LA DIPHYE BORY, DIPHYES BORYI
Quoy et Gaim., Uranie, pl. 86, fig. 12 (1824), p. 577 : Diphyes, corpore libero, hyalino, vyramidali, duobus canalibus applicatis composito, basi patentibus, ore uno truncato, altero, apicibus quinis munito.— Ibid., Hiém. ann. Sc. nat., 1. X, 1827, pl. 1, fig. 1 à 7, —Salpa bipartila, lanccolaia, Bory, Voyage aux quatre îles d'Afrique, t. T, p. 134, pl.6, fig. 3 (1804). — Tilésius, Voy. de Krusenstern.— Diphyes, G. Guvier, Règ. anim., 1817, t. IV,p.61. — Diphyes dispar, Cham. et Eysenh., Acé. de Bonn, t. X, p. 365, pl. 32, fig. 4 (1821). — Diphyes Bory, Blainv., pl. 5, fig. 1 à 1 À (1830).— Diphyes campanulifera, Eschsch., Ac., p. (1829). —Isis, Band, XXI, 330, pl. 3, et Wort., pl. 76. — Diphyes dispar, Eschsch., 4c., 137. — Mertens, Floriep's noliz., 1, XX, p.153 (1828 ). — Diphyes dispar, Less, Cent. z001., p. 161, pl. 56, fig. 4 (1830); Voy. autour, du Monde de la Coquille, Ac., p. 63 (1829). — Diphyes Bory, Quoy et Gaim., Astrol., pl. 4, fig. 1 à 6, t. IV : Partibus œqualibus, mitratis, hyalinis ; aperturis dentatis, haustellis, inter se campanulis basi teclis.— Diphyes dispar, Brandt, Prod., p. 31 (1835). — Griffith, Ann. Kingd., pl. 5, fig. 6.
Corps hyalin, à parties égales et semblables , de consistance ferme, subcartilagineuse, à cordon cirrhigère rouge sanguin; à ouvertures dentées. :
Eschscholtz fait deux espèces de cette diphye. Peut-être a-t-il raison. Cependant la figure plus que médiocre de Chamisso, sur laquelle repose ‘la diphyes dispar, ne permet pas de séparer en deux espèces des animaux qui demandent des termes de comparaison plus nombreux que ceux qu’on possède. La figure donnée par M. de Blainville dans son Atlas semble elle-même appartenir à une troisième espèce bien distincte ; et, comme Eschscholtz, M. de Blainville isole les diphyes Bory et dispar. Provisoirement , nous les réunissons.
Dans notre Centurie, nous avons tracé une histoire assez complète des faits qui se rapportent à la découverte de la diphye Bory, et nous les reproduirons.
Le zoophyte connu sous le nom de diphye a été décrit et figuré bien des fois, dans ces derniers temps, mais presque toujours avec des variantes ; aussi, nous croyons très-utile de réunir tous les travaux relatifs à cet animal singulier, en publiant un dessin que nous avions fait, en mer, dans l’expédition de la Coquille, le 20 décembre 1823. Toutes les figures de cet animal pélagien s'accordent à le représenter composé uniformément de deux pièces ; mais les descriptions n’ont point assez d’analogie entre elles pour permettre d’asseoir une opinion décisive sur son organisation. Dans ces derniers temps, MM. Quoy et Gaimard, dans leur travail sur quelques zoophytes de Ja Méditerranée, en ont fait, avec juste raison , le type d’une famille qu’ils ont nommée les diphydes, famille où viennent se grouper les polytomes et les pléthosomes , ainsi que certaines stéphanomies , et que M. de Blainville a parfaitement caractérisée dans son grand travail sur les zoophytes,
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bien qu'il n'ait pas cru devoir y admettre les espèces de ce dernier genre.
La première description et la première figure qu’on ait eues de l’espèce de diphye qui nous occupe, sont celles de M. Bory de Saint- Vincent, dans son Z’oyage aux quatre îles d'Afrique. Cet animal est représenté pl. 6, fig. 3 de son Atlas.
« Le biphore biparti est si transparent, qu’on ne le distingue pas dans l’eau. Lorsqu'on l'en tire, il a l’air d’une lame de cristal, et ne présente aucune sorte d’organisation. Son corps est oblong et comprimé latéralement. La partie antérieure présente cinq angles saillants. Le côlé dorsal étant caréné, l’inférieur est au contraire sillonné. On reconnaît dans cette partie deux cavités longitudinales ; de la supéricure sort un filet souvent très-long et rarement entier; il supporte, quand il existe, une foule de petits corps qui ressemblent aux glandes pédicellées de plusieurs végétaux.
« La partie postérieure est amincie à son extrémité, ct a quelques rapportsavec la forme du fer d’une lance ; le côté supérieur, qui est plat, est épais d’une ligne et demie. Dans cette épaisseur se trouve une cavité externe, dans laquelle entre une sorte d’éperon qui termine Ia partie antérieure, et c’est là même toute l’union apparente des deux parties de l’animal. Il y a aussi une autre cavité inférieure dans la moitié de derrière, dont l’ouverture, échancrée au point de jonction des deux parties, forme un cran à leur union. » |
M. Bory observa cel animal dans lOcéan Atlantique, par les 34 degrés de lat. mér., et par 3° 40’ de long. occid. du méridien de Paris , nageant au milieu d’une grande quantité de béroés.
Tilésius, naturaliste de la première expédition russe autour du monde, sous les ordres de Krusenstern, figura la diphye qui nous occupe dans l Æ{las d'Histoire naturelle qui accompagne la relation du voyage.
M. Cuvier proposa, en 1817, le genre diphye, diphyes, pour recevoir le biphore biparti de M. Bory. Il le plaça aprés les cestes, entre les béroés et les porpites. Il caractérise ce nouveau genre de la manière qui suit : « Sa substance est gélatineuse, mais ferme et très-transparente ; sa forme extérieure est en pyramide arguleuse, dont la base a deux ouvertures ; l’une, petite, ronde, entourée de cinq pointes, est la bouche, et conduit dans un sac sans issue , qui se prolonge jusque vers le sommet, ct sert d’intestin ; l’autre, plus grande, donne dans une cavité moins prolongée, qui communique en arrière avec une seconde cavité de forme ovale. De celle-ci sert une grappe de filaments, qui traverse la précédente et pend au dehors. Il est à croire que c’est l'ovaire. Ces animaux se tiennent d’ordinaire deux à deux. On n’en à observé qu’une espèce dans la mer Atlantique. »
Dans la deuxième édition du Règne animal, publiée en 1830,
DIPHYDES. 4.11
M. Cuvier place les diphyes à la suite des acalèéphes hydrostatiques ct avant les polypes. (Voyez p. 100.)
MM. Chamisso ‘ et Eysenhardt publiérent, en 1821 (Act. Societ. leop. cur. Bonn., tom. X, p. 365 à 367, et pl. 32, fig. 4), un travail sur la diphye, qu’ils nommèrent les premiers diphyes dispar, reproduite par nous, pl. 56, fig. 2 (Centurie zoologique); et voici textuellement la description latine de ces deux auteurs :
« Animal gelatinoso-cartilagineum, hyalinum, pollicare, duobus individuis forma dissimilibus semper in copulatione repertis. An mas et fæmina ?
« Individuum primum.
« Corpus superne et inferne tricarinatum , antice clausum, in api- « cem subulatum, attenuatum, postice dilatatum, dua cava longitu- « dinalia, superius et inferius ; septo horizontali interjecto, continens, « utrumque cavum postice apertum. Cavum superius sacciforme , colle « coarctato , ostio mucronibus tribus inflexis armato, membrana , un- » dique vestitum. Cavum inferius ore quandrangulo, altitudinern su- « perante , ab apice corporis filum ad cavi superioris fundum tendit, « hinc incrassatum , ad fundum cavi inferioris deflectitur, quo in cau- « dam abit filiformem, prælongam, sub tactu subilo mortu retracti- « lem, oculo nudo paleis rubescentibus imbricatis compositum. Oculis « autem lente armatis vagina conspicitur laxa, articulata vel nodosa, « intestinum tenue, spiraliter convolutum , continens; cuivis interno- « dio corpusculum ovoideum, rubescens, motu, ut videtur, spontaneo « gaudens, apice libero proboscidali retractili, affixum est. Circa in- « sertionem uniuscujusque corpusculi racemus granulorum brunes- « centium, motu etiam donatus, jacet. Lineæ denique, difficiles visu, « motu proprio orbatæ, setarum instar corpusculis intermixtæ sunt. « Totum hure apparatum ad genitalia verisimillime spectantem, satis manifeste exhibet,.
« Individuum alterum.
« Corporis facies ut individui prioris. Animal autem resupinalum , « ita ut cavum inferius cavo superiori et cavum superius cayo inferiori