‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 26 sur 179 · INFUSOIRES ASYMÉTRIQUES · texte numérisé non relu

INFUSOIRES ASYMÉTRIQUES

Infusoires sans organes locomoteurs visibles : se mouvant par l’effet de leur contractilité générale.

VIBRIONIENS.

Animaux filiformes extrêmement minces , sans organisation appréciable , sans organes locomoteurs visibles.

Les Vibrions proprement dits , ou les Vibrioniens en général, sont de tous les Infusoires ceux qui se montrent les premiers dans toutes les infusions, et ceux que l’on doit considérer comme les plus simples en raison de leur extrême petitesse et de l’imperfection de nos moyens d’observation : Ils ne se manifestent à nos yeux , aidés du plus puissant et du meilleur microscope, que sous l’apparence de lignes très-minces plus ou moins longues, droites ou si-

(i) Il est essentiel de se souvenir que toutes les mesures de grandeur données comme un caractère distinctif des Infusoires seront exprimées en parties décimales du millimètre; ainsi o, 12 exprime I2 centièmes de millimètres, O, o34 exprime 34 millièmes de millimètres , 0,0007 exprime 7 dix-millièmes, etc.

nueuses ; leurs mouvements plus ou moins vifs peuvent seuls les faire prendre pour des animaux ; les plus gros Vibrions sont épais de 0,001 de millimètre, par conséquent ils ne se montrent à un grossissement de 500 diamètres que comme un crin, et l’on ne doit pas être surpris que des corps aussi minces et en même temps aussi transparents ne laissent distinguer aucune trace d’organisation interne. Par une attention longtemps soutenue et en variant convenablement la distance focale et le degré d’éclairage , je suis arrivé quelquefois à croire que j’avais vu pendant un seul instant un filament flagelliforme analogue à l’organe locomoteur des Monades ou plutôt un filament ondulant en hélice; ce qui me semblait devoir expliquer le mode singulier de locomotion de ces animalcules ; mais je n’ai jamais pu le fixer assez longtemps ou le distinguer assez nettement pour avoir la conscience nette de son existence. M. Ehrenberg a de son côté vu un filament locomoteur qu’il nomme une trompe chez son Bacterium triloculare; mais est-ce bien là un Vibrionien?

Tout ce qu’on peut dire de positif sur leur organisation , c’est qu’ils sont contractiles, et se propagent par division spontanée, souvent imparfaite; de là résulte leur allongement de plus en plus considérable.

Parmi les Vibrioniens, on en voit qui ont la forme de lignes droites très-peu flexueuses , plus ou moins distinctement articulées et qui se meuvent lentement : on peut en faire un genre particulier sous le nom de Bacterium, créé par M. Ehrenberg; d’autres sont tantôt droits, tantôt en lignes flexueuses, et se meuvent en ondulant avec plus ou moins de vivacité, ce sont les vrais Vibrions, d’autres enfin sont con-

stamment en forme d’hélice et de tire-bouchon, et jamais en ligne droite, ce sont les Spirillum, leurs mouvements ont lieu en tournant autour de laxe de l’hélice , avec une rapidité souvent très-grande.

M. Ehrenberg définit ses Vibrionia « des animaux filiformes , distinctement ou vraisemblablement polygastriques, anentérés (sans intestins) , nus, sans organes externes , à corps de Monadines uniformes , et réunis en chaînes ou séries filiformes par l’ellet d’une division spontanée incomplète. » Il ajoute dans ses observations générales, que vraisemblablement tous ces animaux doivent posséder un organe locomoteur analogue à celui qu’il dit avoir observé chez son Bacterium sous la forme d’une trompe simple, tournoyante. Il n’a pu leur faire avaler de substances colorées, mais de l’apparence que ces animaux présentent en se desséchant sur une plaque de verre , il conclut que chaque corps filiforme est une série d’animalcules à peine plus longs que larges, et demeurant unis par suite d’une division spontanée imparfaite. C’est ce que je n’ai pu vérifier.

Les Vibrioniens se produisent ou se développent avec une promptitude extrême dans tous les liquides chargés de substances organiques altérées ou décomposées. Ainsi non-seulement les infusions animales et végétales, mais encore les difïérents liquides de l’organisme, la salive, le sérum, le lait et le pus, quand ils commencent à s’altérer, la matière pulpeuse qui s’amasse autour des dents, les sécrétions morbides, etc., peuvent présenter une prodigieuse quantité de J^ibrwniens. On conçoit d’apyès cela qu’on ne serait nullement fondé à attribuer à leur présence la cause de certaines maladies.

1®' Genre. BACTERIUM

Corps filiforme , roide , devenant plus ou moins distinctement articulé par suite d’une division spontanée imparfaite. Mouvement vacillant non ondulatoire.

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