LA PÉLAGIE DE LESSON, PELAGIA LESSONII
Brandt, Ac., p. 27. — Jeune âge de la P. panopyra, Less.. Cent., pl. 63.
Ombrelle hémisphérique, dense, papilleux, blanc ou hyalin, avec des ovaires violâtres.
Habite l'Océan Atlantique.
Brandt, 4c., pag. 27, dit : « Acalepha quam Lessonius Cent. Zool., « tab. 63, utpote pelagiæ panopyræ pullum exhibuit speciem pecula- « riem sistit potius pelagia Lessonit appellendam. »
Dans ma Centurie zoologique, cette méduse est décrite complétement ainsi qu'il suit : « L’individu que nous figurons nous paraît être le jeune âge de la méduse, pl. 62, fig. 2. Cependant elle en diffère par plusieurs détails, bien que rien ne puisse autoriser de l’en séparer spécifiquement. Nous croyons d’ailleurs que les méduses, dans le premier temps de ja croissance, différent de l’âge adulte par leurs teintes, et qu’elles subissent ainsi divers changements dans l’ensemble de leur coloration, et peut-être même de leur forme. Nous en avons déjà publié un exemple très-remarquable dans la partie zoologique du /’oyage de la Coquille (pl. 12, et pl. 115, 2 et 3). Il résulterait de ce fait que certains zoophyles, à l'exemple de ce qu’on nomme livrées chez les oiseaux, subiraient dans leur aspect extérieur des modifications successives.
« Le 15 septembre 1822, par 1° de latitude boréale, et par 22° de longitude occidentale, naviguant au milieu de bancs épais de pélagies panopyres, nous péchâines un grand nombre d'individus semblables à la figure de cette 63° planche.
MÉDUSAIRES. 391
« L'ombrelle est hémisphérique, hyalin ou diaphane , d’une certaine densité hors de l’eau, translucide, mou et nuageux dans ce liquide, et formé de sortes de pièces isolées, par compartiments , que hérissent quelques éminences papilleuses. Le pédoncule est surmonté par quatre paquets de vaisseaux entortillés, couleur lie de vin, etse divise au-dessous de l’ombrelle en quatre bras foliacés. Nous avons vu cette méduse aspirer l’air contenu dans l’eau par des pores placés sur les bords flexueux des bras, et remonter tout le long de ces bras, sous forme de globules aussi brillants que ceux de mercure, et aboutir aux quatre gros paquets vasculaires, ramifiés au sommet élargi du pédoncule. La portion vide de l’ombrelle nous parait être évidemment remplie d’air, pour diminuer la densité de l’animal lorsqu'il doit rester à la surface de la mer, et ce même air doit trouver quelque issue ménagée sur le pourtour de l’ombrelle, lorsqu’il devient nécessaire, pour la sûreté de l'animal, qu’il tombe à une certaine profondeur. Entre les quatre bras foliacés existe une ouverture centrale, et quatre autres occupent leur base. Toutes sont recouvertes par une membrane peilucide. C’est par ces ouvertures que doivent, sans aucun doute, s'échapper les gemmules animalisées ou les jeunes méduses. Huit tentacules capillacés, blanes, peu apparents, naissent sur le bord de l’ombrelle, qui est légèrement sinuolé.
« La couleur de cette méduse est un blanc laiteux. Les vaisseaux du corps et ceux des bords des bras foliacés sont d’un rose vineux, qui s’affaiblit sur les bras, mais qui est trés-foncé sur le pédoncule. Elle est dessinée de grandeur naturelle, et la figure A représente l’ombrelle vu en dessus. »