalement différente.
Dans son premier ordre , parmi ses Gyranodés , qui sont censés être les animaux les plus simples , sans aucun organe , ni cirres vihratiles , cet auteur a placé les genres Furcocerque et Trichocerque de Lamarck , avec les genres Céplialodele et Léiodine , qui en sont des démembrements , et qui sont également des Systolides ; il en forme sa famille des Urodiées, caractérisée par un appendice caudiforme, bifide ou bifurqué, mais dans cette même famille il comprend un genre Ty , formé parle Fibrio maliens de Müller (Miill., Infus., PI. Vlil, fig. 7, 8) qui n’est pas suffisamment connu , et un genre Kerobalane , mal à propos institué pour des Vorticelles détachées de leur pédicule.
Dans son deuxième ordre, parmi ses Tricbodés , qui sont censés n’avoir ni bouche ni organes internes
(i) M. Bory, dans l’Encyclopé Jie méthodique et dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle , admet un genre Trichocerque dans la famille des Urodiées , et un autre dans la famille desThikidées.
HISTOIHE NATURELLE
(]éterniinés , mais qui présentent des poils ciliaires, M. compose sa troisième famille, celle des Urorléos avec les deux genres Ratulc et Diurelle , celui-ci ayant un double appendice cunéiforme , et celui-là ayan^ une queue simple ; ces genres étant composés au moins pn partie ^ avec clp^ S;ystqUdes^ dont Minier avait fait des Triebodes.
Dans son troisième ojdre , pprmî scs Stqmobiépbarés, qui ont une bouche munies de çüs vibratiles , mais non d’prqanes rp^tpires. M. Bory comprend d’abord dims le genre Synanthérine de la famillp des ürcéplariens , la J^orticella socialis de Müller ; dans la deuxième famille , celle des Tlnkldées , il comprend la majeure partie des Systpliçles sqn§ appareil rotatoire , et il en fprme les genreg Filme ^ Monocerque , Furçulaive et Triclij^cerqiie , apxquelf i\ qsspeie mal à propos le genre Yaginicoje,
Son quatrième ordre , celui des Rptifères , est formé de Systolides , çpmpoppt le^ gppfes Bqkérine, Tubicqlaire , Bfég^qlotroçl^e Èzècliièli\ie , auxquels est réuni le genre Folliculine , établi pour la seule Vortiçella ampullq de Mpller, qui est une yaginicole.
Les Bakérines , réunies d’abord par M. Bpry aux Folliculines, n’pnt été vues que par I^aker {Empl. ofüie inicr., PI. XI fig. 11, 112) , Ips Tubicolaires et les Mégalotrocbes , sont des genres que nous conservons sous pe nom , les Ezéchiplineg sopt nos Rotifères.
L’ordre des Crustodés enfin , le dernier de la classification de M. Bory, comprend tous les Systolides revêtus d’une enveloppe résistante ou d’une cuirasse , et qui spnt des Braçbions de Laniarjv ; il se divise en trois lamilles : 1” les B rachionides ayant le corps muni pps-
téricurcment de queues ou d’appendices, et, antérieurement, de cils vibratiles ; 2® les Gymnostomées ayant également en arrièx'e des appendices caudiformes articulés, mais totalement glabres ou dépourvues de cils en avant; 3” Les Ciiharoïcles ^ qui sont pourvus de cils vibratiles , mais qui n’ont pas d’appendices postérieurs ni de queues! Dans la famille des BrachTonides , les espèces pourvues de deux organes rotatoires distincts forment les genres Braclnon , Siliquelle et Kératelle, qui ont un têt capsulaire urcéolé , et les genres T ricalame et Proboskidie qui ont un têt univalve ou en carapace. Les espèces dont les cils vibratiles ne se développent jamais en deux rotatoires complets et distincts forment les genres Testudinelle et Lépadelle, qui ont un têt univalve ou en carapace , le genre Mytiline , qui a le têt bivalve, et le genre Squatinelle , qui a le têt capsulaire. La famille des Gymnostomées , caractérisée d’après une observation inexacte, comprend, comme la précédente, des espèces pourvues de cils vibratiles ; M. Bory en a fait les genres Silurelle , à têt capsulaire , Colurelle , à têt bivalve , et Squamelle , à têt univalve. Quant à la famille des Ciibaroïdes , elle renferme le seul genre Anou relie composé de Systqlides avec les Pîœsconies et les Coccudines , qui sont de vrais Infusoires.
M. Ehrenberg , s’appuyant sur des observations nombreuses et sur des découvertes réelles, a le premier présenté , pour les Systolides ou Rotateurs, une classification distincte, dans laquelle malbeureusement il a accorde trop d’importance à des caractères fugitifs ou liasés sur des interprétations forcées. Prenant d’alxord en considération , comme pour les Infusoires , la présence d’une enveloppe extérieure qu’il veut nommer
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une cuirasse, quelle que soit sa nature , il forme deux séries de tous ses rotateurs, parmi lesquels il comprend les Flosculaires , dont les cils ne sont nullement rotateurs, mais dont il exclut les Tardigrades. Il les divise en Rotateurs nus et Rotateurs cuirassés. Or, comme nous lavons déjà dit , tous les Systolides ou Rotateurs sont revêtus d’un tégument résistant, de sorte que pour généraliser le caractère fourni par la présence d’une cuirasse , l’auteur est forcé de nommer cuirasse tantôt une portion épaissie et plus résistante du tégument propre , tantôt un fourreau diaphane que les Flosculaires lui ont montré à Berlin , et dont ces animaux sont constamment dépourvus en France, ou bien la sécrétion mucilagineuse dans laquelle sont engagées en partie les Lacinulaires ou même l’étui des Mélicertes , qui est évidemment formé de substances étrangères agglutinées par un produit de sécrétion. Aussi , à notre avis , ne doit-on pas chercher un caractère de première valeur dans la présence de ces enveloppes non organisées, ou de ces épaississements du têt qui seront au contraire à peine suffisants , dans bien des cas , pour distinguer des genres ou même des espèces. M. Ehrenberg, toutefois, en persistant à séparer ses Rotateurs en deux séries parallèles , a basé, dans son dernier ouvrage , ses divisions principales sur le mode de distribution des cils vibratiles, lesquels, dit-il, doivent former une roue ou plusieurs roues , ou seulement une paire de roues symétriques ; de là une distribution de tous les Rotateurs en trois sections , les Monotrocha, les Poljtrocha et les Zjgotrocha , comprenant chacune deux séries de genres pour les Rotateurs nus ou cuirassés. Mais ces caractères , tirés de la disposition des cils vibratiles , n’ont point la valeur
absolue et le degré de précision que leur accorde l’auteur, lequel est forcé de convenir que les caractères qui seraient fournis par la forme et la disposition du canal digestif et de l’appareil dentaire ne peuvent nullement concorder avec ceux-là.
La première section, celle des Monotrocha , caractérisée par la présence d’un organe rotatoire simple , .continu, est subdivisée en deux groupes , suivant que le bord de cet organe est entier (kolotroclia)^ ou échancré {Schizotrocha). Chacun de ces groupes forme deux familles, les Holotroques nus ou Ichthydina, et les Holotroques cuirassés ou OEgistina , les Schizotroques nus oa Megalotrochæa, et les Schizotroques cuirassés ou Floscülaria.
Les deux dernières sections forment chacune deux familles , savoir : les Poly troques nus ou Hydatinæa, les Polytroques euirassés ou Euciilanidota , les Zjgotroques nus ou Philodinæa , et Zjgotroques cuirassés ou Brachionæa.
Le caractère dont M. Ehrenberg fiit le plus d’usage pour la division de ses huit familles lui est fourni par les points rouges qu’il nomme des yeux. Cet auteur distingue donc des genres dépourvus d’yeux d’autres genres avec un œil , ou avec deux yeux , ou avec trois ou plusieurs yeux, lesquels sont diversement situés sur le dos ou près du bord antérieur. Mais , comme nous l’avons dit plus haut, ces prétendus yeux étant susceptibles de disparaître dans certaines circonstances d’âge ou de développement , l’emploi de ce caractère a fait placer, dans des genres différents , des Systolides , qui ne sont peut-être que des variétés d’une même espèce. M. Ehrenberg, après avoir ainsi divisé les familles d’après le nombre et la disposition des yeux ,
emploie pour arriver à la distinction des genres, divers caractères pris surtout des appendices extérieurs , tels que la queue quul nomme aussi le pied , et de la cuirasse ou du fourreau.
Ainsi , la première famille , celle des Ichlhjclina 5 contient l^s deux g^nrqs Pj^^ura sans yeux , et Glçnophora ayant deux yeux , té. dernier très-imparfaitement connu , et avec eux les eenres IchtliYclium et
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C/icçtQnotus , que po^s réunissons aux Intuspqes , et qui diflèrept des Ptygura également dépourvus d’yeux, pî^rce que ce deypier a le prolongement postérieur tronqué , tandis qu’ils sont bifurques en arrière.
La dgu^lème farqille, QEcistinçi ^ qe contient qqe deux genres peu étudiés ; 1 OEcistes , ayant pne enyeloppg particulièpe, pqur chaque anjinai ; 2“ Çono- , ayanÇ upç epyglpppp, cqrnmunp ppur plusieurs
animaux.
La troisième faniüle , Me^alotrocliœa forrne trois genres : 1° le Cyphonautes sans yeux , cpptenant une seule espècp observée dans |a rner Baltique ; 2” le Microcodon , ayant un seul ceil, pt très-impariaitement
connu ; 3“ le M%cdotrocha , ayant deux yeux.
La quatrième famille, Floscidaria, se divise en six genres, qui sont : les Tiibicolaria , sans yeux ; les Stephanocei'os ^ avec un œil dans le jeune âge ; et quatre autres genrés , ayant deux yeux dans le jeune âge , et distingués par le mode de division de l’organe rotatoire présentant deux lobes chez les Lipinias , qui ont des enveloppes séparées , et chez les Lacinularia , qui ont des enveloppes communes ; quatre lobes chez les Melicerta, et cinq à six lobes chez les Floscularia.
La cinquième famille , celle des Ifydalinœa , est la
plus nombreuse \ elle ne comprend pas moins de dixhuit genres , dont trois , privés d’yeux , se distinguent par la présence et par la forme des mâchoires , VE?itej'oplea , étant totalement privée de mâchoires ; VHydatina^ ayant des mâchoires à plusieurs dents , et le Ple\irotrocha , ayant des mâchoires unidentées. Un genre Furçi^laria a un §eul œil frontal ; cinq autres gepres n’ont aqssi qu’un seul œil , mais situé plus en arrière sur la nuque; l’un d’eux , Monocerca , a un seul appendice caudifofme ou pied en forme de stylet ; un autre Poljarthra est dépourvu d’appendice caudiforme ; les trois autres étant terminés par un appendice fourchu , sont le Notommata , qui n’a avant que des cils vihratiles , sans {\ppendi^ps en crochet ou en stylet; le S^n^liœta , qui a de^ soies roides en stylet avec les cils vihratiles, et le Scaridium ^ qui en outre a aussi des cirres en crochet ou çqrniculés. Parmi les Hy^latinées ayant deux yeux, un seul genre Dis- Lemma, Iç^ a sur la nuque; trois autres genres les ont plus en ayant , au front : ce sont le Diglcna , qui a le corps terminé par un appendice fqurchu ; le Tviarihra et le Pattu(n^ qui qnt le çprps terrniné par un appendice unique en stylet , iqais qui diffèrent par les appendices latéraux dont le Triarthra seul est pourvu. Le Ti ioplitalmus a trois yeux à la nuque , V Eospjiora en a é^alernent trois , mais dont deux en avant au front , et un peul la nuque ; VOto^lena en diffère parce quq l’œil situé à la nuque est pqrté par uq pédicule. Le Cjgloglena a plus de trois yeui^ en un seul groupe J et le Theqrus a égalernent plus de trois yeux, majs en deux groupes.
La sixième famille , Eiichlanidota ^ forme onze genres , dont un seul , Lepadclla , est dépourvu
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d’yeux. Cinq de ces genres, caractériséspar la présence d’un seul œil situé à la nuque , se distinguent par la forme de la cuirasse et par l’appendice terminal qui est simple , en stylet , chez les Monostjla , dont la cuirasse est déprimée , et chez les Mastigocerca , dont la cuirasse est prismatique ; cet appendice au contraire est bifurqué chez les Euchlanis , qui ont la cuirasse ouverte , et chez les Salpina et les J)inocharis , qui ont la cuirasse fermée avec des appendices ou cornicules chez ceux-là , ou sans appendices chez ceux-ci. Quatre autres genres présentent deux yeux au front; ce sont : le Monura , ayant un appendice terminal, ou pied , simple , en stylet ; le Colurus ayant cet appendice bifurqué et la cuirasse comprimée ou prismatique ; les Metopidia et Stephanops , ayant aussi l’appendice bifurqué , mais avec une cuirasse déprimée ou cylindrique, et qui diffèrent entre eux par la présence d’une lame saillante en chaperon chez celui-ci. Un dernier genre enfin , Squamella, estcaractérisé par la présence de trois yeux et par l’appendice terminal bifurqué.
La septième famille , celle des Philodinœa , qui répond à notre famille des Rotifères , est divisée par M. Ehrenberg en sept genres, dont plusieurs sont établis sur des espèces qu’il n’a observées que très-imparfaitement et avec un grossissement insuffisant pendant ses voyages : ce sont d’abord les trois genres Callidina, Hjdrias et Tjphlina , qui sont dépourvus d’yeux , et dont le premier seul a en avant un prolongement en forme de trompe, et en arrière, l’appendice terminal muni de cornicules ; des deux autres , drias se distingue par ses organes rotatoires pédiculés. Trois autres genres, ayant deux yeux frontaux, se
distinguent par la forme et le nombre des appendices du prolongement postérieur. Ainsi , le Rotijhr a une paire de cornicules et deux doigts; \ ^ctinurus a un doigt de plus , et le Monolabis a deux doigts sans cornicules ; un dernier genre , Philodina , a deux yeux à la nuque.
La huitième famille, Brachionæa^ ne comprend que quatre genres, dont le premier, NoteuSy caractérisé par l’absence totale d’yeux ; deux autres , Anurœa et Brachionus , ayant un œil à la nuque , se distinguent parce que l’un est dépourvu d’appendice postérieur, tandis que l’autre a le corps terminé par un appendice bifurqué ; le dernier genre enfin , Plerodina , a deux yeux frontaux.
Cette classification de M. Ehrenberg , basée sur des caractères dont la valeur a été exagérée, et qui sont loin d’être constants, ne nous paraît pas propre à conduire sûrement l’observateur à la connaissance des espèces qu’il peut avoir sous les yeux ; car elle rompt plusieurs affinités naturelles , et répartit dans des genres différents , et souvent assez éloignés, des espèces qu’on aurait dû s’attendre à trouver rapprochées; c’est ainsi que les genres Lepadella , Metopidia , Stephaiiops Gt Squamella , qui different principalement par le nombre des yeux , nous paraissent devoir être réunis en un seul , dont les espèces sont susceptibles de variations notables suivant la saison et l’abondance de nourriture. De même, toute la famille des P/ii7odinea nous paraîtrait convenablement réduite à un seul ou à deux genres ; pour la même raison , nous pensons que le nombre des genres de la famille des IJydaLinœa devrait être considérablement réduit.
Pour nous , tout en déclarant ([uc, dans l’état actuel
COO IIISTOIRE NATURELLE
de la science , nous ne possédons pas efa'côrè Ws éléments d’une classifîcaliô'n défînUîve pour les Sÿslôlld'es, voici quelles seraient les bases d’une classification provisoire que nous croyons pouvoir propÔsér.
Parmi les Systolides , comprenant les Tardigrades , nous formons quatre grandes divisions : io ceux qui vivent fixes par l’extremité postérieure de leur corps ; céux qui n’ont qu’un seul mode ’de locomotion àü moyen de leurs cils vibrcàtiles , et sont toujours nageurs ; 3“ ceux qtii ont deux modes de locomotion , bt sont Wntôt ràmpànts à la manière dés sang’sués , et tantôt iiagèùrs comme les précédents ; 4“ ceux qui, dépbürviis de 'cils vlliratiles, mais pourvus
d’ongles , sont véritablement marcKeiirs.
Céè deux'dertiièiés divisions né comprennent qu’une seùle faniille cbacune ; c’est , pour les ÎSÿstolidés rampants , la fattiille dés Rotifèrcs , et pour les Systolides rriàrcheiir's la famille des TàrÈigrades. La prémière division , celle des Systolides fixés , contient au moins deux fataillés , sàvoit : les Floscülanêfis qui n’o'nt pas dé cils vibratiieS, et côns'êqùémment ne produisent jamilis de tourbilloiis dansl’eàu; et les 'MéXicertiens^ qui ontén avant, âütô’ùr (Té la bôücîie, une large ràe'mbrane en entonnoir o'û èn pavillon , bordée de cils vibratilés dont le nao’ùVement éxcife dê*s tourbillons dans l’éau , et produit oiélinaireïnent l’apparence d’une où de plusieurs roues dentées.
Là deuxième division , celle des Systolides 'nageurs, est dé beaucoup la plus nombreuse, et doit former plusieurs familles dont nous ne jiôùvons indiquer que les principales. On doit d’abord former deux sections distinctes de ceux dont le tégument est totalement llexible et de céux dont le tégument est en partie so-
DES INFUSOIRES. GÔ7
lide ou constitue une cuirasse. Ces derniers forment la l'amille des Brachionicfis et peut-être tjuelc[ues autres familles pour des types anomaux , comme les Polyarthres , les Ratules , etc. Les Systolides nageurs à tégument mou forment la famille des Furcularicns caractérisée par l’appendice bifide ou bifurqué qui termine le corps en arrière. Parmi eux se trouve' aussi VAlbei’tiuj vivant parasite dans le corps des Lombrics eb des Limaces , et qui , en raison de sa queue conique non bifurquée , doit être le type d’une lamille distincte, les yllbcrtiens.