LIVRE QUATRIÈME
4° FAMILLE. LES POLYTOMES ou PLÉTHOSOMES, POLYTOMÆ OÙ PLETHOSOMÆ.
Lesson ; Coq., 1829, p. 61. — Physophoridæ, Eschsch., Ac., 139. — Physogrades, Pars, de Blainv., Han.
Les acalèphes de la nouvelle famille que nous avons établis, il y a déjà bien des années, sont remarquables en ce qu’ils tiennent des diphyes par une grande analogie de pièces natatrices ; mais ici ces pièces ne sont plus réduites à deux, mais elles se trou-. vent, au contraire, réunies en grand nombre, juxtaposées les unes à côté des autres pour former un tout qui est l'animal dans sa perfection.
Des sacs stomacaux dilatables, exsertiles, probosciformes se trouvent donc attachés à des tubes digestifs simples ou rameux , portant parfois des tentacules et des paquets d’ovaires à leur base, et émettant alors de longs filaments tentaculaires pectinés. Les pièces natatrices, ajustées entre elles par des saillies, des angles rentrants, des facettes, ne sont que des organes accessoires et protecteurs de ces animaux, des appareils flotteurs diversement modifiés. Toutefois les acalèphes de cette famille n’ont pas de vessie-à-air en tête du tube digestif, et les pièces natatrices sont creusées de tubes aérifères peu apparents, et sont le plus ordinairement pleines. (
Cette famille sera divisée elle-même en deux sous-fanulles , les POLYTOMÆ et les STEPHANOMIÆ, plus une section æcertæ seclis.
4e TRIBU. LES PLÉTHOSOMÉES.
Lesson, AC., 1829, p. 61.
Les animaux de cette famille sont gélatineux, très-transparents, composés de pièces accolées les unes à côté des autres, ou s’unissant par des cônes emboîtés dans des ouvertures taillées en facettes, et s’engageant par des surfaces planes, finissant à
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angles, se groupant tantôt deux par deux, tantôt en cylindres ou en ovoides, ou parfois s’articulant sur deux rangs et sur les côtés, de manière à s'étendre en largeur. Ces diverses pièces forment un tout, mais au moindre choc elles se désagrègent, errent sur la surface de la mer, et paraissent se conserver par une vie propre, et ne pouvoir plus jamais se rejoindre aux autres pièces qui constituaient l'animal sous sa forme naturelle primitive. Toutes ces pièces, variables de formes suivant leur position dans l’animal, laissent apparaître dans leur intervalle deux canaux aériens, des cloisons et des cellules, et par suite de nombreux prolongements cirrhigères, rameux, à petits rameaux terminés par des utricules.
Les pléthosomes se soutiennent sur l’eau à l’aide de cavités qui se remplissent d'air pour diminuer leur pesanteur spécifique. Leur nourriture paraît être prise par une ouverture buccale aboutissant à un grand canal musculaire tortillé sur luimême. M. de Blainville admet que dans l’état parfait de ces zoophytes , il v ait un nucléus à la partie antérieure de la masse totale, et que ce nucléus soit surmonté d’un œsophage proboscidiforme que termine une bouche faite en forme de ventouse, qui aboutit à un estomac entouré de granules hépatiques, et quelquefois dans un canal rempli d’air. Les productions cirrhigères seraient donc des ovaires annexés au tube musculaire digestif ?
La locomotion s'exécute par des mouvements bornés de contraction et de distension, et les animaux agrégés flottent à quelques pouces sous la surface de la mer dans une position presque verticale, dans toute la zone équatoriale des grands océans, et dans la mer Méditerranée, où ils sont aussi abondants que variés.
4 GENRE. PLÉTHOSOME , PLETHOSOMA.
Lesson, AC., 1829, p. 64.
Zoophyte agrégé, résultant d’un grand nombre de pièces subeartilagineuses, diaphanes , rénitentes, diversiformes , soudées par des faces régulièrement ajustées, et formant par leur réunion un corps composé, cylindrique, atténué aux extrémités, qui sont obtusément arrondies, flottant librement, traversé au centre par un canal cylindrique occupé par un tube musculaire,
Le
468 AUALÈPHES.
tortillé sur lui-niême de distance en distance, ce qui imite des renflements ou des nœuds, tube qui est évidemment le canal digestif. Les pièces sont toutes plus épaisses à la partie qui doit être extérieure, plus amincies à leur extrémité interne. Celles des côtés, tantôt en petits cônes, tantôt en lames; celle d’en bas ou d’enclavement, pentagonale, conique, allongée, ayant une issue à sa terminaison, que ferme un petit cône mobile, puis a cinq angles aigus en haut pour supporter les pièces latérales qui viennent la recouvrir en s’accrochant à ces éminences.
Les pièces diverses des pléthosomes ont, sans aucun doute, servi à établir des petits groupes dans les diphyes. Aïnsi les genres pyramis d'Otto, et calpé, de Quoy et Gaimard, sont évidemment établis sur la pièce basale, composée elle-même d’un long fragment et d’un petit. La facilité extrêmement grande avec laqueile leurs diverses pièces se désagrègent, au premier choc, rend compte de la difficulté qu’il y a d'observer avec exactitude ces animaux. C’est même le hasard qui nous mit sur la voie de leur texture, un jour qu’assis sur des récifs nous dessinions des actinies. Un pléthosome passa près de nous; enle saisissant avec un filet en gaze, nous ne trouvâmes plus, au fond de linstrument, que des fragments nombreux ct de toute forme. Avertis par cette première rencontre, nous étudiàmes quelques autres pléthosomes, et tous se désagrégèrent de la même manière en les touchant, et leurs pièces avaient constamment les mêmes coupes et les mêmes surfaces à facettes. Il reste donc beaucoup à faire dans l'examen de cette curieuse et intéressante famille, et les voyageurs futurs ne sauraient trop s’en occuper, car de nombreuses découvertes les dédommageront amplement de leurs peines.
Le plethosoma cristalloides vogue sur la surface de la mer, et nous le rencontrâmes dans les parages de la Nouvelle-Guinée, au Port-Praslin, et très-abondamment aux attérages de l’île de Waigiou. Dans l’eau, on ne voit que le tube digestif, qui apparaît sous forme d’une bandelette déliée, d’un rose purpurin trèséclatant, et semblable à un collier, parce que, de distance en distance, s'élèvent comme des perles les gros renflements ou les paquets vasculaires qui résultent du tortiilement sur lui-même du tube. Nous n’observâmes aucun prolongement cirrhigère. La limpidité des pièces articulées est telle que, dans l’eau, on ne peut en apercevoir aucun vestige; mais élevé avec les précautions les plus grandes sur une feuille de papier mouillé passée sous Panimal lorsqu'il nageait encore, on le voit conserver quelques
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instants sa forme cylindrique, ovalaire, oblongue, de consistance un peu ferme , d’une parfaite transparence, puis la vie qui cesse assez vile, laisse les pièces s’affaisser à leurs articulations, et se séparer aussitôt.
Très-fréquemment nous avons rencontré dans l'Océan Atlantique équatorial, la pièce basale flottant avec son bouchon terminal et conique, s’adaptant sur l'ouverture ronde à l’aide d’une chernière, et dont nous avions fait le genre pentagonus, avant d’avoir rencontré l’animal complet. :
j. LE PLÉTHOSOME CRISTAL, PLETHOSOMA CRISTALLOIDES. Lesson, Cog., p. 64, pl. 4, fig. 2.
Blanc translucide, à chapelet digestif et ovarifère purpurin. Eongucur de 3 à 6 pouces. Habite la mer des Moluques.
9, LE PLÉTHOSOME BLEU > PLETHOSOMA COERULEA, Less., 10e. cit.
Corps formé de pièces petites, blanc-bleuâtre ; tube digestif bleu indigo foncé ; longueur de 15 à 18 lignes; circonférence mince, effilée. Habite le Port-Prasiin de la Nouvelle-Irlande. Cette espèce et la précédente sont très-phosphorescentes.
9e GENRE. POLYTOME, poLyTouus.
Quoy et Gaim., Uranie (1824).
Animaux gélatineux , mais fermes, transparents, rhomboïdes, comme tailiés à facettes, réunis et groupés entre eux, de manière à former une masse ovoïde dont le moindre effort fait cesser l'agrégation. Chaque individu , parfaitement homogène, ne présentant ni ouverture ni organe quelconque (Quoy).
LE POLYTOME LAMANON , POLYTOMUS LAMANON.
Quoy et Gaim., Ur., pl. 87, fig. 12 et 13, p. 588 : Polytomus , corpore hyalino, rhomboide, foramin'bus destituto, agyregato in massulam, in medio roseam.
MM. Quoy et Gaimard décrivent en ces termes le polylome iamanon :
« Voici le corps animé le plus singulier que nous ayons encore rencontré. Si nous voulons le comparer à quelque chose, ce n’est point dans le règne animal que nous devons chercher nos exemples. Pour en avoir une juste idée , il faut se figurer un pelit morceau de cristal taillé à facettes en forme de rhombe, sans ouvertures ni aspérités ; qu'avec plusieurs de ces piéces réunies on forme une masse ovalaire de la grosseur d’un très-petit œuf, on aura l’ensemble de notre zoophyte.
« Chaque animalcule est ferme ccmme de ia gélatine bien cuite, et résistant sous le doigt, Mais leur agrégation entre eux est tellement
faible, que le moindre contact la rompt. Au centre est une bulle d’air avec quelques filaments couleur de rose autour desquels chaque pièce est groupée.
« La nutrition de cette réunion d'individus doit se faire par imbibilion, car nous n’y avons remarqué ni apparence de viscères, ni même aucun signe d’irritabilité. »
Plusieurs fois MM. Quoy et Gaimard ont trouvé des polytomes séparés , sans savoir à quoi les rapporter, lorsqu’en juillet 1819, par 33° de latitude nord, et 1610 de longitude à l’est de Paris, dans le grand Océan , en allant des Mariannes aux îles Sandwich, ils se procurérent une réunion complète de ces animaux, teis qu'ils viennent d’être décrits.
« Ce zoophyte est dédié à la mémoire d’un physicien célèbre, Paul Lamanon, naturaliste de l’expédition de La Pérouse , massacré avec le brave capitaine de Langjle , par les féroces habitants de l’île Maouna. »
Dans ses annotations, M. de Blainville dit qu’on peut définir Île polyteme un amas ovalaire de corpuscules globuleux comme trivalves, appartenant peut-être aux biphores ?
Plus tard MM. Quoy et Gaimard ont pensé que leur polytome n'était qu’une stéphanomie ramassée en boule et non déveleppée, cependant d’espèce nouvelle, et remarquable par la petitesse de ses organes natateurs.
Pour nous, le polytome est un être agrégé fort distinct comme espèce , s’il rentre un jour dans notre genre pléthosome.
Se GENRE. HIPPOPODE, nrppopopDIus.
Quoy et Gaim.; Eschsch., Ac. (1829). — Siephanomia, ibid. — Protomedea, de Blainv., Man., 121 (1830). — Gleba, Otto?
Estomac saillant, proboscidiforme, vésiculeux , à bouche exsertile; pièces natatrices imbriquées sur deux rangs, pleines, taillées en sabot de cheval, creusées au centre pour Île passage du tube digestif, garni d’appendices contournés en vrilles, avec des organes cordiformes, problématiques, et des sucçoirs rameux.
Ce genre n’a qu’une espèce dont les pièces cartilagineuses sont liées entre elles de manière à former une masse conique, latéralement comprimée et d’un aspect écailleux , qui , vue de côté où se présentent les deux séries de pièces cartilagineuses, ressemble assez à un épilet de Briza, ou à un chaton de houblon, ainsi que Pa observé judicieusement M. Dujardin.
Les pièces les plus voisines de la vessie natatoire sont les plus petites , et les autres sont de plus en plus grandes , ce qui donne au tout la forme conique. Leur nombre est de huit à neuf, et leur forme rappelle celle d’un sabot de cheval, car elles sont
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épaisses au bord et excavées au centre sur leurs deux faces. Mais la moitié interne de la face inférieure est plus fortement excavée et l’on remarque au bord de la fossette qui en résulte, quatre pointes courtes au moyen desquelles les diverses pièces se tiennent entre elles. Sous ces pointes , on trouve le feuillet qui recouvre la fosseite et en fait une cavité natatoire. Ces pièces cartilagineuses laissent entre elles un canal central occupé par le conduit nourricier, qu’on peut isoler de ces pièces aussi bien que les tentacules qui prennent naissance entre elles. M. de Blainville avait créé le genre profomedea, d'après un Mémoire inédit de M. Lesueur, qui en a observé trois nouvelles espèces, les P. uniformis, P. calcearia et P. notata, dans les mers d’Amérique. Il donne à ce genre, pour caractéristique, un «corps libre, flottant, cylindrique, fistuleux, fort long, pourvu supérieurement d’un assemblage imbriqué sur deux rangs latéraux alternes, de corps gélatineux, pleins , hippopodiformes , et dans tout le reste de sa longueur de productions filamenteuses, cirrheuses, diversiformes. Bouche proboscidiforme à l’extrémité d’une sorte d’estomac vésiculeux. »
Eschscholtz qui admet également le genre hippopodius ( Syst. der acatephen, p.146, 1829), lui assigne les caractères suivants : Tentacula ramaulis fiformibus; vesiculæ liquore repletæ, globesæ ad basinramulorum; partes cartilagineæ fovea lamina supertecta nataloria.
Le corps entouré de pièces cartilagineuses, pourvues d’une cavité natatoire en forme de fossette, recouverte par un feuillet, avec des tentacuies rameux, ayant des réservoirs de liquide en forme de globules à la base des rameaux, qui sont filiformes et roulés en hélice.
Plus tard, MM. Quoy et Gaimard en sont revenus à supprimer ce petit genre, et à décrire lPespèce comme une stéphanomie ordinaire.
L'HIPPOPODE JAUNE , HIPPOPODIUS LUTEUS.
Quoy et Gaim., Ann. Sc. nal., t. X, pl. 4, À; — Protomedea lutea, dc Blainv., Man., 121, pl. 2, fig. 4. — Gieba hippopus, Forskahl. — Hipporodius luteus, Eschsch., Acal., p. 146. — Isis, Band. , XXI, 338, pl. 4. — Dujardin, Lam., 2° édit., t. TEE, p. 76 (1841). — Gleba, Brug., Encycl., pl. 89, fig. 5 et 6. — Gleba exeisa, Otto, Nov. Ac. cur.,t. LE, pl. 42, fig. 3. — Griff., An. Kingd., pi. 5, fig. 4. — Siephanornia hippopoda, Quoy et Gaim., 4strol., p. 67, pl. 2, fig. 13 à 21 : Siephanomia, corpore ovalo, cylindraceo, hyalino : appendicibus ünbricatis, suborbiculatis, concavis, valvulatis ; tentaculis longis ; ovartis luteis.
Cette espèce a l'aspect d’un pelit cône d’un pouce de longueur,
formé de sept à huit appendices locomoteurs , imbriqués sur deux rangs d’une manière alterne, dont les plus gros sont les plus inférieurs ; ils sont groupés sur une tige commune, assez longue , ramifiéc, prenant son point de départ d’un des premiers appendices auquel elle est fixée. M. Lesueur dit y avoir vu une bulle d’air, comme dans les espèces précédentes ; nous avons bien aperçu une fois de l’air, mais il paraissait répandu au sommet de ces corps sans être contenu dans une ampoule spéciale.
La forme dont se rapprochent le plus ces organes natateurs est celle du sabot d’un cheval. La face que nous nommerons inférieure , d’après la position la plus naturelle, est concave avec quatre petites pointes en cercle au milieu, servant de moyen d'union entre les individus. À la base de ces pointes est une valvule semi-lunaire d’une ligne de largeur, à peine visible hors de l’eau ; c’est elle qui par ses contractions détermine la Iccomotion. L’extrémilé interne de ces corps présente une échancrure qui, réunie à l’opposée , forme un canal central, par lequel rentrent et sortent les tentacules. La face supérieure est également concave pour recevoir celle qui lui correspond.
Tous ces appendices sont résistants, translucides , d’un aspect opalin, croissant de volume de haut en bas. Ceux qui terminent le sommet sont plus arrondis et beaucoup plus petits. Par leur forme concaye et valvulaire, ils sont intermédiaires entre les espèces qui les ont pleins, et celles qui les ont creusés en ampoule.
« Les tentacules grêles, déliés, au nombre de six , peuvent avoir, dans leur plus grande extension, huit pouces de longueur : ils sont garnis, sur un de leurs côtés seulement, de vésicules ovifères, isolées, jaunes , à la base desquelles est attaché un filament en vrille. Il y a dans le dessin primitif un suçoir isolé; le texte ne parle pas de la place qu'il pouvait occuper.
Les individus rencontrés par MM. Quoy et Gaimard n'avaient pas plus de dix folioles ; cependant on peut concevoir un nombre plus considérable. L'animal se meut horizontalement lorsque ses tentacules sont rentrés, et verticalement quand ils sont sorlis. Ce mécanisme s'opére à l’aide des valvules dont nous venons de parler ; il n’est pas nécessaire que toutes agissent, une seule suffit pour produire le déplacement. Dans la désassociation des parties elles se meuvent encore quelque temps. Les tentacules sont les derniers à donner des signes de vie. :
On a quelquefois trouvé de ces stéphanomies avec deux ou trois folioles seulement , auxquelles tenaient la tige et les filaments tentaculaires.
Celle-ci a été prise dans la Méditerranée, à l'entrée du détroit de Gibraltar. On la rencontre aussi dans d’autres lieux.
MM. Quoy et Gaimard ct Eschscho!tz regardent le genre gleba de Forskahl, de Bruguière , reproduit depuis par M. Olto, comme formé
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sur une foliole de l’hippopode. Toutefois, ou la figure d’Olto est mauvaise, ou ce n’est point une foliole d’hippopode. L'auteur allemand représente sa gleba comme arrondie , ayant un vaisseau central, deux pointes avancées en avant, et un nucléus fortement coloré et pointillé de rouge. Otlo n'aurait pu se tromper si lourdement que de prêter à l’acalèphe qu’il décrivait des organes dont il était dépourvu. Au reste voici sa manière textuelle de s’exprimer sur la gleba excisa ( pl. 12 ).
« Corpus gelalinosum, hyalinum, orbiculato-cuneiforme , margine « superne obtuso, convexo, inferiora versus angustato, exciso , bifido; « superficicbus binis concavis, altera magis , et foyea , acinis glandu- « losis obsita, unde tubus alimentarius simplex rectus assurgit, in- « sStructa. Concatenatæ in mari natant, uli salpæ. »
4e GENRE. ÉLÉPHANTOPÈDE, ELEPHANTOPES, Less.
Hippopus, Delle Chiaie, Mem. sulla St. nat. di Nap.,t.IV.
Estomac ? tube digestif central portant les ovaires, occupant un canal médian, formé de pièces natatrices enchâssées les unes dans les autres et laissant apparaître les œufs disposés en grappes.
L’hippope de M. Delle Chiaie est un acalèphe bien voisin des pléthosomes et des polytomes, et qui doit occuper une place près d'eux. Nous avons changé ce nom par rapport au genre hippopode décrit plus haut.
L'ÉLÉPHANTOPÈDE DE N APLES , ELEPRANTOPES NEAPOLITANUS, Less. Hippopus, Delle Chiaie, Mem., pl. 50.
Zoophyte agrégé, formé de piéces natatrices emboîtées, blanc-hyalin, au nombre de neuf.
Eabite la Méditerranée, et surtout le golfe de Naples.
M. Deile Chiaie décrit d’une manière fort obscure cet animal, et nous reproduisons son texte sans variantes :
« Ce zcophyle nage en troupe, pendant les premiers jours de mai, avec le doliole, avec la pyramide, et je l’ai décrit comme une physophore (le sabot de cheval de nos marins et de moi) dans le chapitre consacré à la glèbe (tom. III, p. 64). Je n’en avais vu, à cette époque, que les morceaux séparés ; aujourd’hui, je les ai étudiés réunis, ct enchâssés deemanière à représenter une méduse, ou mieux encore une physophore, étant convexe en dessus, présentant deux excavations sur les côtés, el ayant un pédicelle central allongé et vide à l’intérieur, où est logée une grappe d'œufs jaunâtres. Le morceau primordial est cunéiforme, c’est-à-dire convexe et correspondant cn dessus au sommet du zoophyle : il est taillé en biais, et à peine cambré dans les côtés, où vient s'enchàsser la convexilé de deux morceaux ; deux autres s'adaptent à la concavilé des précédents, et ainsi de suite.
« Chacun des morceaux, qui sont environ au nombre de neuf, est entièrement privé de toute ventouse, et possède un mouvement de contraction particulier qui donne à l'animal entier un mouvement rapide. Au centre, est un faisceau fibreux qui, comme un épi, joint un morceau à l’autre, et quand l’un d’eux se détache, le bruit qu’il fait donnerait à croire qu’il est articulé. On voit de plus au milieu de son périmètre circulaire, un canal marqué de rides transversales qui en constitue le tube intestinal. Ce tube communique avec les deux extrémités ouvertes dans le conduit central où vont se développer les œufs ovales et jaunâtres qui proviennent de l’ovaire où ils étaient réunis en grappe. L’ovaire s'étend depuis le centre de l’arc de l'intestin jusqu’à la moitié de la concavité de chaque morceau. Tubuleux d’abord, il est ensuite quadrilatère , et se rétrécit enfin avee son conduit. Les œufs sont blanchâtres et trés-petits. »
La figure 50 représente l’hippope taillé, formé de plusieurs morceaux enchâssés, au milieu desquels apparaît une grappe d’ovaires qui sortent par un canal médian. D’autres figures reproduisent les œufs, le canal digestif et les ovaires.
Se GENRE. RACÉMIDE, RACEMIS.
Delie Chiaie, Mem., pl. 50, fig. 11 et12, €. IV, p. 4. — G. Guvier, Règ. anim; TIT, 287 (1830).
Estomac? suçoirs? parties natatrices globuleuses, petites, garnies chacune d’une petite membrane, et formant par leur réunion une masse ovale.
Ce genre est fort obscur, et ce qu’en dit M. Delle Chiaie est bien peu fait pour le faire apprécier. Cette masse ovale se meut par des contractions combinées : ’esicæ globosæ, celerrimo motu præditæ et in formam ovatam disposite.
M. Deile Chiaie se borne aux détails suivants, que nous traduisons littéralement : « On voit nager à fleur d’eau, avec un mouvement de rotation très-précipité, une autre espèce de physophore , de forme ovale, allongée, et composée de vésicules orbiculaires ; chacune d’elles est douée d’une impulsion si rapide, qu’il m’a été tout à fait impossible d’y découvrir l'ouverture qui leur est indispensablement nécessaire pour flotter sur l’eau et la fendre horizontalement. Je soupçonne qu’elle avait été rompue, mais les plus attentives recherches m'ont convaincu du contraire; et conséquemment ses ventouses ont échappé à ma vue armée d’une simple loupe. »
La planche 50, fig. 14, représente la racémide ovale, et la figure 12 des ventouses. MM. Delle Chiaie et G. Cuvier placent près des physophores ces acalèphes, que nous croyons appartenir à nos
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pléthosomes , et que M. de Blainville pense être tout bonnement un amas d'œufs de mollusques. Toutefois M. Laurillard a dessiné à Nice une racémide, et M. G. Cuvier y a vu que chaque vésicule était garnie d’une petite membrane.
9e TRIBU. LES STÉPHANOMIÉES, STEPHANOMIÆ.
Tube digestif horizontal ou vertical, enchâssé dans une série de pièces emboîtées horizontalement ou verticalement, toutes denses, patatrices, sans canaux aérifères apparents. Du tube digestif partent de distance en distance des sacs stomacaux dilatables, exsertiles , terminés par un orifice buccal, ayant des paquets d’ovaires à la base, et d’où naissent de longs filaments tentaculaires, pectinés sur un de leurs bords; pièces natatrices gélatineuses, denses, agrégées les unes aux autres, et formant un acalèphe étendu ou dans le sens transversal, ou en cône écailleux.
Dans ces derniers temps on à confondu sous le nom de stéphanomues des acalèphes fort disparates et par leurs formes et par la manière dont ces pièces sont articulées. Nous rapportons aux vraies stéphanomies les espèces qui sont formées de pièces emboîtées, comme la stéphanomie d’amphitrite de Péron.
S 1. Pléthosomes dont les pièces sont articulées dans le sens latéral.
6e GENRE. STÉPHANOMIE, STEPHANOMIA.
Péron et Lesueur, Lamarck, Cuvier, de Blainville, Eschscholtz, Quoy et Gaim.
Animal libre, gélatineux, ayant à son axe central un cordon digestif, où sont attachés les suçoirs proboscidiformes, exseriles, dilatables; les tentacules branchiaux et les ovaires. Le corps est composé de pièces natatrices pleines, emboïtées ou articulées entre elles et diversiformes, atténuées à leur sommet et dans le bas, pour imiter des folioles ou des figures géométriques.
Eschseholtz donne au genre stephanomia de Péron (Syst. der ACal., p. 155), pour caractères : Tentacula ramulis densis obsita; partes cartilägineæ natatoriæ adhuc incognitæ ; partes solidæ seriatim dispositæ ; fissuras inter se pro emissione tentaculorum præbentes.