‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 18 sur 179 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

RÉSUMÉ SUR l’organisation DES INFUSOIRES.

Aux observations exposées dans cette première partie sur l’organisation des vrais Infusoires , si nous ajoutons les particularités les plus frappantes sur la forme, sur la couleur, sur le genre de vie et d’habitation de ces animaux , nous pourrons , au lieu de la définition en quelque sorte pratique donnée dans notre premier chapitre , présenter le résumé suivant comme une définition plus complète et plus rationnelle.

Les vrais Infusoires, dont la forme est plus ou moins variable, irrégulière et essentiellement asymétrique, ou dépourvue de symétrie , tendent à se rapprocher de la forme globuleuse ou ovoïde, soit par l’effet de leur contractilité propre , soit quand la vitalité diminue chez eux; ils peuvent, sans cesser de vivre, subir les altérations ou les déformations les plus variées par l’effet d’une blessure quelconque ou d’une décomposition partielle , ou par suite de quelque changement survenu dans la composition du liquide où ils nagent.

Leur forme montre souvent d’ailleurs , soit dans les plis , les rides ou les stries de la surface , soit dans l’arrangement des cils vibratiles, une tendance marquée à la disposition spirale ou en hélice ; de sorte que ces caractères de forme, qui ne manquent absolument que dans quelques types symétriques , rangés provisoirement à la suite des Infusoires, paraissent devoir

DliS INFUSOIRES.

entrer en première ligne clans la définition de ces animaux.

Les Infusoires se produisent de germes inconnus , dans les ‘infusions soit artificielles, soit naturelles , telles que Teau stagnante et celle qui , dans les rivières, séjourne entre les débris de végétaux. On ne leur connaît aucun autre mode de propagation bien avéré que la division spontanée. La substance charnue de leur corps est extensible et contractile comme la chair musculaire des animaux supérieurs , mais elle ne laisse voir absolument aucune trace de fibres ou de membranes , et se montre au contraire entièrement diaphane et homogène , sauf le cas où la surface paraît réticulée par l’effet de la contraction.

La substance charnue des Infusoires , isolée par le déchirement ou la mort de l’animalcule , se montre dans le liquide en disques lenticulaires ou en globules réfractant peu la lumière , et susceptibles de se creuser spontanément de cavités sphériques analogues par leur aspect aux vésicules de l’intérieur. Les vésicules formées à l’intérieur des Infusoires sont dépourvues de membrane propre et peuvent se contracter jusqu’à disparaître, ou bien peuvent se souder et se fondre plusieurs ensemble. Les unes se produisent au fond d’une sorte de bouche et sont destinées à contenir l’eau engloutie avec les aliments ; elles parcourent ensuite un certain trajet à l’intérieur, et se contractent en ne laissant au milieu de la substance charnue que les particules non digérées , ou bien elles évacuent leur contenu h l’extérieur par une ouverture fortuite , qui peut se reproduire plusieurs fois , quoique non identique , vers le même point, ce qui pourrait faire croire à la présence d’un anus.

Les vésicules contenant des aliments sont indéjicndantcs et ne communiquent point avec un intestin ni entre elles , sauf le cas où deux vésicules viennent à se souder.

Les autres vésicules ne contenant que de Teau , se forment plus près de la surface, et paraissent devoir recevoir et expulser leur contenu à ti’avers les mailles du tégument. On peut, d’après Spallanzani, les considérer comme des organes respiratoires ou du moins comme destinées à multiplier les points de contact de la substance intérieure- avec le liquide environnant.

Les organes extérieurs du mouvement sont des filaments Hagelliformes , ou des cils vibratiles, ou des cirrbes plus ou moins volumineux, ou des prolongements charnus; lesquels, à cela près qu’ils sont plus ou moins consistants , paraissent tous formés de la même substance vivante, et sont contractiles par euxmêmes dans toute leur étendue. Aucun n’est de nature épidermique ou cornée, ni secrété par un bulbe.

Sauf quelques téguments contractiles et le pédicule des Vorticelles , et le faisceau de baguettes cornées qui arment la bouche de certaines espèces , toutes les parties vivantes des Infusoires se décomposent presque subitement dans l’eau après la mort.

Les œufs des Infusoires, leurs organes génitaux, leurs organes des sens , ainsi que leurs nerfs et leurs vaisseaux , ne peuvent être exactement déterminés, et tout porte à penser que ces animalcules, bien que doués d’un degré d’organisation eu rapport avec leur manière de vivre, ne peuvent avoir les mêmes systèmes d’organes que les animaux supérieurs. Les points colorés, ordinairement rouges, que l’on a

DES INI'USOIKES.

pris pour des yeux , par exemple, ne jicuvent avec la moindre certitude recevoir cette dénomination.

Quoique la coloration de certains Infusoires provienne des particules végétales ou autres qu’ils ont avalées, cependant il en est plusieurs qui , par une couleur propre bien prononcée, se distinguent de la grande majorité des Infusoires qui sont blancs ou incolores.

Le genre de vie et l’habitation pourront aussi faire distinguer plusieurs Infusoires ; ainsi quelques-uns vivent exclusivement dans l’intérieur du corps de certains animaux d’une classe plus élevée, dans les Lombrics par exemple, et dans l’intestin des Batraciens; d’autres sont simplement parasites à la surfiice des Hydres et de quelques Zoopbytes et Helminthes. Plusieurs , pour se trouver toujours dans une eau renouvelée, SC fixent à des Crustacés ou à des larves de Nevroptères, ou à des coquilles de Mollusques, qui les transportent avec eux dans les endroits où l’eau est suffisamment aérée; c’est là surtout le mode d’habitation de plusieurs Vorticelliens. Un plus grand nombre d’infusoires vivent exclusivement dans des eaux Irès-chargées de substances organiques dissoutes; d’autres enfin ne se trouvent que dans la mer, au milieu des Hydrophytes du rivage.

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