TARDIGRADES
Animaux à corps oblong , contractile en boule : avec quatre paires de pattes courtes, ou de mamelons portant chacun deux ongles doubles ou quatre ongles simples crochus. — Bouche très-étroite, en siphon à l’extrémité antérieure , avec un appareil maxillaire interne qui se compose de deux branches latérales écartées , mobiles , et d’un bulbe musculaire traversé par un canal droit armé de pièces cornées articulées.
La famille des Tardigrades comprenait d’abord une seule espèce , sous le nom de laquelle on confondait plusieurs animaux dilFérents ; mais désormais, grâce aux travaux de M. Doyère, elle vase trouver composée de trois ou quatre genres bien caractérisés. Elle forme le passage de la classe des Systolides à celle des Helminlhides d’une part, et à celles des Annélides et des Arachnides d’autre part.
Les Tardiffrades vivent soit dans les eaux sta-
gnantes , soit dans les touffes de mousse avec les Rotifères , dont ils partagent la faculté de ressusciter après la dessiccation. Eichhorn est le premier qui en ait donné une description sous le nom d’Ours d'eau (TVassei'biir) , en leur attribuant toutefois cinq paires de pattes au lieu de quatre ; il avait trouvé son Ours
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(l’eau dans un vase où il conservait de l’eau avec des plantes aquatiques. Corli et , après lui , Spallanzani, observèrent , eu Italie , dans le sable des toits, un de ces animaux que le premier nomma Bnicolino ( petite chenille), et que le second nomma le Tardigrade, en raison de la lenteur de ses mouvements ; ces auteurs l’étudièrent particulièrement sous le rapport de sa résurrection après qu’il a été desséché. Schranck décrivit aussi un Tardigrade sous le nom d! Arctiscon dans sa Fauna hoica en 1804' ; M. Nitzsch adopta ce nom d’Arctiscon en 183-5, en décrivant deux autres espèces ; mais précédemment, en 1833 et 1834 , M. Schultze avait nommé Macrohiotus Hufelandii un Tardigrade dont il constatait la faculté de résurrection , etM. Ehrenberg appelait Trionychium tardigradum un animal qu’on pouvait croire analogue à l’un des précédents, quoiqu’il lui attribuât trois ongles à chaque pied ; à moins qu’on ne pensât que sous ces diverses dénominations c’était toujours une seule et même espèce qu’on avait eue en vue, et j’avoue que j’étais porté à adopter cette opinion quand je publiai dans les Annales des sciences naturelles, en 1838 (tom. 10, pag. 185 , PI. II), une note sur le Tardigrade. Mais M. Doyère, par des recherches persévérantes sur ces animaux , est parvenu non-seulement à démontrer chez eux une organisation très-complexe et inaperçue avant lui , mais encore à distinguer nettement les genres Emydium , Milnesium et Macrohiotus . Nous devons attendre la publication de son important travail pour en connaître tous les résultats, et je dois me borner ici adonner, d’après les observations moins complètes que j’ai pu faire moi-même, quelques détails sur les genres de Tardigrades. 1“ U Emydium ,
dont je donne une figure (PI. XXII , fig. 8) , est caractérisé par sa forme ovoïde plus étroite en avant où la bouche s’avance en une pointe entourée de quelques petits appendices charnus, par son tégument plus résistant, et qui, suivant M. Doyère , ollrirait même des plaques régulières , par les longs cils cornés qui partent de ce tégument en plusieurs points déterminés, et enfin par ses pieds armés chacun de quatre ongles distincts; l’espèce la plus commune ô^Emjdium vit dans les touffes de Brjum^ sur les toits , aux environs de Paris ; elle est rouge , longue de 0,30 à 0,50. 2“ Le Macrobiotus a le corps tout à fait nu ou sans poils , plus allongé, presque cylindrique, plus obtus en avant; ses pieds sont munis de deux ongles bifides chacun ; ses mâchoires , dont nous donnons la figure (PL XXII, fig. 7) , ont des branches latérales très-larges , dures , cassantes , qui , de môme que celles de l’Emydium , agissent fortement sur la lumière polarisée , tandis que tout le reste de l’appareil maxillaire est sans action. L’espèce dont j’ai représenté les mâchoires {M. Hufelandi ) vit comme la précédente dans les mousses sur les toits , aux environs de Paris , et m’a été communiquée par M Doyère ; elle est longue de 0,36 à 0,70. J’ai trouvé , au mois de février, dans les ruisseaux des environs de Rennes , un autre Macrobiote , long de 0,90 ou presque d’un millimètre , et bien distinct du précédent par ses ongles trois fois plus grands (0,05) et par les branches de ses mâchoires qui sont plus étroites. 3“ Le Tardigrade proprement dit (PI. XXII, fig. 6) a le corps proportionnellement plus épais que ces Macrobiotas , et les mâchoires différemment construites avec deux branches latérales plus étroites , et deux tiges minces au centre, au lieu d’un canal distinct
IlISTOIRr NATÜRERLK
et l;ir£^e. L'Vspè'ce dont nous donnons la (if^ure est longue de 0,30 à 0,50 : je l’ai trouvée à plusieurs reprises dans des bocaux où je conservais de l’eau avec des herbes aquatiques et des débris de végétaux , et dans l’eau des mares de la forêt de Fontainebleau , avec des Flosculaires, entre les rameaux de VHjpnum Jluitans. k° Le genre Milnesium a été établi par M. Doyère sur une espèce longue de 0,50 , dont les mâchoires sont différemment construites et sans branches latérales aussi développées; c’est sur lui que cet observateur a fait principalement ses recherches anatomiques (1).
(i) Le mémoire de M. Doyère, sur les Tardigrades, a paru dans les Annales des Sciences naturelles, t. page 269 , lorsque celte feuille était déjà imprimée.
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