‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 6 sur 179 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

Les Infusoires sont des animaux très-petits , dont les dimensions extrêmes sont de un à trois millimètres , d’une part, et d’un millième de cette grandeur d’autre part ; leur grandeur mo^'enne est de un à cinq dixièmes de millimètre. Les plus grands se montrent à l’œil nu sous la forme de points blancs ou colorés, fixés à divers corps submergés , ou comme une poussière ténue flottant dans le liquide. Les autres ne se voient qu’avec l’aide du microscope simple ou composé. Ils sont presque tous demi-transparents, et paraissentblancs ou incolores; mais plusieurs sont colorés en vertouenbleu ; d’autres moins nombreux sont rouges ; enfin il en existe de brunâtres ou noirâtres. Tous vivent dans l’eau liquide ou dans des substances fortement humides ; mais ils ne se développent et ne se multiplient le ]dus souvent que dans des liquides chargés de substances organiques et salines , tels que des infusions préparées artifi- INFU801RE5. 2

HISÏOIKE NAÏUREI.LE

ciellement avec des substances animales ou végétales, ou des eaux stagnantes dans lesquelles se sont décomposées naturellement ces mêmes substances ; c est ainsi que l’on peut trouver sûrement des Infusoires dans l’eau trouble des ornières, des mares et des fossés, et dans la coucbe vaseuse de débris qui couvre la base des plantes et des autres objets submergés au bord des rivières et des étangs , de même que dans l’eau qui baigne ces objets. Aussi la dénomination d’infusoires, quoique critiquée par quelques naturalistes , doit-elle être conservée comme la plus propre à donner une idée de ces petits êtres. M. Bory les voulait nommer des Microscopiques d’après cette considération que beaucoup d’entre eux vivent dans les eaux pures etnondans les infusions ; mais d’une part, ceux qu’il citait comme présentant cette exception, appartiennent presque tous à la classe des Systolides , et d’ailleurs, il s’en faut bien que l’eau limpide qui baigne les conferves ou les végétaux en décomposition dans les marais et dans les rivières soit de l’eau pure.

Les Infusoires observés au microscope paraissent formés d’une substance homogène glutineuse, diaphane , nue ou revêtue en partie d’une enveloppe plus ou moins résistante. Leur forme la plus ordinaire est ovoïde ou arrondie. Les uns , et ce sont ceux qu’on rencontre le plus fréquemment et qui frappent tout d’ahord l’œil du micrographe, sont pourvus de cils vibratiles qui , se mouvant tous, par instants, ou continuellement , servent comme des rames innombrables au mouvement de l’animal , ou bien servent seulement à amener les aliments à sa bouche; d’autres n’ont, au lieu de cils vibratiles , qu’un ou plusieurs filaments d’une ténuité exlrcme qu’ils agitent d’un mouvement ondu-

DES INFUSOIllES.

latoire pour s’avancer dans le liquide ; d’autres enfin n’ont aucuns filaments ou cils et ne se meuvent que par des extensions et contractions d’une partie de leur masse.

Ceux des Infusoires qui présentent distinctement une bouche contiennent souvent, à l’intérieur, des masses globuleuses de substances avalées qui les colorent , surtout en vert quand ce sont des particules végétales ; tous les Infusoires peuvent en outre présenter une ou plusieurs cavités sphériques ou vacuoles remplies d’eau, lesquelles sont essentiellement variables quant à leur grandeur et à leur position , et disparaissent en se contractant, pour être remplacées par d’autres vacuoles creusées spontanément dans la substance charnue vivante et n’ayant rien de commun avec les précédentes que leur forme et leur mode de production.

La plupart des Infusoires se multiplient division spontanée ; c’est-à-dire que chacun de ces animalcules , arrivé au terme de son accroissement , présente d’abord au milieu, s’il est oblong, un léger étranglement qui devient de plus en plus prononcé jusqu’à ce que les deux moitiés, qui sont devenues deux animaux complets, ne tenant plus ensemble que par une partie très-étroite, se séparent. Elles commencent alors, chacune pour leur compte , une nouvelle vie, une nouvelle période d’accroissement au bout de laquelle elles se diviseront de même, et ainsi de suite à l’infini si les circonstances le permettent. C’est pourquoi on pourrait imaginer tel Infusoire comme une partie aliquote d’un Infusoire semblable qui aurait vécu des années et même des siècles auparavant, et dont les subdivisions par deux , et toujours par deux , se seraient, continuant toujours à vivre , développées suc-

UISTOinE NATUREEEE

cessivemejQt. 11 n’est donc pas rare de rencontrer dans les infusions quelques animalcules en voie [de se diviser ainsi et paraissant doubles.

Quand, par suite de l’altération chimique du liquide soumis au microscope ou de son évaporation , ou par toute autre cause, un Infusoire n’est plus dans des conditions favorables à son existence , il se décompose par dijfflitence , c’est-à-dire que la substance glulineuse dont il est formé s’écoule en globules hors de la masse, laquelle, si les mêmes circonstances continuent à agir, se décompose tout entière en ne laissant pour dernier résidu que des particules irrégulières ou des globules épars ; mais si , par une addition d’eau fraîche ou d’un liquide convenable, ou change ces circonstances funestes, le reste de l’animalcule reprenant sa vivacité primitive , recommence à vivre sous une forme plus ou moins modifiée.

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